"Lu dans la presse en 2010"

 Quand je pense qu'on nous bassine et qu'on nous culpabilise depuis deux ans avec le respect la Réserve Marine de la Réunion" ... Lisez ça .

CLICANOO.COM | Publié le 2 janvier 2010 - La plage transformée en poubelle géante !

Chaque année, à l’aube, le spectacle de désolation se répète. La plage envahie par des centaines de bouteilles, canette de bières, gobelets en plastique, restes de fusées, que certains fêtards irresponsables ont oublié de ramasser. Certains, pas tous, faut le reconnaître. On en a vu qui ont pris soin de faire place nette avant de remballer leur bardas. En particulier ceux qui ont pique-niqué sous les filaos. Mais les appels au civisme et la distribution de quelque 800 sachets plastique n’ont pas suffi. Côté plage, face aux restaurants, c’est le dépotoir. Même les agents environnement de la Sem Tamarun n’en reviennent pas. “C’est pire que l’an dernier. Devant le Coco beach, c’est la catastrophe”, constate Jeannick Pelops. En deux heures, hier matin, ils ont collecté pas moins d’une tonne de déchets. “Rien que sur l’Ermitage, on va en ramasser au moins six ou sept. De quoi remplir autant de camions”, estimait Christian Besnard, l’un des dix volontaires de Tamarun, à pied d’oeuvre dès 6h pour nettoyer la plage. Seulement dix agents pour faire le ménage entre Trou d’eau et Boucan ! Autant dire qu’ils y seront encore aujourd’hui et sans doute demain. Hier, en tous cas, bon nombre de réveillonneurs n’étaient pas en état de leur donner un coup de main. En exagérant à peine, on comptait presque autant de cadavres que de bouteilles sur la plage. Dur dur, les lendemains de fête. Mais cela n’excuse pas tout.
             

CLICANOO.COM | Publié le 5 janvier 2010 - Faut-il interdire le réveillon sur la plage de l’Ermitage ?
Douze tonnes de déchets sur la plage au lendemain du réveillon. Triste record. Le lagon mettra plusieurs semaines à s’en remettre. Face au manque de civisme, faut-il interdire la fiesta sur la plage de l’Ermitage ? Élus verts et spécialistes de l’environnement préconisent de limiter la concentration humaine sur la plage.

Plus de 10 000 personnes venues de quatre coins de l’île, un mélange de générations et de communautés, une ambiance conviviale, un beau feu d’artifice… La fête fut belle lors du réveillon du 31 décembre sur la plage de l’Ermitage. Mais pour l’environnement, le lendemain, c’était carrément la gueule de bois. Bouteilles, canettes, gobelets, restes de nourriture, de fusées… Jamais la plage et ses abords n’ont été aussi souillés après le passage des fêtards. 12 tonnes de déchets ont été abandonnées sur le sable et dans l’eau. Un dépotoir à ciel ouvert. 12 tonnes, l’équivalent d’un kilo de poubelle par personne. Un record qui fâche et pose forcément question. Y compris parmi les réveillonneurs, de nombreuses voix se sont élevées pour déplorer l’atteinte sur un milieu naturel déjà très fragilisé. Face à ce manque criant de civisme et à l’impact sur l’écosystème, faut-il songer à interdire la fiesta du 31 décembre sur la plage de l’Ermitage ? La députée-maire Huguette Bello se refuse à envisager une décision aussi radicale, tout en reconnaissant qu’il est “inadmissible de laisser autant de déchets”, et “insupportable qu’un espace aussi fragile subisse une pression aussi forte”.
HUGUETTE BELLO : “DES COMPORTEMENTS INQUALIFIABLES”
La solution, alors ? “Interdire, non, mais il faudra certainement renforcer la pédagogie. Certains comportements sont inqualifiables. Je constate avec amertume le manque de considération de certains Réunionnais pour leur lagon. 800 sacs-poubelles avaient pourtant été distribués le jour du réveillon. Il y a une vraie réflexion à mener autour de ce problème”. Force est d’admettre que l’appel au civisme lancé par la première magistrate de Saint-Paul, à la veille du réveillon, a eu peu d’effet. “On s’y est peut-être pris un peu tard en matière de communication, avoue Huguette Bello. Pour l’an prochain, il faudra plus de concertation, associer des partenaires comme le Parc marin”. Quel son de cloche du côté des écolos ? L’élu de Saint-Paul, Jean Erpeldinger, estime que “si les appels au civisme ne suffisent pas, on risque d’être obligés, un jour, d’en arriver à l’extrémité d’une interdiction”. “Les bouteilles et les fusées qui finissent dans le lagon ne sont pas sans conséquence pour le milieu naturel. On ne peut pas se permettre de laisser dégrader autant les choses”. “Choqué” par le volume de déchets ramassés, Vincent Defaud, pour sa part, juge que “la question d’une interdiction peut être posée”, tout en estimant que le problème pourrait être réglé par des mesures moins drastiques. Le secrétaire régional des Verts en appelle à “une gestion du flux pour protéger l’espace”. En clair, à limiter le nombre réveillonneurs sur la plage. “Comme tout lieu touristique, l’Ermitage est victime d’une surfréquentation. Il faut songer à ce que certaines parties de la plage ne soient plus forcément accessibles”. Autre proposition formulée : “Mettre en place une police de l’environnement pendant la nuit du réveillon, pas pour verbaliser, mais pour sensibiliser”. Lancée il y a une dizaine d’années, la beach party de l’Ermitage s’est imposée comme une tradition, drainant un public large. Sa notoriété commence à dépasser les frontières de l’île. En témoigne la présence de nombreux touristes jeudi dernier, dont certains ont spécialement fait le déplacement pour profiter des joies d’un réveillon pieds dans l’eau, loin du rude hiver métropolitain. Le succès appelle l’affluence. Chaque année, le nombre de fêtards progresse. 4 000 au début, 10 000 l’an dernier. Combien seront-ils à l’aube du million d’habitants. D’après les spécialistes, freiner la fréquentation s’impose, sous peine d’accélérer la dégradation d’un lagon déjà en souffrance. Comment appliquer une telle mesure ? Et qui aura le courage de la décréter ? Consciente d’avoir à gérer une patate chaude, Huguette Bello en appelle à “une concertation avec toutes les autorités compétentes”. “C’est un dossier que la municipalité ne peut pas porter toute seule”, glisse-t-elle - Textes Vincent Boyer et Damien Frasson-Botton

Commentaire : Tous cochons

Encore et toujours des dérapages xénophobes. Sur le forum Clicanoo, le débat autour de la pollution de la plage a suscité des commentaires de bas étages, genre le zorey est cochon, le créole ne sait pas vivre. Vilains clichés censés dédouaner les uns au détriment des autres. Allons, pas besoin de jouer les rabat-joie pour rappeler que le civisme est l’affaire de tous. Et qu’en la matière, les Réunionnais, en général, ont encore quelques leçons à prendre. Le lendemain du réveillon nous le rappelle, à quelques réserves près. Ne pas mettre tout le monde dans le même sac. Nombreux sont ceux qui ont joué le jeu, en ramassant un par un leurs déchets. D’autres n’étaient pas là ek sa. Mais avec deux grammes dans le sang, plus difficile d’avoir le geste et la conscience citoyens. Le réveillon n’est fêté qu’une fois l’an. Mais les pique-niques à l’Ermitage, dans Mafate, à Langevin, il y en a tous les week-ends. Ceux qui souillent ces sites sont à jeun. Et d’autant moins excusables.
V.B.
12 tonnes de déchets -
Le bilan ne cesse de s’alourdir. Six, dix, et finalement douze tonnes, à la dernière pesée effectuée par le service environnement de la Sem Tamarun. 12 tonnes de déchets laissées par les fêtards du 31 décembre, entre Trou d’eau et Boucan, principalement dans la zone de l’Ermitage. L’équivalent d’un mois de collecte en temps normal ! Et deux fois plus que le volume ramassé l’an dernier. Au total, il aura fallu trois jours pour nettoyer la plage. “La route des Tamarins a généré plus d’affluence sur les plages, estime Eddy Caparin, responsable de la collecte des dépôts sauvages à Tamarun. C’est la surfréquentation qui a entraîné cette hausse. Dans l’ensemble, les gens ont joué le jeu du ramassage. La campagne de sensibilisation de la mairie n’a pas été vaine. Sans cela, cela aurait pu être pire”.
Dans les poubelles du nouvel an - Les ordures ménagères (bouteilles, canettes, restes de nourritures) constituent le gros des déchets collectés par les agents de Tamarun, devant les palettes de bois, utilisées pour le barbecue, et les restes de feux d’artifice, qui jonchaient le sable mais aussi le lagon.
Pour la pomme des contribuables saint-paulois - Cette collecte exceptionnelle du réveillon, traitée par le TCO, ne sera pas sans conséquence pour le porte-monnaie des contribuables de la commune, au moment de facturer la taxe sur les ordures ménagères. De quoi mettre Huguette Bello dans l’embarras : “Les Saint-Paulois ne devraient pas être les seuls à payer”, estime-t-elle. Et pourtant si.

Réactions de lecteurs : · bonne anée bons impôts - Les Saint-Paulois ......
800 sacs pour 10000 personnes trop généreuse la mairie et on veut faire de la pédagogie !!
· PRINCE - Il est t’interdit d’interdire....
Arèt ek sa. Maintenant c’est la plage. AVant c’était les pétards, maintenant on veut nous interdire de fêter. Ta l’ère zot va dis a nou arrête parle Créole ,il faut parle seulement le français. Moin na marrrrrrrrrrrrrrr.
 

CLICANOO.COM | Publié le 5 janvier 2010 - Le Coco Beach “dégoûté” par l’attitude des fêtards
Au Coco Beach, Ludovic Thivel, directeur de restauration, se dit “dégoûté” par l’attitude des réveillonneurs. “On s’est fait c… à distribuer des sacs et ils n’ont pas joué le jeu. On a dû faire les gendarmes toute la soirée. Je pensais que les gens seraient sensibilisés”, confie-t-il. Même si le lendemain matin, la bonne volonté s’est mieux fait sentir. Pour parer à ces incivilités, il appelle les pouvoirs publics à “multiplier des poubelles” et pas seulement pour la Saint-Sylvestre. Il mise encore sur la sensibilisation. “Ça va être très long, mais c’est possible”. Aux premières loges de la fiesta, la Bobine également. Le personnel a participé, au petit matin, au nettoyage des alentour. Une obligation. “Sinon, les clients font demi-tour”, explique le gérant, Laurent Hamon qui estime pour sa part que les “gens sont plus sensibilisés qu’avant”. Et de saluer l’initiative de la mairie qui a distribué des sacs. Un souci majeur cependant : “Les gens n’ont pas compris qu’ils doivent repartir avec”. Du coup, il a lui-même exhorté la foule à déposer les détritus dans la benne installée pour l’occasion, comme au Coco Beach. Autre élément remarqué au fil de la soirée : “Au début, les fêtards rassemblent leurs bouteilles vides”. Puis, effet de foule aidant, c’est une canette abandonnée, puis deux puis 10 000. “Une personne jette et tout le monde jette”. Que faire alors ? “Responsabiliser grâce à des patrouilles”. Des bennes et des toilettes supplémentaires s’avèrent indispensables pour la prochaine édition. Une chose est sûre, cette fête “extraordinaire et conviviale” doit perdurer. C’est en tout cas le souhait de Laurent Hamon. “Elle est devenue un atout pour la Réunion. Le métropolitain qui l’a vécue va forcément en parler à son retour.

Réactions de lecteurs :· Anonyme - Ramener et ne pas jeter
C’est une mauvaise idée que l’installation de poubelles car elles cautionne l’idée de jeter, alors que le message a faire passer est de RAMENER SES DECHETS
· Nativel Dany - on n’ira plus a la plage
ila de quoi être en colére le patrion du coco beach,c’est son gagne pain qui est souillé,en tout cas faut pas aller a la plage pendant un moment,c’est crado

CLICANOO.COM | Publié le 5 janvier 2010 - “C’est positif que la population s’approprie le lagon”
Quand Bruce Cauvin, responsable de l’éducation et de la sensibilisation au sein de la Réserve marine, s’est rendu sur la plage le soir du 31, il n’a pas spécialement été outré par la scène. “Je n’ai pas vu trop de gens marcher sur le corail. Je ne crois pas trop à un quelconque impact sur les coraux. Je n’ai pas observé de comportements destructeurs. Et puis, la zone de protection intégrale est éloignée. Certes, il y a une perturbation importante de la faune”, raconte-t-il. Le gros des déchets bien identifiables, a été pris en charge par le personnel de la Sem Tamarun. À ses yeux, les microdéchets, moins visibles, représentent donc une menace plus importante. Et en premier lieu, les mégots de cigarettes. “Surtout qu’il n’est pas conseillé de ratisser la plage avec un râteau trop fin”. Il appelle ainsi chacun à plus de responsabilité. “Les gens peuvent ramasser leurs détritus. Tout le monde peut agir”. Donc oui, ce spécialiste de l’environnement marin a constaté une action néfaste, mais moins prononcée que celles survenues par le passé. “Il y a quelques années, des gens avaient installé des rampes de lancement sur le plateau corallien. Ça, c’est désormais interdit et nous étions intervenus à l’époque”. Les dégâts du réveillon restent très marginaux par rapport à d’autres. “Il y a des pollutions beaucoup plus graves”. Aujourd’hui, Bruce Cauvin refuse de crier au scandale. “Je n’aime pas jouer aux écolos un peu trop bornés, je ne veux pas faire le rabat-joie. Et il me paraît difficilement réalisable d’encadrer une telle manifestation”, confie-t-il. Il préfère souligner un autre volet de cette soirée hors-norme. Du positif. “Les gens se sont approprié le lagon. Ça ne se faisait pas il y a quinze ans” .

Réactions de lecteurs :· Anonyme - on en reparlera
Avec bientot 40 à 50 000 teufeurs au réveillon dans quelques années, c’est pas 12 tonnes de déchets, c’est au minimum 30 tonnes à dégager au petit matin.

CLICANOO.COM | Publié le 5 janvier 2010 - “Ce pauvre récif ne pourra pas tout encaisser”
Florence Trentin, présidente de l’association Vie Océane se dit “triste” face aux excès du 31 décembre, que le lagon de l’Ermitage ne pourra pas éternellement supporter. Elle préconise une limitation de l’accès à la plage pour les réveillons à venir.

Quels sont les impacts environnementaux de cette affluence exceptionnelle sur la plage ?
Tout d’abord, une telle surfréquentation dans l’eau, une telle agitation, ont dû perturber les habitants du lagon qui ont dû fuir. Ceci dit, c’est une soirée dans l’année et ils vont retrouver leur vie normale. C’est comme nous quand on est victime de nuisances sonores. Par ailleurs, les enveloppes de pétard et le produit qu’elles contiennent doivent certainement détériorer l’écosystème. La qualité de l’eau a dû en être modifiée. Sans oublier les déjections humaines qui ont atterri dans le lagon. Les milliers de personnes qui ont uriné ont produit de l’acide urique, ce qui n’est pas non plus recommandé pour l’environnement. Et franchement, je ne serais pas allé me baigner le 1er janvier… Tous ces éléments ne sont que des contraintes supplémentaires pour un lagon actuellement très fragilisé par la température élevée de l’eau et la prolifération des algues vertes. Que dire des conséquences du piétinement par des milliers de fêtards ? Cela contribue à l’érosion. Quand on marche sur la plage, on la fait descendre. Mais elle peut s’en remettre en retrouvant sa place initiale. Cette question du piétinement relève d’une problématique plus générale mais il paraît certain que ce réveillon n’a fait qu’accentuer le problème des points de surfréquentation, phénomène observé les dimanches de forte affluence.
Quel délai est nécessaire selon vous afin que le lagon retrouve son aspect habituel ?
Il va falloir plusieurs semaines, le temps que la mer nettoie les résidus, le plastique, le papier des pétards, etc... Et oui, la mer, notre immense poubelle… Ce réveillon ne représente-t-il pas qu’une part infime des actions humaines destructrices et quotidiennes ?
Non, ce n’est pas une goutte d’eau anodine. C’est peut-être celle qui fait déborder le vase. Et rien n’est anodin pour des récifs en survie.
Quel est votre sentiment sur cette nuit particulièrement néfaste à l’environnement ?
Je suis triste. On débute 2010, année de la biodiversité avec de tels comportements, où les gens finalement disent qu’ils s’en foutent de la nature. Quelle triste image. Maintenant, quand on fait la fête, il faut tout ramasser. De telles attitudes sont condamnables.
Quels conseils donneriez-vous pour un réveillon 2010 écolo ?
Déjà, il faudrait peut-être interdire de tirer les pétards dans le lagon. Des sanitaires supplémentaires sont souhaitables. Et puis, un jour, il faudra bien qu’on se dise qu’il faut limiter l’accès à la plage, en calculant la charge acceptable pour la plage. Je rentre de Sydney où j’étais en vacances. C’est la politique en vigueur là-bas. De toute façon, on ne pourra pas laisser tout le monde faire n’importe quoi. Dans vingt ans, quand on sera plus d’un million, on ne pourra pas tous aller à l’Ermitage. Ce pauvre récif ne pourra pas tout encaisser, tout le temps. C’est également aux collectivités d’agir. Quels espaces de détente proposer à une population de plus en plus importante ? C’est une réflexion qu’elles doivent mener dans les années à venir.                                                  

CLICANOO.COM | Publié le 29 janvier 2010 - Mers et océans - Les récifs coralliens en plein paradoxe
Gérard Faure vient une nouvelle fois poser son regard d’expert sur les fonds marins réunionnais. 45 ans de bouteilles au compteur, dont de longues séquences vécues dans nos eaux, autant dire que ses travaux sont pris au sérieux. En juin dernier, il avait plongé pour une étude quantitative au large de la Saline et de l’Ermitage. Il a choisi Saint-Leu cette année pour une série d’observations qualitative. Pendant 10 jours, il a ainsi noté scrupuleusement les critères morphologiques des différents coraux : couleurs, forme de la colonie, caractéristiques des calices, etc. Et d’émettre ce constat, contre toute attente. “J’ai relevé 70 espèces différentes, indique-t-il. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est assez riche quand même”. La biodiversité serait sauvée, semble-t-il. Cette pensée optimiste, tellement rare en matière environnementale, se fait voler la vedette par ce taux de recouvrement (*) et sa chute impressionnante, en un temps record. Qu’un simple coup d’œil d’expert peut apercevoir. Plus parlant pour les néophytes, les résultats d’un suivi effectué sur 14 stations différentes, de 1998 à 2008, réalisé par la réserve marine (et le feu parc marin). “Inquiétant”, selon Bruce Cauvin, pourtant de nature très optimiste. “Comme la situation des pentes externes du récif de l’Ermitage. En 11 ans, les 2/3 de recouvrement ont disparu”, lit-il sur un graphique. À la Saline, la situation s’aggrave. De 30 % de recouvrement, nous sommes passés à 0,5 %. Les colonies d’acropores, ces coraux identifiables par leurs grandes branches, restent les premières victimes de cette hécatombe. Ce spectacle est également “nouveau” sur les pentes externes de Saint-Leu.
                           Biodiversité affectée ?
La régression de leurs colonies atteint les sommets. Une tendance qui se confirme aussi à l’Etang-Salé. “De 60 %, nous sommes descendus à 20 %. C’est inquiétant”, répète le responsable prévention et sensibilisation de la Réserve marine. C’est ainsi tout un système qui pourrait être bouleversé. “Si les coraux disparaissent, il en est de même pour les poissons”. Pendant ce temps-là, boostées par le réchauffement des eaux, les algues se multiplient à grande vitesse en lieu et place des coraux. Dès lors, une question s’impose : a-t-on atteint le stade de non-retour ? Non, si un cyclone suffisamment puissant, venait délivrer le sol de ces innombrables algues. Auquel cas, de nouveaux récifs pourraient se former, comme ce fut le cas dans d’autres régions du globe. En acceptant de récupérer tous les déchets des ravines. Pas franchement terrible non plus pour l’écosystème. Qu’en pense Gérard Faure ? “Nous sommes à une période charnière. La biodiversité pourrait finir par être affectée”, admet-il. Un avis pessimiste né de cette fausse préoccupation pour l’environnement, qui caractérise nos dirigeants. “Le facteur déterminant, c’est l’élévation de la température. On va à Copenhague et on fait rien”, souffle-t-il. Quant à Bruce Cauvin, il s’efforce de croire à une issue plus réjouissante. “La biodiversité est là. On peut agir. Il faut s’attaquer aux problèmes en amont. Mais on va dans le bon sens”
. D.F.B
(*) surface occupée par les coraux

- 2009 : le retour du blanchissement corallien
Les pics de chaleur enregistrés en 2009 ont également affecté la température de l’eau. Entre le 10 janvier et mi-février, la hausse dépasse de 1 à 1,5 degré Celsius (plus de 29 degrés) les normales saisonnières autour de la Réunion. Du coup, les colonies coralliennes en souffrent. Ce sont les premières touchées dans l’océan Indien. Le stress ressenti, un changement caractérisé de leurs paramètres vitaux, entraîne un épisode de blanchissement également appelé la mort blanche. C’était le premier depuis 2005. Dans ce genre de cas, qui peut être également provoqué par des pollutions ou un ensoleillement trop important, les coraux expulsent leurs algues symbiotiques (zooxanthelles) qui leur donnent leur coloration et surtout fournissent une grande partie de leur énergie. Ils en meurent si le phénomène est trop prononcé dans la durée. Le réseau récif Réunion (GIP réserve marine, Arvam et Ecomar) notait à l’époque : “La plupart des espèces sont touchées. Ce qui n’était pas le cas lors des précédents épisodes où les branchus trinquaient davantage car plus sensibles”. Quant à la localisation, elle est générale de Saint-Gilles à Saint-Pierre mais mouchetée à travers les différentes colonies. Dans certaines, 50 % des coraux sont touchés comme à l’Ermitage. Les taux de mortalité ne sont toujours pas connus aujourd’hui. Bruce Cauvin, responsable au sein du GIP Réserve marine et coordonnateur régional du Global coral reef monitoring network (GCRMN), souligne : “Nous devons refaire un nouveau point sous peu pour comparer les données entre 2009 et 2010 et en déduire le taux de mortalité réel”. Cette année, il n’y a pour l’heure aucune alerte en cours mais le réseau récif est sur le qui-vive. B.G.    

Le 12 mai 2008 - Intervention de la gendarmerie à l'Etang Salé - L'affaire en correctionnelle presque deux ans après -

CLICANOO.COM | Publié le 30 janvier 2010 - Faits-Divers - Pêche miraculeuse finit houleuse

La sincérité transpire en ce début d’après-midi à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Pierre. Cinq pêcheurs, dont deux professionnels, sont entendus pour avoir pêché sans autorisation. “Ce dossier a fait grand bruit”, commente leur avocate. Nous sommes le 12 mai 2008 au port de pêche d’Etang-Salé. La veille, un banc de poissons a été repéré. La pêche s’annonce “miraculeuse”. Le miracle ne durera pas longtemps. A leur retour sur terre, les pêcheurs trouvent les gendarmes de la brigade du Port. Ces derniers constatent que sur les cinq hommes, seuls deux sont des professionnels donc autorisés à pêcher à l’endroit où les 700 kilos de poissons ont été pris. “On a eu dû mal à faire notre travail, raconte un des militaires, il y avait une liesse populaire.” La grande famille des pêcheurs de la commune résiste et empêche les militaires de procéder à leur constat. Rapidement, une solution est trouvée. Un des pêcheurs, principal prévenu, accepte de rapporter son filet le lendemain à la brigade. Il apportera un vieux filet. “C’est mon erreur”, murmure-t-il avant d’informer qu’il déposera le bon filet, tout neuf, quelques jours plus tard. Outre ce détail, il insiste sur le fait que les trois pêcheurs à la retraite qu’il a embarqués par la suite avec lui n’ont pas participé à la pêche mais qu’ils l’ont aidé à remonter le filet coincé. Il serait retourné à quai les chercher pour qu’ils le dépannent. “Les infractions reprochées ne sont pas fondées”, poursuit leur avocate avant de plaider la relaxe. La décision a été mise en délibérée à jeudi prochain

On reparle des DCP en matériaux de récup      

CLICANOO.COM | Publié le 3 février 2010 – ENVIRONNEMENT - Les récifs artificiels tiennent leurs promesses
Un peu plus d’un an après leur immersion, les récifs artificiels, un projet lancé par le comité régional des pêches, donnent des résultats convaincants. Mathieu Pinault, chef de projet Pareto et thésard, livre les premières conclusions au terme d’un an de suivi scientifique en bouteilles.

En octobre 2008, le projet Corail Réunion (*) porté par le comité régional des pêches entrait dans sa phase opérationnelle. L’immersion de récifs artificiels au large des côtes commençait sur trois sites : Le Port, La Possession et Saint-Leu. Plus d’un an après, le suivi scientifique livre ses premières conclusions. C’est Mathieu Pinault, ingénieur au bureau d’étude Pareto associé à l’Agence pour la recherche et la valorisation marine (Arvam), qui est en charge de récolter les données en effectuant des plongées régulières sur les structures (plus de 70 m3 de béton au total). D’entrée de jeu, il signale : “Il y a eu en un an une augmentation progressive et très régulière des poissons. La biomasse affiche une nette tendance à la hausse. Au cours des six premiers mois, nous avons assisté à une phase de recrutement. Puis, il y a eu fixation de petits poissons d’intérêt commercial comme les tijaunes et les beauclaires à des stades assez sensibles”. Du coup ces agglomérats d’hexapodes ou de sandwichs sont devenus “une zone refuge”. L’objectif est donc atteint en ce qui concerne la protection des poissons de fond comme les mérous, les vivanneaux ou les poissons larmé. Les cavités de ces récifs en béton leur conviennent. “Il s’agit d’une colonisation intermédiaire par des juvéniles ou des pré-adultes qui ne sont pas exploitables entre 8 et 15 cm. À 8 cm, ce sont encore des proies. À 15 cm, ils sont devenus de petits prédateurs. Grâce aux récifs artificiels, ils se retrouvent sous protection à ce stade critique de leur développement. Ils ont ainsi plus de chances de coloniser ensuite les milieux naturels”, précise Mathieu Pinault.
                                                                  “Des camps de réfugiés”
En somme, les récifs artificiels deviennent sur le chemin du large “des camps de réfugiés”. Plus forts et plus grands, les spécimens sont mieux armés pour survivre dans les zones de 80 m de profondeur qu’ils colonisent à l’âge adulte. Sur les trois sites concernés, c’est sans conteste les structures immergées en baie de la Possession (- 25 m) qui “marchent le mieux” et où on dénombre “190 espèces différentes”. Cela tient selon Mathieu Pinault à plusieurs facteurs : “La réussite d’un récif artificiel dépend directement du volume immergé. À cela s’ajoute l’architecture. Plus elle est variée et chaotique plus on constate la présence d’espèces différentes”. Le site de Saint-Leu donne également satisfaction sur ce point. En revanche, celui du Port reste en queue du peloton. Le positionnement serait en cause. “Il se trouve sur la laisse de galets, un milieu déjà riche”. Les poissons délaissent donc ces enchevêtrements coulés par l’Homme. Cela prouve que “la théorie de la concurrence entre habitats naturels et habitats artificiels n’est pas tout à fait fondée”. Reste que “si les récifs artificiels sont moins attractifs que le milieu naturel, leur présence reste un plus quand il n’y a rien”. Le suivi scientifique qui dresse pour l’heure un bilan satisfaisant doit se poursuivre au moins sur trois à cinq ans. Un délai qui n’est pas fixé par hasard. “C’est à ce stade-là que l’augmentation de la biomasse atteint son seuil maximal et se stabilise”. On parle alors “de naturalisation”. Toutes les données ainsi récoltées devraient nourrir une stratégie réunionnaise en la matière mais aussi la thèse de Mathieu Pinault. Cette dernière, qui fait suite à la première expérience de récifs artificiels réunionnais menée par Emmanuel Tessier, a pour thème la connectivité entre milieux naturels et artificiels. Il la mène pour l’École pratique des hautes études de Perpignan qui surveille les récifs du Prado à Marseille.
Bruno Graignic
(*) Le nom du projet complet est Colonisation des récifs artificiels Île de La Réunion.
                                                            - Un coup de pouce à la petite pêche
À l’intérieur des récifs artificiels immergés, les espèces de fond trouvent un habitat dans leur migration vers le large. Au dessus, les dispositifs de concentration de poisson qui y sont ancrés donnent également satisfaction. Ici, les pêches cavales et les précieuses se regroupent. À Saint-Leu, ce sont “des dizaines de milliers de spécimens qui ont été observés”, précise Mathieu Pinault. Une bonne nouvelle pour les pêcheurs côtiers qui s’en serve comme appât. En effet, c’est le deuxième objectif de Corail Réunion. Outre la restauration, les dispositifs immergés ont une vocation économique pour la pêche. Deux arrêtés préfectoraux, dont la signature serait imminente, réglementent les usages autour de ces récifs. La plaisance est bannie et ne peut s’en approcher dans un périmètre de 50 m autour de la bouée de signalisation. En revanche, les pêcheurs côtiers professionnels bénéficient d’une dérogation : “Les navires armés à la pêche professionnelle sont autorisés à effectuer la pêche aux appâts par le moyen de la pêche à la ligne, dite communément la mitraillette, tous les jours de la semaine de 15 h 30 à 9 h 30”. La plongée sous-marine de loisirs bénéficiera également de ces sites tous les jours de 9 h 30 à 15 h 30.
- L’opération en chiffres
La fabrication des récifs artificiels a coûté en 2007 40 000 euros (35 000 euros de l’Europe, 3 000 euros de la Ville du Port et le reste de la Région). À partir de poteaux en béton EDF destinés au rebut, de voussoirs du même matériau destinés à l’origine au chantier du basculement des eaux et d’autres sources, les structures ont été assemblées. L’immersion et le suivi scientifique (six plongées en une année) sur un an ont nécessité 110 000 euros. L’Europe a largement contribué, pour cette première phase opérationnelle, avec 70 000 euros. L’État met 30 000 euros. Les mairies du Port, de La Possession et de Saint-Leu, 10 000 euros. On peut espérer une durée de vie de ces récifs de 15 à 25 ans. Mi 2009, grâce à un reliquat du fond Ifop (Instrument financier d’orientation de la pêche), le comité des pêches a immergé quelques structures de plus sur le site de La Possession.
Et après ?
La tendance est à la multiplication des récifs artificiels à travers le monde. Logiquement, La Réunion devrait suivre le mouvement. D’autant que ce n’est pas le matériau, de la récupération, qui manque. Le seul frein reste le coût de l’immersion. Saint-Paul avec sa baie constitue un site idéal. Mais le comité des pêches n’a pas de nouvelles de la municipalité depuis des mois. Le projet saint-pierrois semble plus avancé. Les nouvelles réglementations imposant des mesures compensatoires de restauration écologique en cas de travaux devraient offrir un nouveau coup d’accélérateur aux récifs artificiels. Dans le projet de nouvelle route du littoral par exemple, cette solution est mise en avant. Au Port-Est, on réfléchit également dans le cadre d’une nouvelle extension à des immersions.

CLICANOO.COM | Publié le 11 février 2010 - Culture - Dans les coulisses du film "Océans"
Grâce à des moyens technologiques inédits, le film Océans, sorti hier sur les écrans réunionnais, réussit le pari d’une connexion parfaite entre le monde sous-marin et le spectateur. Ce long-métrage se veut porteur d’un message optimiste : notre biodiversité dégradée peut encore se régénérer, sous conditions... Entretien avec le co-réalisateur du film Jacques Perrin, et François Sarano, co-scénariste et conseiller scientifique.

Tout d’abord, pourquoi avoir voulu réaliser ce film ? Jacques Perrin :
“Ce n’est pas le premier long-métrage porté sur la nature et qui rend compte de l’état de la planète, des agressions et de l’impact de l’homme sur les territoires. L’océan est le plus vaste de ces territoires. Comme on avait fait pour le Peuple migrateur, où on avait filmé la terre côté ciel, nous avons voulu montrer la biodiversité des océans. On ne sait pas ce qu’il se passe sous la surface de l’eau, on n’a pas conscience de ces prélèvements incohérents effectués sur les ressources. Il fallait montrer que l’impact de l’homme est mauvais, qu’il est encore possible de réparer. Là où la mer est protégée, les espèces repartent. Il faut mettre la mer en jachère.
Combien de temps a-t-il fallu pour concrétiser ce projet ?
Sept ans en tout. Trois ans pour les prospections techniques et quatre ans de tournage dans l’océan.
Avez-vous tourné à la Réunion ?
Pas directement. Mais nous sommes allés à Europa, au large de Madagascar. À Mayotte aussi, où nous avons rencontré les baleines à bosse. Je pense que nous avons fréquenté l’ensemble des territoires d’Outre-mer.
En quoi votre film diffère-t-il des autres longs-métrages naturalistes ?
Ahhhh... (soupir). La vie, le mouvement des animaux, de la mer, existent ! Nous avons inventé des engins de manière à ce que le spectateur soit un poisson parmi les poissons, qu’il soit à ce point près d’eux. Pour qu’ils les suivent à 40 km/h. On s’approche de toutes les espèces, on leur donne une personnalité, grâce à des grues et des torpilles que l’on a inventées. Ce sont de vrais personnages, avec leur regard. L’animal n’est plus un objet d’étude. C’est la première fois qu’on obtient de telles images. Francois Sarano : Le monde sous-marin, c’est également le son. Nous avons envoyé nos ingénieurs du son sur les tournages. Ils ont enregistré tous les animaux. Comme la langouste qui marche sur le sable. Sauf que son bruit est perturbé par l’environnement proche. Il y a eu un travail colossal pour nettoyer les bandes-son. Le résultat, c’est que tout d’un coup, on entend ce qu’on voit. C’est la première fois que le grand public peut ressentir ce qu’un plongeur vit sous l’eau.
Justement, certains spectateurs regrettent un manque de pédagogie par rapport aux espèces. Pourquoi avoir fait l’économie de la voix off ?
Si vous faîtes un film pour la télévision, vous mettez des commentaires ! Si vous voulez regarder la grâce des animaux, vous n’en mettez pas. On veut être saisis, avoir une communication physique. C’est un hymne naturel, une symphonie d’images naturalistes avec le son qui l’entoure. Si je vous donne les 80 noms d’espèces qu’on aperçoit, vous n’en retiendrez pas une seule et vous trouverez le film barbant. S’il n’y a rien, vous éprouverez un sentiment de compassion. Les images sont suffisantes. On s’aperçoit qu’on est attaché à ces animaux. Et voir la mer sans le son, ce n’est pas la mer.
Avez-vous dû polluer pour réaliser ce long-métrage ?
(
Jacques Perrin s’énerve). Comment pouvez-vous me poser cette question ? (Il s’emporte). Pendant quatre ans j’ai aidé des associations. Le film m’a coûté une fortune. J’ai utilisé des deniers personnels. Les associations qui parlent de l’environnement nous demandent qu’une chose : “prêtez-moi votre film”. Ne vous inquiétez pas, on a bien compensé notre bilan carbone !
Des espèces ont-elles disparu entre le début et la fin du tournage ?
Francois Sarano : Oui, le dauphin de Yangzi Jiang, qui vit dans la région chinoise. Les scientifiques ont signalé son extinction en 2007. D’autres sont en danger critique d’extinction : certains marsouins, des anges de mer et des requins.
Dans votre film, le thon rouge apparaît. Un sujet d’actualité. Votre film est-il un plaidoyer pour l’interdiction de cette pêche ?
Francois Sarano : Non, mais il faut la modérer. L’océan nous offre une ressource renouvelable. On peut pêcher, mais pas au-delà des limites. Et là, nous les avons dépassées. Il faut laisser les poissons se renouveler. C’est comme ça également que les pêcheurs verront leur avenir garanti.
Les pêcheurs constituent-ils la principale menace pour l’océan ?
Francois Sarano : Non, le plus dangereux, c’est la pollution. Car elle est très insidieuse, impossible à mesurer. Et pourtant, elle affecte la fécondité, elle modifie les équilibres planctoniques. L’urbanisation côtière dégrade également. Nous avons un impact colossal sur les littoraux.
N’est-il pas trop tard pour agir ?
Francois Sarano : Non, et c’est notre conviction profonde. Il y a 40 ans, on ne pouvait pas filmer les baleines car il n’y en avait pas. Aujourd’hui, on voit des baleines partout. Les mesures de protection marchent ! Les sanctuaires mis en jachère retrouvent leur biodiversité. Mais aujourd’hui, le rythme d’exploitation est tel que l’on ne laisse plus le temps d’atteindre leur âge adulte.
N’est ce pas aux politiques de prendre des décisions ?
Francois Sarano : Peut-être, mais la société civile a aussi son rôle à jouer. “Océans” contribuera à cette prise de conscience. Ce qui poussera les acteurs politiques à agir. Nous avons les moyens d’offrir un océan plus riche à nos enfants.
Ne faudrait-il pas sensibiliser les grands industriels, les plus grands pollueurs de la planète ?
Francois Sarano : Mais non, il ne faut pas voir les choses en entités qui s’opposent. On consomme tous, c’est de notre responsabilité aussi et c’est à nous de changer. Lorsqu’on aura compris que la seule chose qui apporte, c’est la relation humaine et non la consommation, alors on aura progressé.”                    Entretien : Damien Frasson-Botton

Le Quotidien – le 20 février 2010
De l’hameçon à l’assiette, la brigade nautique veille.
Scruter les prises des pêcheurs, contrôler les établissements vendant du poisson, enquêter sur les scènes de: crime sous-marines, etc. Telles sont les missions méconnues des six gendarmes de la brigade nautique.
Une infraction constatée par jour en moyenne. La brigade nautique côtière (BNC), commandée par l'adjudant-chef Arnaud Grivel, est sur tous les fronts ces derniers temps : recherche de personne disparue dans la ravine Divon à Saint-Paul, contrôle des normes sanitaires de la grande surface Carrefour à Saint-Denis, opération de sensibilisation avec les pêcheurs de L'Étang Salé, etc.
Cette unité spécialisée de la gendarmerie au même titre que le peloton de haute montagne (PGHM) reste cependant méconnue du grand public, mais redoutée des professionnels de la mer.
Notre périmètre d’action est immense, précise l'adjudant-chef Arnaud Grivel. Les six hommes de la brigade, basés au Port Est; doivent surveiller les 250 km de côtes réunionnaises, la réserve marine de 51 km2, les eaux territoriales jusqu'à 12 nautiques, ainsi que tous les établissements vendant des produits issus de la mer.»
Les missions de la BNC s'avèrent claires et précises : contrôler tout ce qui touche de près ou de loin à la ressource halieutique et aux usagers de la mer. Concrètement tous ces gendarmes tous habilités à piloter la vedette de service White Shark de 7,5 m., interviennent à 65% sur ou sous l'eau, 35 % sur la terre ferme.
Leur principale tâche est de surveiller les marins, professionnels ou particuliers, et leurs_ embarcations. S'il s'agit de pêcheurs les investigations seront orientées sur les licences de pêche, les quotas de poissons, ou bien encore le respect des jours et horaires de travail. Pour les plaisanciers, les gendarmes se focalisent plus sur l'armement (gilet de sauvetage, feux; de détresse; balises), la vitesse et sur les règles de Sécurité à bord. Toujours sur l'eau, ,ou plutôt sous l'eau, trois des six gendarmes de la BNC ont reçu une formation de Tis, technicien en investigations subaquatiques, ce
qui leur confère la possibilité d'étudier des scènes de. crimes jusqu'à 60 mètres de-profondeur. - Sur terre, l'accent est mis sur le respect des normes sanitaires dans les établissements conservant ou vendant des produits de la mer. Parallèlement à cette mission, la BNC peut aussi enquêter sur la problématique du travail dissimulé.
Enfin, la protection de la réserve marine, s'étendant du Cap La Houssaye à L'Étang-Salé, fait partie de ses prérogatives. Pour cela, les gendarmes travaillent avec les éco-gardes de la brigade nature de l'océan Indien Parc marin. Chaque infraction relevée dans ces différents domaines fait l'objet d'une procédure transmise à la fois aux affaires mari- times et au parquet.
Et si les amendes et peines encourues ne s'avèrent jamais très élevées, le travail de la brigade nautique côtière permet aussi de sensibiliser tous les acteurs de la mer aux enjeux 'de la ressource.
Aurélien LALANNE

Réserve Naturelle Marine – « On joue au chat et à la souris »
5 heures du matin. Nuit noire. Un appel de phare tranche l'obscurité. À bord de son 4x4, l'adjudant-chef Arnaud Grivel donne le signal à ses hommes postés en attente dans le fourgon de la brigade nautique devant les locaux de la Réserve naturelle marine de La Saline. Signal reçu cinq sur cinq. Mais l'opération ne peut débuter. Les éco-gardes du Parc marin sont en retard.
5 h 10. Les éco-gardes arrivent à bord de leur fourgonnette. « Désolé, le cadenas qui verrouille l'entrée de nos locaux a été rempli de colle dans la nuit. » Une fois de plus. Qu'importe. L'opération peut enfin démarrer. Direction L'Étang-Salé, baie de la Pirogue. But de la manœuvre ? Vérifier que les pêcheurs de capucin nain respectent les conditions d'exercice de leur métier. Une pêche encadrée par un arrêté (n° 4038) qui stipule que le poisson peut être attrapé uniquement à partir de février, entre 4h et 19h, avec du matériel adapté (filet) et par des personnes qui détiennent une carte de pêche délivrée par le Parc marin. Ce dernier en signe environ 800 par an.
«Nous n'avons pas l'heure»
Cette activité de contrôle de pêche dans la réserve marine représente 30 % de l'emploi du temps de la brigade nautique côtière. La brigade nature de l'océan indien (BNOI Parc marin), composée pour partie d'anciens braconniers, lui prête main forte à cette occasion.
5 h 40. Au bout de la ruelle du Parc à huître à L'Étang-Salé, une quinzaine de personnes sont déjà réveillées, et se tiennent au bord de l'eau. Certains sont assis, sans rien faire, d'autres sont déjà à pied d' oeuvre. L'adjudant-chef Grivel s'approche, une discussion s'engage. «Bonjour, alors comment se passe la pêche ce matin ? Tout va bien ? j'espère que vous n'avez pas commencé avant l'heure légale... » L'ambiance est bon enfant, le gendarme jette un oeil au matériel et poursuit. « On nous a dit que des pêcheurs étaient dans le lagon vers 4 h hier, c'est vrai?» Pas de réponse. «]'ai souvent l'impression de jouer au chat et à la souris avec eux, lâche en aparté le commandant de la brigade. L'important est notre présence sur le terrain, nous sommes obligés de modifier en permanence nos heures d'intervention pour créer un effet de surprise.»
Un homme sort de l'eau et tend un seau à peine rempli de poisson. Un maigre butin. Environ 600 grammes de capucin nain en près d'une heure de maniement du filet. «À 13 € le kg sur les étals, on a intérêt d'en attraper du poisson, lance le pêcheur.» Précision faite, l'homme en question n'est pas qu'un simple marin. Non, Alix Savigny assure le rôle de président du comité local des pêcheurs plaisanciers et professionnels. «Nous aimerions bien pouvoir pêcher en janvier, les poissons sont plus nombreux à cette époque. Alors même si les contrôles de la brigade se passent toujours bien, il est vrai que parfois, nous nous jouons des horaires. C'est pas bien méchant, mais dans l'eau, monsieur, vous savez, nous n'avons pas l'heure...»
Environ 300 mètres plus loin, deux autres gendarmes sont rejoints par les éco-gardes pour montrer leur butin. « Lorsque nous nous sommes garés, nous avons vu trois personnes s'enfuir alors qu'ils pêchaient. » Les présumés braconniers ont laissé sur place tout leur matériel, ainsi que quelques kilos de poisson encore vivant. La plus grosse prise de la brigade remonte à 2007. Là, quelque 120 kg de poisson, toutes espèces confondues, ont été saisis.
Pour ce type d'infraction, les sanctions administratives des affaires maritimes peuvent aller entre 120 et 3 500 € d'amende. La procédure est aussi transmise au parquet.

Dans l’eau les experts cherchent des preuves
Tis : Technicien en investigation subaquatique. Parmi les différentes missions inhérentes à la brigade nautique côtière, l'une d'elles semble méconnue, mais pourtant essentielle. Trois des six membres de la brigade ont été formés pour faire du secours aux personnes et pour rechercher des preuves dans des enquêtes judiciaires, militaires ou administratives, le tout en milieu subaquatique.
Concrètement, ces plongeurs qualifiés ont les compétences d'agents de police scientifique et peuvent intervenir jusqu'à 60 mètres de profondeur, en mer comme dans les bassins. Environ 15 % des interventions de la brigade vont dans ce sens.
Ils agissent toujours selon le même rituel. « Sur une scène de crime, explique le maréchal des logis chef Alexandre Rzadkowski, nous commençons par geler les lieux, c'est-à-dire établir un périmètre de sécurité, sous contraintes du courant et de la houle. Ensuite, nous procédons à des constatations et à des prélèvements, comme sur la terre ferme. » Recherches d'indices, d'empreintes, mais aussi traces de sperme, de sang ou de cheveux constituent leur cible privilégiée. •
La saisie d'insectes et de larves permet aussi de donner de précieux renseignements, comme la date approximative de l'immersion d'un corps par entomologie.
Dans leur panoplie d'intervention, on retrouve du matériel de prélèvement bien sûr, mais aussi un appareil photo numérique étanche et deux détecteurs de métaux sous-marins. « Nous appelons ça des poêles à frire. Cela nous a déjà servi à retrouver des armes blanches ou des bijoux. »
Le 3 février dernier, ce sont eux qui ont plongé dans la rivière du Bocage près de la cascade Niagara pour trouver des preuves concernant l'affaire Sarah Ranguin, disparue le 11 décembre et retrouvée morte le 18 du même mois.
Mardi dernier, dernière mission en date, les deux gendarmes Tis se sont rendus à la ravine Divon à la Grande Fontaine (Saint-Paul) pour identifier le corps de Michel Marécal, disparu depuis plus de deux semaines.

Plaisanciers et pêcheurs contrôlés en mer.
En ce milieu de journée ensoleillée, le palangrier Vetyver rentre à la darse de pêche du Port Ouest en toute sérénité, après 24h de mer.
Moins d'une demi-heure après son arrivée, le patron du navire subit un contrôle de la brigade nautique. Le second en deux ans. Nombre de matelots à bord, quantité de poissons déclarés, journal de bord, licence, pavillon, tout y passe.
«Votre attestation de licence date de 2007, monsieur, et vous ne me présentez qu'une simple photocopie. » Réponse de l'intéressé : « Les affaires maritimes ne nous ont toujours pas délivré les nouvelles licences. » Cela ira pour cette fois.
Dans les cales du palangrier, deux requins de petite taille ne sont pas répertoriés dans les fichiers de débarque. « C'est pour mes matelots, répond le capitaine, pas pour les restos ». Là aussi, rien d'illégal. Un contrôle qui se déroule sans accroc en somme. Mais tellement nécessaire aux yeux de l'adjudant-chef Grivel.
«Les affaires maritimes nous demandent de procéder à des quotas de contrôle, en vue de la préservation de la ressource halieutique. Par exemple, pour. l'année 2009, environ 60 tonnes de poissons à la débarque ont été passées à la loupe.»
Côté plaisance, même combat. Tous les jours, des embarcations sont contrôlées. Ce qui représente plus de la moitié des actions de la brigade. Là aussi, des infractions sont régulièrement observées.
Le 19 janvier dernier au large de Saint-Pierre, un bateau à moteur qui naviguait de nuit a doublé la vedette de gendarmerie. Sans feux. La procédure, transmise aux affaires maritimes, est toujours en cours.
Fin d'année 2009, au port de Saint-Pierre, un autre patron de navire a été verbalisé pour l'absence de tout le matériel d'armement à bord. Pas de gilet de sécurité, pas de pompe de cale, pas de carte, pas de boussole, rien. Un protocole Fare (formation sur l'armement et la réglementation des embarcations) lui a été proposé en guise de poursuites. Coût de la mesure alternative : 100 €.
Parallèlement, les loueurs de bateaux, jet ski et autres embarcations sont surveillés de près. Peu d'infractions sont constatées. Idem du côté des clubs de plongée, qui «jouent bien le jeu».

Contrôle à terre
Les pieds au sec. 35 % des missions de la brigade consistent en un contrôle poussé des établissements vendant des produits de la mer, sous toute leur forme. Poissonneries, grandes surfaces, restaurants, camions bar, magasins de surgelés, etc.
Le but recherché? «Identifier les fournisseurs pour lutter contre l'économie souterraine et, dans un second temps, assurer le respect des normes sanitaires », précise l'adjudant chef Grivel.
Pour cette seconde partie de la mission, les gendarmes reçoivent fréquemment l'aide de la direction des services sanitaires.
En la matière, les contrevenants ne risquent pas ou peu de sanctions lourdes. Des mesures alternatives aux poursuites (protocole Maphia) peuvent être suivies. Mais la mauvaise publicité dans la presse ou par le bouche à oreille s'avère plus préjudiciable pour les établissements verbalisés.
En 2008, par exemple, le restaurant basé à Saint-Pierre le Marin Bleu a été contrôlé et poursuivi. Son tort ? Ne pas avoir pu prouver la provenance de son stock. À l'époque, une centaine de kilos de poissons et de langouste, «sans doute achetés sur le bord de la route » selon les gendarmes, ont été dénaturés, c'est-à-dire détruits.
Carrefour épinglé
Plus récemment, le mardi 1er février, la grande surface Carrefour de Sainte-Clotilde à Saint-Denis a été épinglée. Un contrôle inopiné de la brigade nautique a permis de mettre en évidence qu'une partie de la marchandise présentée aux clients n'était pas aux normes sanitaires, car conservée à 14° au lieu des 2° réglementaires.
Pas moins de 5 kg de capitaine ont été éliminés chimiquement. Si la procédure a été transmise au parquet pour d'éventuelles suites pénales, le responsable de la poissonnerie de Carrefour a été auditionné dans les locaux de la brigade du Port Est. Une mauvaise formation de son nouveau chef poissonnier serait à l'origine de la faute, mais tout serait « rentré dans l'ordre depuis », a-t-il assuré.

Bruno Deurvilher mémoire de la brigade.
Il est loin le temps où gamin, le gendarme Bruno Deurvilher, pêchait avec ses dalons derrière les brisants à Saint-Leu. Né en 1959 à La Réunion, le local de l'étape a mis depuis ses connaissances de la région et de ses habitants au service de la brigade.
Après un passage dans la banlieue de Marseille et à la Martinique, le Réunionnais se spécialise dans la gendarmerie nautique en 1991 à Toulon. avant de retrouver sa terre natale en 2001 en intégrant la brigade nautique côtière dés sa création.
" Depuis 20 ans, nos actions se sont étendues. Avant, le braconnage était le nerf de la guerre. Aujourd'hui, grâce à la prévention réalisée par les éco gardes. les pécheurs ont pris conscience de leurs actes et nous pouvons nous attarder sur d'autres missions comme le contrôle des établissements vendant du poisson. "
Derrière la barrière de corail, la barrière de la langue ne lui fait pas défaut. " C'est vrai, le fait de parler créole et de connaître sur le bout des doigts les mentalités me permet de calmer les esprits.
Nullement armé si ce n'est de son carnet et de son stylo. le gendarme admet avoir créé " un climat de confiance " avec les pécheurs. " Les personnes que j'ai verbalisées m'appellent à n'importe quelle heure du jour et de la nuit pour avoir des renseignements sur révolution des décrets encadrant la pêche.
Et loin de fermer les yeux sur les dérives existantes. Bruno Deurvilher avoue sans détour : " Il faut faire la part des choses. Il y a la loi et l'esprit de la loi. Nous ne sommes pas là pour casser le pêcheur traditionnel qui vit de son métier. Non, les dangers les plus importants sont ailleurs... "
Ailleurs. comme du côté de la gestion des eaux déversées dans le lagon par les ravines ou bien encore des personnes qui vident leurs piscines dans la nature ou du côté des agriculteurs qui utilisent des pesticides. "

CLICANOO.COM | Publié le 17 mars 2010 - Enfin un bateau sur le débarcadère de Saint-Paul
Il aura fallu attendre plusieurs mois pour que le débarcadère de Saint-Paul inauguré en octobre reçoive ses premiers accostages. Des escales qui resteront néanmoins ponctuelles. L’ouvrage n’accueillera jamais de ligne régulière.

5h30, mercredi, sur le front de mer de Saint-Paul. Le bateau du Dodo Palmé vient s’amarrer au débarcadère de Saint-Paul pour prendre à son bord une poignée de plongeurs. Direction le Sea Venture, une épave coulée à 40 mètres de fond dans la baie. Rien d’exceptionnel jusque là si ce n’est que ce bateau est l’un des tout premiers à utiliser, à destination du grand public, ce nouveau ponton. Car si le débarcadère est un indéniable succès populaire avec des dizaines de pêcheurs chaque jour et un nouveau lieu prisé pour les photos de mariage, sa vocation maritime était jusque là réduite à néants. En cause : des défenses de quai un peu trop protectrices qui endommagent les bateaux. Le Grand Bleu notamment qui comptait prendre ses quartiers dans le secteur s’y est cassé les dents, ou plutôt la coque. Et en dépit des modifications qui sont déjà programmées dans les prochaines semaines, les bateaux touristiques n’y stationneront pas à heures régulières. Ce n’est tout simplement pas la vocation de ce débarcadère. Gênant quand on se souvient que cet investissement de 4 millions d’euros a été présenté comme une structure susceptible de dynamiser le tourisme dans la commune en convoyant des passagers entre Saint-Paul et Saint-Gilles.

Pour des bateaux de 25 mètres       François Matet, en charge de ce projet pour la mairie s’en explique : “Dans les documents techniques, il est précisé que l’accostage est possible avec une houle de 50 centimètres. Or, la mer est souvent plus forte”. Le technicien explique encore que de nombreuses demandes affluent sur son bureau, refusées pour des raisons de sécurité. “Un bateau de plongée, ce n’est pas un groupe de touristes de 75 ans. Tout le monde ne peut pas sauter à bord dans ces conditions. Nous avons d’ailleurs annulé plusieurs sorties avec des marmailles lors des dernières vacances”. Joint par téléphone, l’ingénieur qui a conçu la structure pour le bureau d’étude Egis Eau assure avoir parfaitement répondu à la demande des politiques. “Un débarcadère, ce n’est pas un port” explique Arnaud Prunier. “Ici comme partout, dans la Manche, en Floride ou en Australie, les accostages n’y sont prévus que par mer calme. Et il n’y aura jamais de ligne régulière, même lorsqu’on aura améliorer le système d’accostage”. Seule solution pour sécuriser totalement l’accès des bateaux : la construction d’une digue de protection. Mais les études de courantologie et de sédimentologie ont démontré des conséquences catastrophiques. L’ingénieur affirme que l’édifice pourrait accueillir en revanche de plus gros bateaux que ceux testés jusqu’à aujourd’hui. “Le bateau modèle dans nos études, c’est un bateau de 25 mètres, suffisamment lourd pour garder de la stabilité à l’arrêt. Le Grand Bleu ne fait que 16 mètres et possède un tirant d’eau trop faible”. Et de suggérer un usage pour le moins original : l’accueil de croisiéristes. Selon cet ingénieur, les bateaux de croisière pourraient tout à fait mouiller dans la baie pendant que les touristes seraient amenés à terre à l’aide d’un bateau navette, adapté à une mer agitée. Pas facile à mettre en place mais sûrement plus pertinent que les escales au Port Est. Là où les vacanciers américains, européens ou asiatiques admirent surtout des containers rouillés       Romain Latournerie

1 réaction de lecteurs - anonyme - Bravo - le bateau modèle pour les études était un bateau de 25 m ....donc, les bateaux existants n’ont pas été pris en considération.
cela me fait penser à cette histoire faisant partie de la légende d’un ancien maire de étang salé ; ce dernier voulait construire un pont , mais il n’y avait pas de rivière : il a donc eu cette phrase célèbre : "ce n’est pas grave , construisons le pont , la rivière viendra après....."
construisons le débarcadère, ils n’auront qu’à se demm.... pour avoir les bateaux adaptés. Bravo.

Clicanoo.com - publié le 6 avril 2010 - Comité des pêches : Jean-René Enilorac poussé vers la sortie

Un tract anonyme traîne actuellement sur le port de Saint-Gilles. Des pêcheurs s’en prennent violemment à Jean-René Elilorac, accusé de ne pas défendre les dossiers réunionnais. Une attaque fortement liée à l’actualité : le président du comité des pêches a toujours été protégé par Paul Vergès...
Suite à ses déboires judiciaires, Jean-René Enilorac était parvenu à se faire discret. Mais un peu trop, au goût des professionnels de la place. Un tract anonyme circule actuellement et pointe du doigt le président du comité des pêches. “Où était-il lors de la visite du ministre de l’Outre-mer à Paris ? Plus d’une semaine dehors, soi disant en réunion ! Pendant ce temps, le président de la chambre d’agriculture défendait les difficultés des agriculteurs. Le bilan du comité des pêches s’alourdit sans arrêt”. Les reproches se succèdent ainsi sur plusieurs lignes. “Les dérogations intéressantes pour la petite pêche locale ont plus ou moins disparu au profit d’une réglementation générale qui n’est pas adaptée à la Réunion mais qui passe sans concertation avec l’aval du comité des pêches”, lit-on par la suite. La conclusion est un appel à la révolte, à peine masqué : “Pêcheurs et amis, notre métier est dur mais notre atout a toujours été le courage et tous réunis, nous sommes déterminés. Morts nous le sommes déjà mais pas encore enterrés”. Cette dénonciation intervient quelques jours après la défaite de Paul Vergès. Une coïncidence ? Pas si sûr : certains feraient bien le grand ménage et demandent la tête de Jean-René Enilorac, lui qui a perdu la protection de la pyramide inversée ... C’est ce qu’on appelle l’effet domino. En tête de la fronde, Fernand Léone, 79 ans, “le plus vieux pêcheur en activité” de l’île. Vice-président du syndicat départemental des pêcheurs professionnels (environ 80 adhérents), il estime “qu’il faut faire un peu d’ordre, comme à la Région”. Et fort d’un long passé dans le milieu, il vide son sac, sans retenue aucune. En cause, de nouvelles obligations, passées incognito, dont lui et les siens s’estiment pénalisés : des droits toujours plus restreints pour la filière. “On avait le droit d’aller aux 8 miles, ça va être supprimé sans concertation. C’est impossible de vendre un bateau dans ces conditions. Sans oublier que c’est dans cette zone que se trouvent les DCP (Dispositifs de Concentration de Poissons). Comment on fait, nous, maintenant ? On nous a tout enlevé. Ce qu’on demande, c’est qu’on nous laisse les droits qu’on détenait il y a six mois”, rage-t-il. “Il faut considérer les spécificités locales. Nous ne sommes pas dans le même contexte que les Français”.
“Je ne me balade pas”
Autant de facteurs, qui à ses yeux, contribuent à la disparition de cette profession : “Tous les pêcheurs qui se retirent vont directement au RMI”. Dans cette série de déboires, “Enilorac n’est pas intervenu alors qu’il aurait dû taper du poing sur la table”. Le principal concerné, le patron des pêcheurs au passé sulfureux, n’y voit qu’un règlement de comptes. Et fustige à son tour le comportement de Fernand Léone qu’il connaît bien et qu’il accuse de manipulation envers ses homologues. “Il se venge car les affaires maritimes lui ont refusé l’autorisation de détenir un moteur hors board”, lâche-t-il d’emblée. Avant de se dédouaner de l’intégralité des accusations dont il fait l’objet. “Ce n’est pas Enilorac qui fait des lois, ce sont les Affaires maritimes. Et puis, s’il est contre les lois européennes, il fallait voter contre l’Europe”. Il estime ne rien avoir à se reprocher, bien au contraire. “Je me suis toujours battu avec courage pour la pêche artisanale réunionnaise. Les pêcheurs savent ce qu’ils ont obtenu grâce au comité”, se flatte-t-il. Avant de revenir à Fernand Léone. “Il revendique des choses qu’il n’a pas pu faire par le passé (Il a présidé le comité des pêches, ndlr)”. Le tract pointe encore l’agenda de Jean-René Enilorac, accusé d’abuser de voyages, sur le compte de la structure. “Je ne me balade pas, je défends les intérêts de la pêche réunionnaise”, se défend-il avec vigueur. Et de conclure : “M. Léone ferait mieux de se reposer et de nous laisser travailler sur la création d’une interprofession des produits de la pêche et de l’aquaculture”
D.F.B

Le Quotidien – jeudi 08/04/2010
Saint André – Vente et pêche illégale – 10 euros le kilo de requin-marteau

Un vendeur en bord de route proposait illégalement des bébés requin-marteaux.
Les gendarmes l’ont interpellé et cherchent toujours les pêcheurs.
Comme le thon rouge, le requin-marteau a bien failli être protégé, mais non. Qu'importe.
Un habituel vendeur de bichiques âge de 49 ans, bien connu des services de gendarmerie pour ne pas toujours respecter les règles d'hygiène, a été contrôlé par la police municipale de Saint-André alors qu'il proposait sur son étal de fortune huit requins-marteaux de très petite taille, qu'il vendait 10 euros le kilo. Le pantoufié (nom créole de ce requin) est assez prisé pour le cari..
Les soupçons pèsent sur deux pêcheurs de Bras-Panon
Les gendarmes de la brigade nautique côtière ont repris l'affaire et comptent vérifier, avec la direction des services vétérinaires, la bonne qualité de ce produit vendu illégalement. En effet, la vente en bord de route n'est 'pas autorisée, sauf si le vendeur est inscrit au registre du commerce.
Dans ce cas précis, l'enquête sera ensuite transmise au parquet, qui pourra s'il le souhaite poursuivre le vendeur pour travail dissimulé. De leur. côté, les gendarmes tentent de mettre la main sur les deux pêcheurs qui ont attrapé les pantoufiés.
Leurs soupçons pèsent sur des pêcheurs de Bras-Panon qui utilisent des filets en bordure d'océan pour attraper les jeunes poissons qui viennent à 'peine de naître.
Toute personne qui achète le produit d'une pêche illégale peut être elle aussi poursuivie par la justice. Selon le décret loi 1952, les contrevenants risquent une peine d'amende qui peut aller de 460 à 22 000 euros. Ça fait cher le cari poisson. A.T.
 
Clicanoo.com - publié le 17 avril 2010 - La SEM balnéaire en déficit
Le conseil d’administration a validé mercredi les comptes de Tamarun pour l’exercice 2009. Les pertes de la SEM balnéaire s’élèvent à plus de 135 000 euros. Deux causes principales : l’augmentation de la masse salariale et le gouffre du petit train des plages.

La directrice de Tamarun, Claudine Dupuy, a présenté mercredi soir le bilan comptable de l’exercice 2009 à son conseil d’administration. Bilan pas brillant puisque la SEM Balnéaire accuse un déficit de 136 160 euros. Etonnant à première vue puisque la structure avait dégagé un excédent de 40 000 euros en 2008 et a depuis augmenté son chiffre d’affaires. L’examen des chiffres fait ressortir plusieurs explications à cette situation financière périlleuse. L’augmentation de la masse salariale d’abord. Une hausse de plus de 7%, soit une dépense supplémentaire de 140 000 euros. La SEM a peu recruté mais a du faire face à une diminution du nombre de contrats aidés. Difficulté qui s’est ajoutée à des provisions de risque de contentieux importantes liées à des litiges judiciaires avec d’anciens employés. Ces provisions ont été multipliées par 10 par rapport à l’exercice 2008. Enfin l’application de la prime Cospar a encore plombé cette ligne budgétaire. Deuxième source de déficit considérable, l’exploitation de Rosalie, le petit train des plages qui peine toujours à remplir ses wagons. Cette activité a fait perdre près de 170 000 euros à la SEM en 2009 (47 000 euros en 2008). La fréquentation a été multipliée par trois mais les charges ont dans le même temps doublé. Ce qui signifie que Rosalie est structurellement déficitaire, à moins de véritablement décupler sa fréquentation. Il devrait en attendant générer autour de 120 000 euros de pertes cette année. Moins comptable mais toute aussi pertinente, la dernière explication est à chercher dans la carence de direction qu’a connu Tamarun en 2009. L’ancien directeur a quitté la SEM en mars et n’a été véritablement remplacé qu’en novembre. Neuf mois de flou pendant lesquels les actionnaires principaux (TCO et ville de Saint-Paul) ont hésité et bricolé des solutions provisoires. L’annulation des élections municipales ayant fait le reste.
BAISSER LA MASSE SALARIALE
Au-delà du constat, se pose désormais la question de l’avenir de la société qui emploi aujourd’hui 87 personnes. Claudine Dupuy et ses administrateurs ont validé mercredi soir leur stratégie : restructuration. La masse salariale sera notamment revue à la baisse sur l’exercice en cours. “Pas nécessairement de licenciements mais plutôt des non renouvellements de contrats”, précise la directrice. Ces réorganisations devraient essentiellement toucher les services administratifs et épargner les services techniques (nettoyage des plages etc..). La SEM espère également assainir ses finances en développant son activité séminaire sur son site de la Saline-les-Bains. Peut-être l’un des seuls secteurs rentables en 2009 avec un chiffre d’affaire en hausse de 40%. Autre source d’économie envisageable : Tamarun pourrait déménager de son adresse actuelle, propriété de la CAF pour un site moins onéreux. “Pour résumer, je pense que 2010 sera une année de transition avec des restructurations également sur les plans financiers et juridiques”, analyse Claudine Dupuy. “Sur des bases prudentes, on devrait dégager un résultat de 70 000 euros cette année”. Quelle que soit la méthode, la SEM ne pourra se permettre d’accuser des déficits comparables cette année, risquant d’abaisser dangereusement ses capitaux propres déjà largement entamés. Tamarun devrait alors négocier une recapitalisation, peu évidente, dans un contexte tendu pour les finances des collectivités. Romain Latournerie  
     

Le 21 mai 2010 - CLICANOO - Le bateau solaire présenté en métropole

C’est mardi prochain que Jonas, Aymeric et Lionel s’envoleront en direction de Nancy où les étudiants participeront au premier Challenge Développement Durable des IUT Génie Civil de France.

Le “Sunny Boat” a suscité pas mal d’engouement médiatique. Après les premiers essais de ce bateau solaire dans le port saint-pierrois le mois dernier, au tour des trois étudiants, porteurs du projet, de briller sous les feux de la rampe. Jonas Hoareau, Aymeric Vignal et Lionel Ramin s’envolent mardi prochain pour l’Hexagone. Direction Nancy où ces trois étudiants en première année à l’IUT présenteront leur projet au Challenge Développement Durable des IUT Génie Civil. Une première organisée par ces départements afin de mettre en valeur la filière et la mouvance des énergies propres. Le prototype, lui, reste dans le hangar de l’établissement. Jonas, Lionel et Aymeric ont préparé un grand poster récapitulant les principes, objectifs et étapes de la réalisation du Sunny Boat. Ils auront ensuite une demi heure pour séduire le jury national. Ce challenge représente une finalité d’un travail débuté il y a plusieurs mois : “Nous sommes sur le bateau solaire depuis le mois de novembre dernier. Les lycéens de Saint-Louis ont construit la structure métallique et nous, on a monté les panneaux solaires, réalisé les derniers arrangements”, explique Jonas qui, comme ses deux camarades, n’a pas vraiment le pied marin. “C’est la première fois qu’on a été amené à travailler sur un bateau, il a fallu apprendre sur le tas mais en tout cas, ça donne envie de naviguer”. Naviguer oui, promouvoir les énergies renouvelables, surtout. “La Réunion a une bonne réputation en matière de développement durable. Nous voulons la représenter du mieux que l’on peut”, insiste Lionel Ramin. A l’issu du Challenge des prix seront décernés mais ce n’est pas ce qui compte. Le département Génie Civil pense à l’avenir du Sunny Boat. “Le prototype doit être validé conforme. Une démarche administrative et technique portée par les élèves de troisième années. Quand ça sera fait, il pourra naviguer et nous le mettrons à disposition de Globice pour l’observation des baleines mais en aucun cas ce prototype là sera vendu. Il restera à l’IUT”, assure Jean-Luc Bonnet. Le chef du département Génie Civil imagine déjà les nombreux projets réalisables grâce à cet outil. En attendant, l’IUT entend développer avec de nouveaux étudiants, la remorque du Sunny Boat qui sera elle aussi équipée de panneaux solaires. Histoire de rester en totale autonomie. L.M

Franchement, j'ai tout de suite pensé au "poisson d'avril" quand le premier article est paru, tout juste le 1er avril 2010 ... Bravo les jeunes !     

A 18h, une grue tirait le bateau sur la plage des Brisants ...

Clicanoo.com - publié le 11 juillet 2010 - Leur bateau chavire, ils regagnent la plage à la nage

L’océan Indien est redouté des marins. C’est bien connu. Cet océan est souvent exigeant. Des plaisanciers l’ont vérifié hier après-midi à environ 50 mètres de la plage des brisants. Il est aux alentours de 13 heures quand l’embarcation de plaisance tombe en panne de moteur. Ce qui en fait une proie plus facile pour les déferlantes. Les vagues s’abattent sur le petit bateau à la dérive. Un visiobulle (bateau permettant d’admirer les fonds-marins depuis la surface de la mer sans se mouiller) passant par là avec des touristes à son bord tente alors de venir en aide aux plaisanciers. C’est à ce moment que la forte houle de ce début d’après-midi bouscule le bateau en panne au point de le renverser. Pris dans le bouillon, l’embarcation fait plusieurs tours sur lui-même selon des témoins avant de s’immobiliser la coque en l’air. Alerté, le Cross (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage) prévient les pompiers et les Maîtres nageurs sauveteurs. Dans le même temps, les quatre occupants du bateau de plaisance - deux adolescents et deux adultes - réussissent à se dégager de leur bateau et se retrouvent ainsi à l’eau. Ils parviennent à regagner la plage à la nage. Le visiobulle avec cinq personnes à son bord est lui aussi pris au piège de la houle et s’échoue sur le sable. Il sera tracté par un autre bateau plus tard dans l’après-midi. Les équipages des deux embarcations ont été pris en charge par les pompiers. Ils souffrent pour certains de blessures légères, notamment quelques contusions au niveau des bras, des jambes et de la nuque. En état de choc, ils ont été transportés à l’hôpital.

Clicanoo.com - publié le 13 août 2010 - Les trois plongeurs retrouvés

Partis en bateau de Saint-Pierre pour réparer une balise de la réserve marine, trois plongeurs scaphandriers de la SGTPS n’ont plus donné signe de vie depuis hier midi. Le CROSS dirigeait encore les recherches la nuit dernière, dans des conditions de mer et de météo particulièrement défavorables. Ce matin, on apprenait que les trois hommes avaient pu regagner la côte à la nage, aux alentours d’une heure du matin.

L’inquiétude est d’autant plus grande que la nuit s’annonçait particulièrement agitée, avec un avis de forte houle déferlant sur les côtes ouest et sud de l’île. C’est dans cet enfer liquide que trois plongeurs professionnels sont portés disparus depuis hier midi, et activement recherchés sous la direction du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) de la Réunion. Les trois scaphandriers, âgés d’une trentaine d’années, étaient toujours introuvables tard hier soir, en dépit des multiples survols réalisés par les hélicoptères militaires Fennec et Panther. C’est ce dernier notamment qui a pris seul le relais à la nuit tombée, équipé en jumelles à vision nocturne, pour fouiller une zone comprise entre Saint-Gilles et l’Étang-Salé. C’est en effet au large de la commune du Sud que les trois hommes ont émis leur dernière communication, aux environs de midi. Employés par la Société générale de travaux publics et spéciaux (SGTPS), basée au Port, les trois hommes étaient en mission de sous-traitance pour le compte de la Réserve marine. Partis le matin du port de Saint-Pierre à bord d’une petite embarcation à coque en aluminium, ils devaient se rendre auprès d’une balise de la réserve située à un demi-mille nautique (moins d’un kilomètre) de la côte étang-saléenne.
                                                                                                  
Une réparation “urgente”
Une intervention qualifiée d’”urgente”, la balise, fixée à 48 m de profondeur, menaçant de se détacher avec les fortes houles annoncées, un problème récurrent (lire par ailleurs). “Mais vers 11 h, voyant l’état de la mer, il a été décidé de mettre fin à la mission et d’opérer un retour vers le port de Saint-Gilles, l’accès à celui de Saint-Pierre étant devenu trop difficile”, indiquait hier au soir Richard Carton, directeur de la SGTPS, consterné. Un dernier contact vers midi valide ce plan de retour. Mais ce n’est que vers 15 h, sans nouvelle ni radio ni téléphonique des trois plongeurs, que le CROSS est alerté. Une fois vérifié que l’embarcation n’a pas accosté en catastrophe dans un autre port de la côte ouest, d’importants moyens sont rapidement mis en œuvre. Tout le monde a en tête les événements météorologiques et marins exceptionnels attendus dans la soirée. Tous les bateaux croisant dans le secteur sont appelés à la vigilance et prévenus de signaler tout objet dérivant susceptible d’indiquer la position des naufragés. Des hélicoptères militaires, le Fennec d’abord, puis le Panther de la marine nationale, multiplient les survols. Un navire de pêche croisant dans le secteur restera sur zone toute la nuit. Le patrouilleur la Rieuse, qui n’a pu sortir eu égard aux mauvaises conditions, se tient néanmoins prêt à appareiller si une découverte survenait. Des patrouilles côtières sont menées par les services du SDIS et de la gendarmerie. Mais tard dans la nuit, celles menées par le Panther ont dû s’interrompre (vers 23 h, l’hélicoptère tournait encore dans le secteur de Saint-Leu) avec l’espoir que la solide expérience de ces plongeurs professionnels leur permette de résister aux puissantes vagues annoncées par Météo France. Et c’est ce qui semble s’être produit. Les trois hommes ont réussi à regagner la côte à la nage aux alentours de 1h du matin. Sébastien Gignoux. 

Des balises qui se font la malle
Si l’intervention des scaphandriers de la SGTPS a reçu le qualificatif d’”urgent” de la part des services de la Réserve marine, poussant à sortir malgré des conditions de mer prévues pour être à tout le moins délicates, c’est pour plusieurs raisons. D’abord et surtout parce que l’imposante balise de trois à quatre mètres de haut, menaçant de rompre son amarre, représenterait un danger pour la navigation si elle partait à la dérive. Elle serait aussi une menace pour le récif qu’elle pourrait endommager en dérivant, alors qu’elle est au contraire supposée le protéger. Et, enfin, elle viendrait grossir le nombre déjà trop important des balises qui ont déjà disparu au cours des derniers mois, au nombre de dix. Une véritable hémorragie et un casse-tête pour la DIREN (direction des services de l’environnement), propriétaire des balises, et le groupe d’intérêt public de la Réserve marine, qui assure leur surveillance régulière.

Forte houle et pluie

La forte houle annoncée dès mercredi par Météo-France a fait l’objet d’un avis émis hier après-midi, valable à partir de 19 h et jusqu’à ce soir 17 h, il concerne l’ouest et le sud. Les sorties en mer sont évidemment proscrites et la prudence aux abords du littoral est recommandée, même si cet épisode est prévu d’être moins important que celui des 30 et 31 juillet.

Clicanoo.com - publié le 14 août 2010 - Naufrage des trois plongeurs : un miraculé raconte

Leur bateau renversé à la pointe au Sel, les trois plongeurs scaphandriers disparus depuis jeudi midi à l’Étang-Salé ont réussi à regagner la côte à la nage, malgré la forte houle. Une issue heureuse due à la grande expérience de ces professionnels, réapparus vers minuit sur la plage des Brisants à Saint-Gilles.

Certains parleront de miracle, d’autres d’exploit, d’autre encore d’une simple marque de professionnalisme. Quoi qu’il en soit, c’est un véritable tour de force qu’ont réussi dans la nuit d’avant-hier à hier les trois plongeurs scaphandriers de la Société générale de travaux publics et spéciaux (SGTPS), portés disparus depuis jeudi midi après le naufrage de leur embarcation au large de Saint-Leu (notre édition d’hier).
                                                                                  
“SANG-FROID ET SAVOIR-FAIRE”
Les trois hommes sont parvenus à regagner la terre ferme au niveau de la plage des Brisants aux environs de minuit, après près de douze heures passées dans une mer démontée par la forte houle. Une prouesse physique et mentale, sans doute hors de portée du baigneur moyen. C’est donc à leur grande expérience de la mer, leur entraînement et leur force morale que ces employés de l’entreprise portoise doivent leur survie. Les intenses recherches menées depuis le milieu d’après-midi par les secours, sous la direction du centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) de la Réunion, leur auront surtout servi à entretenir l’espoir. Tous les ingrédients d’un drame étaient pourtant réunis. Partis d’urgence du port de Saint-Pierre avant-hier matin à bord de leur bateau, la Céline, pour une intervention sur une balise flottante de la Réserve marine menaçant de se détacher à un demi-mille (moins d’un kilomètre) de la côte étang-saléenne, les trois plongeurs se trouvent rapidement confrontés à des conditions de navigation dégradées. Arrivés sur site, ils doivent renoncer à rapatrier la balise comme prévu, mais parviennent néanmoins à la sécuriser à l’aide de bouts. Compte tenu de la forte houle rentrant depuis la fin de matinée, ils décident vers midi de rentrer vers le port de Saint-Gilles. C’est la dernière nouvelle que recevront leurs contacts à terre. À 12 h 30, leur bateau de 7 m à coque en aluminium chavire, et se retourne complètement au large de la pointe au Sel, à Saint-Leu. Les trois hommes comprennent qu’ils sont en grande difficulté, mais réagissent comme des pros. Ils restent accrochés à l’embarcation, qui va dériver durant plusieurs heures. Alors que les secours sont mobilisés depuis 15 h, les naufragés, cernés par les vagues, restent introuvables. La nuit tombe. Vers 20 h, nouveau coup dur. Leur bateau se dirige droit vers le récif. Ils décident de s’en séparer, pour ne pas s’empaler sur la barrière de corail. “Ils ont vraiment eu le bon réflexe d’abandonner leur embarcation, et ensuite de ne jamais se séparer trop longtemps, avant de chercher à éviter les endroits trop difficiles pour rejoindre la côte. Ils s’en sont tirés grâce à leur sang-froid, leur savoir-faire et leur expérience”, salue Arnaud Le Maintec, directeur adjoint du CROSS, qui a coordonné les recherches.
                                                    
LA CÉLINE ÉCHOUÉE
Avec quelques cordages et des parre-battage récupérés sur la Céline, les naufragés fabriquent une bouée de fortune à laquelle ils s’accrochent en guise de planche de salut. La hauteur des vagues, jusqu’à huit mètres parfois, leur fait parfois perdre l’île de vue. Pendant ce temps, leur bateau va s’échouer sur la plage de Trou d’Eau, à La Saline. Ce sont les gendarmes qui le découvrent vers 21 h 30. Les secours ont désormais la certitude qu’ils recherchent bien trois hommes à la mer, et non plus une embarcation. L’hélicoptère de la marine, qui devait rentrer au bercail, refait le plein de fuel pour prolonger de deux heures les recherches. Le Panther, qui va survoler la zone jusqu’aux environs de minuit, passe parfois tout près d’eux, mais sans les voir. Et c’est finalement vers 0 h 30, au prix d’efforts inimaginables (lire notre témoignage), que les trois naufragés parviennent ensemble à rejoindre la plage des Brisants. Malgré la fatigue, ils se ruent vers le restaurant le Saint-Gilles, sur le port, et alertent la gendarmerie (lire par ailleurs). Patrouilles côtières des gendarmes et des pompiers, survols d’hélicoptère, messages d’alerte, recherches par un navire de pêche, patrouilleur la Rieuse en alerte, tout le dispositif de secours peut enfin être levé. Soulagé et pas peu fier du comportement de ses hommes qui ont dérivé sur une dizaine de kilomètres “sans paniquer”, le directeur de la SGTPS, Richard Carton, n’en oubliait pas hier “de remercier le CROSS et toutes les personnes qui se sont mobilisées.” On imagine sans peine la joie des proches, parents, amis et collègues des trois hommes, qui ont pu regagner leur domicile dans la nuit après un bref examen des médecins du SAMU, qui les ont trouvés logiquement fatigués, mais en pleine santé. Un happy end qui récompense la présence d’esprit et la ténacité de ces travailleurs de l’extrême.      Sébastien Gignoux

Clicanoo.com - publié le 14 août 2010 - “Il y avait des vagues hautes comme des immeubles, on ne savait plus où on était”

Augustin, l’un des trois miraculés de la houle, que nous avons pu joindre, hier, à son domicile de la Rivière-Saint-Louis, après être resté pendant douze heures, jeudi soir, accroché, avec ses deux collègues, à un radeau de fortune dans une mer complètement démontée, nous raconte cette aventure qu’ils n’oublieront pas de sitôt.

En ce jeudi matin, le temps n’était certes pas très beau à Saint-Pierre, mais rien de bien inquiétant. Ciel gris, du vent, un peu de pluie, une mer relativement agitée. Sans plus. Augustin et ses deux “dalons”, comme il les appelle, ont connu pire. Les trois scaphandriers embarquent le matériel de travail dans un petit bateau. Augustin (dit “Tétin” pour les intimes) est chef plongeur. L’ancien légionnaire (1992-2002) originaire de Basse-Terre est depuis un peu plus de cinq ans salarié titulaire dans une société de travaux en mer. Ses deux camarades, Erwan, de Saint-Leu, et Hugues, de Sainte-Marie, travaillent quant à eux en indépendants. Ce sont également des anciens militaires. L’équipage est fin prêt vers 8h30. L’embarcation quitte le port de Saint-Pierre. Leur mission : réparer pour le compte de la Réserve marine des balises se trouvant au large à hauteur de l’Etang-Salé.

Une vingtaine de minutes plus tard, le bateau arrive sur zone. “On commence à préparer les outils. Un collègue reste en surface. Avec le deuxième, on plonge pour constater l’état d’une grosse chaîne qui relie une des balises présentes à cet endroit. Celle-ci est très abîmée. On devait remorquer les balises vers Saint-Pierre. On a commencé à travailler. Mais au moment où je suis remonté à la surface pour récupérer un outil afin de démonter la grosse chaîne se trouvant en profondeur, j’ai vu arriver une énorme vague qui a surpris mon collègue resté sur le bateau. La mer est montée d’un coup. Je suis redescendu sous l’eau pour dire à l’autre collègue de tout arrêter. On se casse les gars !”. Augustin et ses deux camarades plient bagage mais, avant de rebrousser chemin, ils établissent un rapide contact radio avec leur société, à Saint-Pierre, qui leur apprend que la mer est démontée. Impossible de rallier le Sud. Les trois scaphandriers décident alors de mettre le cap vers l’Ouest. “Au niveau de la pointe au Sel, on s’est pris à bâbord, c’est-à-dire sur notre côté gauche, une vague d’une terrible violence qui a retourné notre embarcation. Tout s’est passé en une poignée de secondes. Il était environ 12h30. Tout a coulé : les outils, le matériel de sécurité et de secours, les bouteilles de plongée, les fusées, nos portables… Tout a disparu. On a pu seulement récupérer une petite trousse rouge de premier secours dans lequel il y avait une couverture de survie ainsi qu’une bouteille d’eau et une grande corde. L’essence qui était dans le réservoir du bateau s’est répandue dans l’eau, qui nous piquait les yeux”, raconte Augustin. “Avec la corde, on a tissé comme une toile d’araignée et nous nous sommes installés tant bien que mal sur la coque retournée du bateau. Toutes les deux-trois minutes, on se prenait des paquets de mer d’une violence inouïe qui nous fouettaient douloureusement. Il y avait du brouillard et de la pluie. Le vent hurlait dans nos oreilles. On ne voyait plus rien, ni la côte, ni l’horizon. On était au milieu de cette mer complètement cassée, accrochés à notre petit bateau heureusement insubmersible”.

Les heures passent, les vagues sont de plus en plus fortes. La fatigue se fait sentir. Mais les trois plongeurs professionnels ne s’affolent pas pour autant. Ils ont de l’expérience. Augustin est déjà intervenu à plusieurs endroits du globe, dans différents océans sur des chantiers offshore. La mer, c’est son élément. Mais c’est quand même la première fois qu’il se retrouve dans une situation aussi périlleuse. “Avec la fatigue, je crois qu’à un moment donné, on s’est tous un peu assoupis jusqu’à l’instant où on a entendu le bruit d’un hélicoptère. Ce qui nous a rassurés sur le coup. Mais le phare de l’hélico a éclairé à une vingtaine de mètres de l’endroit où on se trouvait. Le bateau de la marine nationale est passé à une centaine de mètres de nous. Personne ne nous a vus. Il y avait tellement de creux. On était déçus… Il faisait terriblement froid et surtout nuit noire. Mes deux collègues étaient en combinaison, moi j’étais en salopette. Je n’avais pas eu le temps de prendre la mienne”. Ballottés par la houle, les trois naufragés restent malgré tout accrochés à la barque. Mais au terme d’environ dix heures, une déferlante les sépare brusquement. “Une vague haute comme un immeuble de 8 à 9 mètres est venue s’abattre sur notre bateau qui est allé s’échouer sur les falaises au niveau du Trou d’Eau à la Saline-les-Bains. Nous avions tout juste eu le temps d’arracher quelques petits boudins, des pare-battage qui, en temps normal, protègent l’embarcation lors de l’accostage. Cela nous a servi de radeau de fortune, mais pas pour longtemps, car une autre vague nous a jetés au fond de l’eau. Et lorsqu’on est remontés à la surface, nous avons nagé pendant environ deux heures vers les lumières qu’on voyait depuis le large. On ne voulait surtout pas être entraînés vers la barrière de corail. Malgré la nuit, les vents violents, un de mes collègues, qui connaissait assez bien le secteur, a reconnu, de loin, la passe de l’Ermitage. Nous avons donc nagé de plus belle et la houle nous a projetés vers la côte. Aux environs de minuit, on s’est retrouvés tous les trois dans un rouleau qui nous transportés jusque sur la plage des Brisants, à droite du port de Saint-Gilles. Nous avons foncé vers un bâtiment encore ouvert. C’était le restaurant le Saint-Gilles. Le propriétaire a été vraiment très sympa, il nous a donné de l’eau, avant d’alerter notre patron, les pompiers et les gendarmes qui sont arrivés peu de temps après”. Une fois sur la terre ferme, Augustin a aussitôt emprunté le téléphone du restaurant pour appeler sa femme et prendre des nouvelles de son fils de 15 mois auquel il n’a cessé de penser durant ces douze heures passées en pleine mer, douze heures durant lesquelles il a côtoyé la mort plus d’une fois. Dans la nuit de jeudi à vendredi, la bonne nouvelle a vite fait le tour de la famille, à la grande joie de son frère Patrick qui, dès 5 heures, hier vendredi 13, a appelé radio Free Dom pour faire partager son bonheur à toute la Réunion. Pour l’heure, le miraculé de la houle se repose chez lui à la Rivière-Saint-Louis, tout comme ses deux collègues, le temps de se remettre de leurs “intenses” émotions. Mais nul doute que d’ici à quelques jours, ils reprendront leur travail… en pleine mer.                                 Yves Mont-Rouge

Clicanoo.com - publié le 14 août 2010 -Après l’eau de mer, le champagne

“On était sur le point de fermer, on avait commencé à ranger les tables et les chaises quand on a aperçu une silhouette dans l’obscurité. Puis, d’un coup, on a vu entrer un homme en combinaison, visiblement très fatigué, les yeux très rouges et complètement trempé”. Le patron du restaurant le Saint-Gilles raconte sa surprise lorsqu’il a vu débarquer, dans son établissement, l’un des trois plongeurs portés disparus depuis la mi-journée. “On est tombé des nues parce qu’on n’était pas du tout au courant de ce qui s’était passé”, témoigne Dominique Aulong. Alors que ses deux compagnons étaient encore sur la plage des Brisants, le rescapé cherchait avant tout à faire interrompre les recherches devenues inutiles. L’hélicoptère de la marine nationale balayait encore le littoral du faisceau de son projecteur du côté de Saint-Leu. Il est donc entré dans le dernier établissement ouvert sur le port aux alentours de 0h30. “Une fois que les autres sont arrivés, on les a installés confortablement, on leur a servi des thés et des cafés pour les réchauffer”, raconte un autre responsable du restaurant. “Et puis les pompiers, les gendarmes, leurs employeurs et surtout leurs proches sont arrivés peu à peu. Les retrouvailles, c’était vraiment un grand moment d’émotion”. Le personnel se disait hier heureux du dénouement. “Quand ils nous ont raconté ce qu’ils venaient de vivre… on était contents qu’ils soient sains et saufs”. Pour fêter l’événement, Dominique Aulong a même sorti une bouteille de champagne.      R. Lt.

Des profils de “survivants”

Ils ont environ 35 ans, résident à Saint-Louis, Saint-Leu ou Sainte-Marie, sont pères de famille et sont tous trois des plongeurs chevronnés, anciens militaires ayant servi dans la légion, les paras ou la gendarmerie. Le chef de plongée est salarié de la Société générale de travaux publics et spéciaux (SGTPS), ses deux compagnons travaillent régulièrement en free-lance pour cette entreprise portoise spécialisée dans les travaux aquatiques et hydrauliques. Ils ont en commun une grande expérience de la plongée, une excellente condition physique et un mental adapté aux épreuves les plus dures. Bref, des profils bien particuliers qui, de l’avis de tous les connaisseurs interrogés, ont permis à ces trois hommes de survivre à une épreuve dont laquelle peu seraient sortis vivant. Ils ont “géré” leur naufrage, dans des conditions de mer et de météo particulièrement difficiles, et fait les bons choix au bon moment. Autant dire que leur retour sur la terre ferme doit plus à leur expérience et leur entraînement qu’à la chance ou au hasard.

Clicanoo.com - publié le 14 août 2010 - Balises casse-tête

Posées depuis 2008, les balises qui délimitent au large de la Réunion le territoire de la Réserve marine nationale sont un véritable casse-tête pour leur propriétaire, la direction régionale de l’environnement et la nature (DIREN), et le groupe d’intérêt public de la réserve, qui s’occupe de leur suivi. Balayées par les courants changeants et les vents contraires, elles doivent régulièrement faire l’objet de vérifications et d’interventions, comme celle que devaient effectuer d’urgence les plongeurs naufragés avant-hier. Une dizaine de ces balises manque déjà à l’appel, et plusieurs ont fait l’objet de retours à terre pour rafistolage. Lestés par un corps-mort de 5 tonnes immergé entre 15 et 50 m de profondeur, ces pylônes jaunes de 3 à 4 m de hauteur posés sur bouée rencontrent de sérieux problèmes au niveau de l’accroche, régulièrement dégradée. Défaut de fabrication, comme le pensent certains ? Non, disent d’autres connaisseurs du dossier, pour qui ces accroches de balises résistent de partout dans le monde où elles sont utilisées, sauf à la Réunion et en Norvège, où l’on rencontre des conditions de houle, de variations de courants et autres aléas climatiques comparables. En attendant, un nouvel appel d’offres a été lancé afin de les remplacer .  

Clicanoo.com - publié le 17 août 2010 - Les plongeurs naufragés entendus, la Céline rapatriée 

Passé un week-end de repos bien mérité, les trois plongeurs naufragés au cours d’une intervention en mer jeudi dernier, au large de l’Etang-Salé, ont repris le travail dès hier, en pleine forme malgré près de douze heures d’errance dans un océan démonté par l’épisode de forte houle annoncé par Météo France (nos éditions précédentes). Les rescapés, revenus sur la terre ferme à la nage au niveau de la plage des Brisants à Saint-Gilles, ont toutefois fait un détour par les locaux de la brigade nautique de gendarmerie, où ils ont été entendus par les militaires dans le cadre du rapport réglementaire suivant un naufrage et le déploiement de moyens de recherches de l’État. Les plongeurs ont donc refait le récit de cette folle journée débutée au port de Saint-Pierre, direction la balise délimitant la Réserve marine au large de l’Étang-Salé. Une intervention qualifiée d’”urgente” par les services de la Réserve, en prévision des fortes houles annoncées. La balise menaçant de se détacher de son accroche, c’est la Société générale de travaux publics et spéciaux (SGTPS), employant les plongeurs, qui a été sollicitée comme à l’accoutumée. La forte houle étant annoncée pour 19 h, la direction de la société, en concertation avec ses plongeurs, a considéré comme acceptable le risque d’intervention eu égard à la fenêtre prévue pour la durée d’intervention, à savoir jusqu’à 14 h.

Espoir pour le récif

“Mais, lorsque les conditions se sont brutalement dégradées, il a été décidé de mettre un terme à l’opération vers 11 h 30, en accord avec les plongeurs. Il n’a jamais été question de forcer coûte que coûte cette intervention”, précise Richard Carton, directeur de la SGTPS. La société attend d’ailleurs la visite des experts en assurance pour l’examen du bateau, l’insubmersible la Céline ayant enfin été dégagé hier après-midi de son point d’échouage sur la plage de Trou-d’Eau, à la Saline-les-Bains. Selon les constatations des gendarmes, elle aurait a priori franchi la barrière de corail et traversé le lagon sur sa coque, et non retournée, ce qui laisse espérer des dégâts moindres sur le récif. L’embarcation, qui avait chaviré au large de la pointe au Sel aux environs de midi jeudi dernier, avait servi de bouée aux trois naufragés pendant huit heures, jusqu’à la Saline où, la voyant se diriger vers la barrière corallienne, ils s’étaient décidés à l’abandonner pour tenter de regagner la côte à la nage. Avec le succès que l’on sait.      S. G.

Clicanoo.com - publié le 14 août 2010 - Un fût de gasoil dans le lagon

Drôle de trouvaille hier midi pour le personnel de Planch’alyzée, ce restaurant de plage situé à la Saline les bains. Déporté par la houle, un fût de 200 litres d’hydrocarbures s’est laissé apercevoir dans le lagon, à cinq mètres du rivage. Une première évidemment. “Au début, je pensais que c’était un panier pour les pêcheurs”, raconte Lylian, un employé. “Dès que j’ai compris, j’ai très rapidement plongé pour le sortir. Nous étions quatre pour le tirer jusque vers le bord, c’est très lourd”. Vu son état, sa paroi recouverte d’arapèdes, ce fût s’est sûrement égaré depuis belle lurette. Plus vraiment étanche, il a perdu du liquide noirâtre sur le sable, sans pour autant polluer le lagon de manière significative. Il pourrait bien s’agir de gasoil. Alertés, les agents de la réserve marine se sont chargés de lancer la procédure adéquate. En avertissant la commune de Saint-Paul, la brigade de la nature et la brigade nautique. Vers 15 heures, des membres de la Sem Tamarun ont évacué cet encombrant objet. La gendarmerie maritime a ouvert une enquête afin de déterminer la provenance du fût. Même s’il paraît évident qu’il se soit échappé d’un cargo, reste à savoir lequel. À noter que les échouages de ce type restent rares. Un scénario similaire s’était produit à Saint-Leu, en 2003, à côté du spot de la Cafrine.            D.F.B   

Clicanoo.com - publié le 28 août 2010 - La mascotte du cap La Houssaye tuée
Après quelques hésitations, les spécialistes ont tranché. Minus, une tortue verte, petite star du cap La Houssaye, a bien été victime d’un braconnier cette semaine. Coup dur pour les défenseurs de l’environnement...
Passe difficile pour les scientifiques de Kélonia. Un de leurs animaux fétiche vient d’être la cible d’un braconnier. C’est par mail qu’ils ont pris connaissance de la mauvaise nouvelle, en début de semaine : une photo montrant la tête de Minus reposant dans les fonds du cap La Houssaye, en pleine réserve naturelle. Sur une autre, on aperçoit sa carapace parfaitement vidée de sa chair. Grâce au système d’identification, l’équipe a pu clairement établir qu’il s’agissait bien d’elle, une tortue verte juvénile, amie de tous les habitués du coin. "C’est une mascotte qui disparaît", regrette le directeur Stéphane Cicionne, dépité. " On la suivait depuis deux ans, c’est bien dommage. C’est d’elle qu’on avait le plus de photos". Notamment par le biais d’un réseau d’une trentaine de plongeurs et apnéistes, qui régulièrement immortalisent les reptiles et les envoient au centre de recherches. L’idéal afin d’avoir une idée de leur périple.
                                                               Vulnérable
Les deux premiers clichés ont ainsi laissé subsister un doute sur les causes de la mort. Le requin est suspecté en premier. "On le sait par expérience, ils pénètrent dans le lagon quand il y a des petits tortues", avance le spécialiste. Plus d’ambiguïté possible à l’observation d’un troisième cliché. Représentant une nageoire avant. "La section est très nette. Et puis généralement, le requin commence par s’attaquer à la nageoire pour affaiblir l’animal". Bref, la thèse de la chaîne alimentaire ne tient plus, tout comme celle de l’hélice de bateau. Dernière incertitude : les trois photos concernent-elles le même individu ? Une évidence, vue la proximité des différentes parties du corps.
La thèse du braconnage ne fait donc plus de mystère. La brigade nautique et les éco-gardes de la réserve en sont informés. Minus, une douzaine de kilos, quarante centimètres de carapace, a vraisemblablement terminé dans une marmite. Un amateur de cette viande goûteuse n’a pas résisté. Stéphane Cicionne a une idée sur le mode opératoire généralement employé. C’est la journée que le malfaiteur vient affaiblir sa proie. Il lui décoche une flèche dans le cou et la cache dans un trou. La nuit, il n’a qu’a venir cueillir la bête, lui couper les quatre nageoires et la tête, histoire de fuir plus discrètement. Un funeste scénario qui à priori n’a pas concerné Minus. Car habituée aux plongeurs, elle se laissait approcher très facilement. Devenue presque un animal domestique, elle affichait du coup une certaine vulnérabilité.
                                                                 
"Ne pas baisser la garde"
Ce nouveau cas de braconnage vient briser le moral des défenseurs de l’environnement. Le fait reste rare, même si sa fréquence est difficilement évaluable (voir encadré). "Je reste convaincu que le phénomène a baissé. C’est beaucoup moins simple qu’avant de braconner", avance le responsable. A la Réunion, les adeptes de ce genre de pratique doivent se compter sur les doigts de la main. Ils risquent gros : jusqu’à 10 000 euros d’amende et un mois d’emprisonnement, pour destruction d’espèce protégée. Depuis l’époque de la ferme Corail, où on pouvait le manger en toute légalité, l’animal a malgré tout gagné un statut privilégié. En 1981, les tortues sont classées à l’annexe 1 de la convention de Washington : le commerce international devient interdit. Localement, la réglementation se durcit véritablement en 1983 par arrêté préfectoral puis par arrêté ministériel en octobre 2005 : tout spécimen vivant dans le milieu naturel ne peut être capturé ou détruit. Aujourd’hui, la majeure partie de la population a pris le relais et défend bec et ongles le reptile. Une preuve : elle a adopté le réflexe d’appeler Kélonia en toutes circonstances. Mais une question demeure : comment convaincre les derniers irréductibles ? "Je me dis qu’il ne faut pas baisser la garde sur les efforts de sensibilisation que l’on mène. Ça fonctionne sur le long terme", selon Stéphane Cicionne. La répression se doit également d’être exemplaire. Sauf que le flagrant délit relève quasiment de l’impossible... Damien Frasson-Botton

Des faits connus rarissimes - Quelques cas de braconnage ont marqué ces dernières années. Du moins, ceux qui ont éclaté au grand jour. En décembre 2009, un saint-leusien jette son dévolu sur une tortue imbriquée. Après enquête, il sera interpellé par la brigade nature de l’Océan indien, un service de l’environnement placé sous la tutelle du ministère de l’écologie. Avant d’être jugé par le tribunal correctionnel. En janvier 2008, à Terre Sainte (Saint-Pierre), des enfants font la découverte d’une jeune tortue imbriquée, blessée par une flèche de fusil harpon. Baptisée Pomme, Kélonia l’a prise en charge, soignée, puis relâchée en compagnie des enfants. En octobre 2009, une tortue verte est retrouvée au Souffleur (Saint-Leu), présentant une blessure au niveau de l’épaule. Elle poursuit actuellement sa convalescence à Kélonia

Le 02/10/2010 vers 18h ... poignant et inéluctable.

Clicanoo.com - publié le 29 septembre 2010 - La terrasse d’un restaurant menace de s’effondrer à Saint-Gilles.

La terrasse du restaurant “l’Oasis des roches” est en sursis, sur la plage des Roches-Noires (Saint-Gilles). La faute à des travaux mal gérés par la commune, accuse le propriétaire. La mairie répond que cette construction est illégale.

Restriction sur les cocktails avec vue mer. Depuis une semaine, l’accès à la terrasse du restaurant “l’Oasis des Roches”, qui surplombe la plage des Roches-Noires, est interdite. Une brèche a déstabilisé le mur en béton qui porte une partie du restaurant. Conséquence visible : la terrasse menace de s’écrouler. Constatant le danger, la mairie de Saint-Paul a pris un arrêté pour y empêcher tout accès. Une mesure que le propriétaire avait lui-même anticipé. La fissure est apparue il y a dix jours, après un épisode de forte houle. Mais d’après le co-gérant du restaurant, les coups de boutoir de l’océan ne sont pas responsables de cette destruction. “Ce mur existe depuis 30 ans. Il en a vu passer des houles. Ce sont les travaux effectués sur la maison d’à côté qui ont créé cette fissure dans le mur”, accuse Pierre Navarro. Quelques semaines plus tôt, les services de la commune sont effectivement intervenus pour effectuer des travaux au niveau de la villa voisine du restaurant, une vieille maison en ruines, propriété du TCO. Une partie du mur devait être rabotée. D’où le recours à une tractopelle (sur la plage !) pour déblayer le terrain et sécuriser les abords. Mais d’après le restaurateur, les travaux ont été réalisés sans tenir compte des consignes d’un expert du BRGM. “Ils ont poussé les remblais vers notre mur, ce qui a créé la brèche”.
                                                     “CONSTRUCTION ILLéGALE”
Du côté de la mairie, on objecte que le propriétaire n’a pas à se plaindre, car l’extension du restaurant est illégale. “Cette terrasse empiète sur le domaine public maritime”, souligne Sophie De la Giroday. Des travaux réalisés à l’époque de l’ancien propriétaire, Paul Caro. “Nous n’avons pas construit sur la plage, nous avons récupéré le resto en l’état”, se défend Pierre Navarro, estimant ne pas avoir à payer “pour des conneries commises par d’autres”. Daniel Maillot, propriétaire de l’établissement, accuse clairement la commune : “Si le mur voisin avait été entretenu, nous s’en serions pas là. C’est l’abandon de la maison du TCO qui a mis en péril notre terrasse”. Sans terrasse, “l’Oasis des roches” doit réduire la voilure au niveau des couverts et du personnel. “Si ça traîne, on va être obligé de licencier des employés, quatre ou cinq sur une douzaine”, annonce Daniel Maillot. Si le propriétaire se dit prêt à entreprendre les travaux nécessaires, pas sûr que la mairie se précipite pour lui en donner l’autorisation. D’autant que le projet de réaménagement de l’esplanade des Roches-Noires, dont les travaux doivent démarrer l’an prochain, prévoit la suppression des murets qui ceinturent la plage. “Cette construction est illégale”, a répété hier matin Huguette Bello, en marge d’une visite de terrain à Saint-Gilles avec le préfet. Daniel Maillot ne compte pas en rester là. Il est en train de constituer un dossier avec l’aide d’un avocat. “Si la mairie ne prend pas ses responsabilités, je prendrai les miennes”. Voilà qui promet d’âpres discussions entre les deux parties. En attendant, un périmètre de sécurité a été installé autour du restaurant, obligeant les plagistes à un détour au sec. V.B.

- Roches-Noires : pourquoi la plage “fout le camp”    La situation de ce restaurant en sursis renvoie inévitablement à la problématique de l’érosion de la plage des Roches-Noires. Il y a 20 ans, les fameux rochers noirs étaient sur la plage. Ils sont aujourd’hui totalement immergés. Il y a 20 ans, les constructions étaient situées à 20 mètres du rivage. Aujourd’hui, il n’y a plus de place pour étendre une serviette entre le mur du restaurant et la mer. Et le poste des maître nageurs sauveteurs est inondé à chaque gros train de houle. C’est un fait, la plage des Roches-Noires fout le camp. Une expertise du BRGM fait état d’un recul de 60 cm par an. Comment en est-on arrivé là ? “Ce qui se passe actuellement ne me surprend pas, on le dénonce depuis dix ans”, commente Roland Troadec. Pour le chercheur au laboratoire géo-sciences de l’université, cette érosion progressive des Roches-Noires s’explique par la conjugaison de trois causes : “La construction du port qui a créé un obstacle au transit sédimentaire sud-nord, l’urbanisation à outrance de l’arrière-plage et la gestion de la ravine de Saint-Gilles après les crues, cet effet chasse d’eau qui pousse le sable vers le large”. La bande de plage est aujourd’hui réduite à une portion congrue de cinq mètres. “Tous les ans, après les houles, on a l’impression que la plage revient, mais il s’avère que les bilans sédimentaires sont constamment négatifs. La plage perd en épaisseur”, analyse Roland Troadec. Qui rappelle au passage que le fameux mur de l’Oasis s’est déjà effondré à trois reprises par le passé. Problème : à chaque reconstruction, le béton grignote un peu plus d’espace vers l’océan...   

Clicanoo.com - publié le 8 octobre 2010 - Le restaurant l’Oasis ne sera pas reconstruit à l’identique  

L’avenir du restaurant “l’Oasis des roches”, dont la terrasse s’est effondrée le week-end dernier, était au centre d’une réunion organisée hier en mairie de Saint-Paul. Présents autour de la table : le propriétaire, le DGS de la municipalité, des représentants du TCO, de la DDE et le secrétaire général de la sous-préfecture de Saint-Paul. Ce qu’il en ressort ? Deux versions selon les protagonistes. Pour l’avocat du propriétaire, Me Philippe Creissen, “la mairie a donné son accord pour une reconstruction du restaurant avant la fin de l’année. Des travaux vont être engagés en urgence pour refaire les murs de la bande de plage, dont le nôtre, que nous allons financer”. Autre son de cloche chez Alain Payet, qui annonce qu’il n’y aura pas “de reconstruction en l’état”. “On a entendu les arguments du commerçant, mais on ne peut pas se prononcer sur une reconstruction, déclare le DGS de Saint-Paul. À mon sens, la terrasse telle qu’elle est, c’est fini, même en l’absence de délimitation du domaine public maritime”.
                                                            Gare à la jurisprudence
La mairie a engagé une étude qui devra déterminer les meilleures solutions pour sécuriser le site. Les conclusions sont attendues en novembre. En attendant, le propriétaire est autorisé à lancer des travaux pour protéger les fondations existantes, et l’immeuble situé derrière le restaurant. Une solution provisoire qui devrait coûter dans les 100 000 euros. Reste que les représentants de l’Etat ont rappelé hier que le restaurant se situait sur l’emprise du domaine public maritime. “Aucun arrêté ne délimite ce périmètre”, objecte Me Creissen, qui rappelle “c’est l’Etat qui a vendu la parcelle à un privé il y a trente ans”. “Je ne vois pas comment on pourrait la supprimer aujourd’hui”, ajoute l’avocat, en annonçant qu’une procédure va être engagée pour obtenir des indemnités du TCO, accusé de ne pas avoir entretenu le mur de la villa voisine. Compliqué et sensible, ce dossier est parti pour se transformer en feuilleton. Car en cas de jurisprudence, les remous pourraient atteindre tous les autres restaurants construits en bord de mer... V.B.

Clicanoo.com - publié le 23 octobre 2010 - La moitié des balises en mer décrochée

Installées il y a moins d’un an, les balises flottantes censées délimiter la réserve marine hors lagon se décrochent tour à tour. Il n’en reste plus que 12 sur les 26 installées. La protection des sanctuaires devient délicate.

Il devient de plus en plus difficile d’identifier le périmètre de la réserve marine au large de la côte ouest. En 2009 pourtant, 26 bouées flottantes avaient été installées par la Diren à grands frais (plusieurs centaines de milliers d’euros). Sauf que le système d’attache n’est visiblement pas au point puisque 14 d’entre elles se sont déjà décrochées avant d’être tractées jusqu’au port-ouest. On se souvient qu’en août dernier, la fragilité de ces structures avait été mise en évidence à l’occasion du naufrage de trois plongeurs intervenus pour réparer l’une d’entre-elles à l’Etang Salé. Lestés par un corps-mort de 5 tonnes immergé par 15 à 50 mètres de fond, ces pylônes jaunes de 3 à 5 mètres de hauteur résistent en théorie aux mers les plus fortes à travers le monde. Sauf dans nos eaux et sur certaines côtes norvégiennes à cause de courants changeants, de houles spécifiques de vents contraires qui déstabilisent les systèmes d’accroche. Les mauvaises langues rappelleront néanmoins que des études avaient été engagées par la Diren avant leur mise en place. La Diren que nous n’avons pas réussi à joindre hier mais qui selon nos informations a déjà lancé un appel d’offres pour remplacer les bouées défectueuses.
                                                               Difficile de verbaliser
En attendant, ce sont les éco-gardes de la réserve qui jouent les vigies pour éviter que les plots jaunes ne partent à la dérive percuter un bateau ou s’échouer avec fracas sur la barrière de corail. Un véritable sacerdoce d’autant que l’absence de bouées dans de vastes espaces rend la surveillance compliquée pour les gardes. Certaines embarcations s’aventurent involontairement dans les sanctuaires et les braconniers de mauvaise foi plaident l’absence de signalisation lorsqu’ils sont interpellés en flagrant délit. Les éco-gardes comme les gendarmes de la brigade nautique sont moins à même de verbaliser les contrevenants. C’est donc la protection de la réserve qui est compromise par ces installations inadaptées. Sans compter que de nombreux actes de vandalisme ont déjà largement amputé le dispositif de signalisation à terre. À l’image du littoral saint-leusien où 13 des 15 panneaux d’information ont été détruits. La Diren ne transmettra l’intégralité de cette compétence au GIP de la Réserve seulement lorsque le dispositif sera en place et stable. Il semble qu’il y ait désormais urgence. R. Lt.

Clicanoo.com - publié le 4 novembre 2010 - La plage des Roches-Noires coupée en deux
Spectacle de désolation sur la plage des Roches-Noires, avec l’effondrement progressif du mur du restaurant l’Oasis. Aucun déblayage n’est programmé. Les autorités et le gérant continuent de se renvoyer la balle.
Circulez, on ne passe plus. Ou alors en nageant ! La plage des Roches-Noires est désormais coupée en deux. La terrasse du restaurant l’Oasis des Roches s’écroule un peu plus jour après jour. Au point que les ruines du mur envahissent aujourd’hui toute la bande de plage. Triste spectacle de désolation et mauvaise pub touristique pour l’un des sites les plus fréquentés de la station balnéaire. Un mois et demi que les riverains assistent à la décomposition du restaurant. La mairie de Saint-Paul a pris un arrêté de péril interdisant l’accès au site. L’établissement est fermé depuis le 1er octobre, contraignant douze employés au chômage technique. Depuis ? Personne ne bouge. C’est le statu quo total depuis une réunion entre le propriétaire de l’établissement, les services de la mairie de Saint-Paul et l’État, qui s’est tenue début octobre. “On est prêt à faire des travaux provisoires pour sécuriser le site. Mais on attend que la sous-préfecture de Saint-Paul nous y autorise en déterminant le soi-disant périmètre du domaine public maritime. On les sollicite en vain depuis plusieurs semaines. On n’a pas de nouvelle”, déplore Pierre Navarro, le gérant de la SARL. Qui maintient que l’effondrement de la terrasse a été provoqué par l’absence d’entretien de la clôture de la villa voisine du TCO. “Ce mur existe depuis trente ans, il en a connu des houles”, répète-t-il.
                                                         Dossier “complexe” pour la sous-préfecture 
Du côté de la sous-préfecture de Saint-Paul, on répond que le dossier “est complexe”, qu’il est en cours d’instruction. Les services sont en train d’analyser les documents d’urbanisme permettant de définir le domaine public maritime. Pour l’Etat, il ne fait aucun doute que l’établissement empiète sur cette fameuse délimitation. À ce titre, et compte tenu de l’érosion galopante du trait de côte, pas question d’envisager une reconstruction du mur de soutènement au même endroit. Le mois dernier, le propriétaire, Daniel Maillot, avait laissé entendre qu’il pourrait engager une action en justice pour demander des dommages au TCO. Rien n’a encore été fait en ce sens. Mais d’après Pierre Navarro, le recours à une procédure reste d’actualité “pour défendre les intérêts du propriétaire et du personnel”. En attendant, la ruine fait tâche. Il y a urgence. Car la saison cyclonique débute le 15 novembre prochain. Un gros épisode de houle pourrait détruire définitivement ce qu’il reste du restaurant. Et menacer l’hôtel situé derrière. V.B.
Clicanoo.com - publié le 18 novembre 2010 - Deux braconniers pris en flagrant délit dans la réserve marine
Les écogardes (*) de la réserve marine et la brigade de gendarmerie (DSMI) de Saint-Paul ont pris mardi en fin de journée deux hommes en flagrant délit de braconnage dans la réserve marine. Ces Saint-Gillois, des “habitués” selon la réserve, ont capturé entre 17 heures et 18 heures environ 15 kg de poissons (des perroquets, des carangues ou encore des capucins) sur la pente externe de la passe de l’Hermitage. Équipé de fusil harpon, palme, masque et tuba, l’un des deux compères chassait les poissons tandis que l’autre récupérait les prises sur un site interdit à la pêche sous-marine. Il a fallu mobiliser deux écogardes en mer avec leur bateau, le Zingad, et trois gendarmes à terre pour arrêter les deux hommes. L’un d’eux a même tenté de se soustraire aux forces de l’ordre en nageant 1,5 km entre la passe de l’Hermitage et les Villas du lagon. Outre la saisie de leur matériel et de leur pêche, ils risquent une amende administrative pouvant aller jusqu’à 1 500 euros. Avec le retour de l’été, les signalements de braconniers dans la réserve se multiplient. C’est un plagiste qui a signalé l’infraction mardi. Rappelons que les interdictions visent à protéger un patrimoine soumis à nombre de pressions
(*) L’équipe des écogardes compte sept hommes. Quatre sont déjà assermentés, les trois autres devraient l’être début 2011. Contact réserve marine : 02 62 34 64 44.
Clicanoo.com - publié le 24 novembre 2010 - "La réserve marine, ce ne sera bientôt que de l’eau chaude”

TRIBUNAL CORRECTIONNEL - Jean-Mary Leveneur, un Portois de 50 ans, est poursuivi pour avoir le 20 avril dernier à la Saline, pratiqué la pêche dans une zone interdite, en traversant la réserve naturelle de la Réunion. Ce jour-là, cet ancien pêcheur professionnel est surpris par un agent assermenté de la réserve qui prévient immédiatement les gendarmes. Interpellé à bord d’une embarcation baptisé Jade, environ à 200 mètres de la barrière de corail, le contrevenant n’hésite pas à traverser volontairement la zone de protection renforcée, réalisant une nouvelle infraction.

déja huit infractions récentes au compteur : on lui explique, mais…

L’homme est trouvé porteur de six kilos de poissons de différentes variétés. Le produit de la pêche et son matériel sont saisis. Particulièrement vindicatif lors de sa garde à vue, Jean-Mary Leveneur adopte le même comportement à la barre et nie carrément l’infraction. Les affaires maritimes, présentes à l’audience, notent que huit infractions ont été précédemment relevées contre le mis en cause avant son interpellation : “A chaque fois, on lui explique. Et l’on se demande à quoi il joue. Son comportement vient saper le travail des éco-gardes et c’est décourageant. Son cas est isolé et c’est pour y mettre fin que nous avons finalement saisi son bateau”. Le mis en cause poursuit sur sa ligne de défense : “La réserve marine est trop grande. Moi, je pêche pour nourrir ma famille”, explique le pêcheur avant de développer une argumentation nauséabonde anti-créole. Pour le vice-procureur Dominique Auter, ces arguments ne sont pas recevables. “C’est désolant de se retrouver face à des gens comme ça qui ne veulent pas reconnaître leurs torts. Les faits sont clairement établis par le dossier. Mais au final, il réagit comme un voyou. Il n’hésite pas à salir les autres pour se tirer d’affaire. Et aujourd’hui, il amène les choses sur un terrain puant en voulant vous faire croire qu’il s’agit d’un racisme anti-créole. Ça, c’est difficilement admissible, car cette réserve est créée dans l’intérêt de ceux qui vivent à la Réunion, créoles et autres Français. Aujourd’hui, on n’est pas loin d’un million d’habitants. Si tout le monde continue de pêcher, la réserve ce sera bientôt de l’eau chaude. La réserve, c’est pour sauver votre île. Et vos arguments sont franchement minables”. Le parquet demande une lourde peine, trois mois d’emprisonnement avec sursis simple, 8 000 euros d’amende et la saisie de son bateau.
                               “il n’a jamais eu de problèmes”, l’avocat demande la relaxe
Pour l’avocat du mis en cause, il est évident que la réserve doit être protégée mais son client a essuyé un refus de l’administration pour transporter des passagers dans son bateau et a développé un sentiment de persécution. “Ce n’est pas un voyou, il a été pêcheur professionnel et n’a jamais eu de problèmes. C’est pourquoi je vous demande de prononcer une relaxe”, plaide l’avocat. L’affaire a été mise en délibéré au 30 novembre. F.S.

Clicanoo.com - publié le 1er décembre 2010 - Pêche dans la réserve : amende, prison avec sursis et bateau confisqué
Jean-Mary Leveneur comparaissait la semaine dernière pour avoir pratiqué la pêche dans une zone interdite et plus particulièrement dans la zone de la réserve naturelle de la Réunion (voir JIR du 24 novembre). Hier après-midi, le tribunal a rendu sa décision. Il a été condamné à trois mois avec sursis et à 500 euros d’amende, à la confiscation de son bateau et à la publication du jugement dans les deux journaux de l’île.

Clicanoo le 24 décembre 2010 - Statu quo pour l’Oasis des Roches -
À quelques dizaines de mètres du port, la gueule béante de l’ex-Oasis des Roches barre toujours la plage des Roches Noires et le périmètre reste interdit, du moins en théorie. Car en réalité, impossible pour les MNS de faire appliquer l’arrêté municipal. Les blocs de roche continuent de bouger au fil des trains de houle, heureusement peu nombreux en cette saison. Et les touristes les enjambent pour rallier l’esplanade depuis la plage. Mais là encore, la saison cyclonique menace. En cas d’épisode météorologique majeur, la mer pourrait finir d’arracher les vestiges du restaurant et par la suite attaquer l’immeuble juste derrière qui abrite des locations saisonnières. Le DGS de la ville s’avoue quelque peu impuissant. “Je voudrai qu’on trouve une solution au plus vite mais la balle n’est pas dans notre camp, explique-t-il. C’est un problème de domaine public maritime”. Nous n’avons pu contacter hier ni le propriétaire des lieux ni le sous-préfet de Saint-Paul. Mais selon nos informations, les discussions entre les deux parties sont toujours au point mort.
R. Lt.

retour en haut de la page