LE RISQUE REQUIN 2011
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16h06 ... devant Cap-Noir; j'ai pensé à ça toute la journée et j'ai fait quelques photos

Clicanoo.re - publié le 20 février 2011 - Un requin arrache la jambe d’un surfeur
SAINT-GILLES-LES BAINS. Un surfeur a été la proie d’un requin hier, en fin de journée, sur le spot de Trois-Roches, à 300 mètres de la plage des Roches-Noires. C’est la première fois qu’une attaque se produit dans ce secteur.

“J’ai entendu quelqu’un crier dans l’eau. Quand j’ai vu la vague rouge, j’ai compris que c’était grave”. Sabine Gérard et son mari Guy, riverains de Grand-Fond, ont été les premiers témoins du drame. Il est 18 heures hier, en fin d’après-midi lorsqu’un surfeur est attaqué par un requin, sur le spot de Trois-Roches, que certains appellent aussi “Perroquet”. D’après les premiers témoignages recueillis sur place, la victime, un homme d’une trentaine d’années, arrivé dans l’île le matin même, se trouvait seul, derrière la barrière de corail, lorsque le squale l’a happé, à une trentaine de mètres du rivage. Alertés par les cris, un plagiste et un bodyboarder lui portent secours. Ils ont le bon réflexe de lui faire un garrot pour stopper l’hémorragie. “On l’a posé sur le surf puis on l’a porté jusqu’au bord”, rapporte le bodyboarder. Lorsque les pompiers de la Saline et l’équipe médicale du Smur arrivent sur place, rapidement rejoints par les gendarmes, le surfeur est conscient. Mais la blessure est sérieuse. Sa jambe a été sectionnée à hauteur de la cuisse. Le jeune homme est transféré en urgence vers l’hôpital Gabriel Martin de Saint-Paul. Impossible hier soir de savoir si ses jours sont en danger.
                                                                         Un spot souvent fréquenté
Chez les surfeurs et les riverains de Grand-Fond, c’est la stupéfaction. “C’est inquiétant. Il n’y a jamais eu d’attaque de squale ici, témoigne le réalisateur Rémy Tézier, qui faisait son footing sur la plage au moment de l’accident. Pas mal de surfeurs fréquentent ce spot, matin et soir. Le requin est animal imprévisible, on sait que le risque existe”. Hier, les conditions de vague étaient “belles”, d’après les observateurs. “La mer était agitée, l’eau était propre mais pas très claire. Pour autant, n’importe qui serait allé surfer”, juge Rémy Tézier. Un avis pas vraiment partagé par d’autres surfeurs présents sur place, pour qui la victime a fait preuve d’imprudence en prolongeant son trip jusqu’à la tombée de la nuit. La zone n’est pas réputée pour être infestée. Mais depuis les fortes pluies de ces dernières semaines, plusieurs pêcheurs auraient signalé la présence en nombre de requins pointe blanche au large des Roches-Noires. “Avec l’eau sale déversée par les ravines, on sait que le risque est multiplié, rappelle Mathieu Schiller, ancien champion de bodyboard, venu aux nouvelles. Pour autant, il ne faut pas diaboliser. On a plus de chances d’avoir un accident de la route que de se faire attaquer par un requin”. Hier soir, les gendarmes de la brigade nautique de Saint-Leu devaient inspecter la zone comprise entre Roches-noires et Boucan Canot. Cet épisode risque de raviver la psychose liée aux squales. La dernière attaque remonte à mars 2010, du côté de Saint-Benoît. Un surfeur avait échappé de justesse à une morsure en se protégeant avec sa planche.     Vincent Boyer

- Pas la première attaque - La dernière attaque de requin remonte au 27 mars 2010. Elle avait eu lieu à Saint-Benoît, sur le spot du Butor. Un surfeur de 34 ans s’était fait attaquer à deux reprises. L’homme s’était défendu avec sa planche qui portait des traces impressionnantes de l’agression. Il s’en était sorti avec des blessures légères au niveau de la hanche. Le 6 juillet 2007, un jeune bodyboarder de 17 ans regagne la plage de Boucan Canot en boitillant. Il vient de se faire attaquer par un requin. Un MNS comptera “trois trous sur le dessus de la cuisse” du jeune homme ainsi qu’un autre plus gros au niveau du genou. Il était venu affronter les vagues de plus de 2,5 mètres de hauteur avec ses amis. Plus récemment, le 24 janvier dernier, la plage de Saint-Pierre est évacuée par les autorités après qu’un nageur a aperçu un requin marteau d’environ un mètre en plein milieu du lagon.

Photo choc sur le Quotidien ... Des pêcheurs
devant Cap-Noir ?
Les commentaires sur "Clicanoo" ...

“L’eau sale attire les requins”      
 “Des requins traînent au large des Roches-Noires”

Clicanoo.re - publié le 22 février 2011 - Un requin bouledogue capturé au large des Roches-Noires
Des pêcheurs de Saint-Gilles ont capturé un requin bouledogue de 250 kilos au large de la plage des Roches-Noires, dans la zone où un surfeur a été attaqué la veille. Les défenseurs de l’environnement s’en offusquent. L’auteur de la prise estime avoir agi, “par sécurité”, dans l’intérêt des usagers.

Grosse effervescence dimanche soir sur les quais du port de Saint-Gilles, après la capture d’un squale de 3 mètres, à quelque 300 mètres du rivage, dans la zone du spot de Trois-Roches. Là même où un surfeur a perdu une jambe suite à l’attaque d’un requin, samedi, en fin de journée.
                                                                        Indignation
S’agit-il du même animal ? “Fort probable”, estime Christophe Pery, l’auteur de la capture, qui a initié cette séance de chasse au requin, en compagnie de deux amis surfeurs, Jean-François Nativel et Cédric Bornarel. “On n’en aura jamais la certitude, mais on est nombreux à savoir que ce requin bouledogue rôdait dans les parages depuis un an. Le bouledogue est l’un des requins les plus potentiellement dangereux pour l’homme. Lui ou un autre, ça fait un danger de moins pour tout le monde”, commente Christophe Péry. Dès leur retour à quai, les pêcheurs ont dépecé l’animal pour retrouver la trace d’un éventuel membre. “Y avait rien dans l’estomac. Pas surprenant, car on sait qu’ils ont l’habitude régurgiter leur proie”. Interdit à la vente, le requin capturé a été découpé et distribué à la sauvette à des amateurs. L’initiative et les conditions de cette expédition punitive n’ont pas manqué de susciter des réactions d’indignation parmi les défenseurs de l’environnement. Fanch Landron, président de l’association Squal’idées, désapprouve cette “réaction prise à chaud, qui n’est pas responsable en terme d’écologie et d’éthique”. “Même si ça fait suite à un événement tragique, il n’y a aucun intérêt à vouloir éradiquer une population qui joue un rôle important dans la biodiversité. Des requins, il y en aura toujours”, rappelle le spécialiste. Du côté de la réserve marine, on estime également que cette chasse spontanée n’est pas “la meilleure réponse”. “Il vaut mieux travailler amont sur la prévention, en installant par exemple des panneaux de signalisation devant les spots”, suggère Emmanuel Teyssier, le directeur de la réserve.
                                                                            “Une réaction de père de famille”
Face aux voix qui dénoncent une incitation à la pêche sauvage, Christophe Péry se défend : “C’est une réaction de pêcheur, mais aussi de surfeur et de père de famille. Cet animal, je le répète, avait été observé à plusieurs reprises. On se doutait qu’il passerait à l’acte un jour. L’accident de samedi a été le déclencheur. Si cette capture peut sécuriser un peu plus l’endroit, tant mieux. Pour les baigneurs mais aussi tous les usagers de la station balnéaire. Vous imaginez les conséquences au niveau économique et touristique si une autre attaque avait lieu dans la foulée”. Signalons que le requin bouledogue n’est pas une espèce protégée. Il n’est donc pas interdit de le pêcher, hors périmètre de la réserve marine. Le touriste attaqué samedi est toujours hospitalisé à l’hôpital Gabriel Martin de Saint-Paul. Ses jours ne seraient pas en danger, mais il reste sous surveillance. Il s’agit d’un infirmier libéral originaire de Marseille, père de trois enfants, qui envisageait de venir s’installer dans l’île. Selon l’évolution de son état de santé, un rapatriement sanitaire vers la métropole est prévu en fin de semaine . V.B.

Clicanoo.re - publié le 23 février 2011 - Polémique après la capture du requin
Fallait-il capturer un requin après l’attaque dont a été victime samedi soir un surfeur de 32 ans ? Pour les pêcheurs, qui ont vogué sur l’émotion, ça ne fait aucun doute. Pour les experts, ceux qui connaissent bien l’océan et les squales, ce geste est dénué de sens.

Le requin, objet de craintes, de légendes renforcées par le célèbre film Les dents de la mer. Un plongeur sourit : “Si quand le film est sorti on m’avait dit que je deviendrai moniteur de plongée, j’aurais dit hors de question.” Puis, l’âge, le recul et la découverte de l’océan faisant le reste, il s’est rendu compte par lui-même que sous l’eau, il n’y avait pas UN méchant gros requin dont l’obsession est de manger de la chair humaine. Notamment parce que les plongeurs croisent peu les requins. Il y a de nombreux squales tout à proximité des rivages mais le paradoxe réunionnais — contrairement à d’autres régions du monde — c’est que les espèces rencontrées autour de l’île sont discrètes. Difficiles à observer. Une palanquée, avec son chapelet de bulles, aura pour effet de faire fuir les requins. En revanche, chasseurs et, on l’a, hélas, vu, surfeurs côtoient parfois ces prédateurs des océans. Faut-il pour autant exterminer, liquider les squales qui approcheraient des côtes ?
                              Des dizaines voire des centaines d’individus au large de St-Gilles
Dans nos colonnes hier, les pêcheurs du requin bouledogue de Saint-Gilles disaient : “On n’aura jamais la certitude qu’il s’agit du requin qui a attaqué le surfeur, mais on est nombreux à savoir que ce requin bouledogue rôdait dans les parages depuis un an.” Lui ou un autre. Ou même beaucoup d’autres puisque selon Gery Vangrevelynghe, spécialiste des squales, des requins bouledogues, “il y en a des dizaines voire des centaines dans les eaux de l’île. La réaction des pêcheurs traduit une méconnaissance du milieu. Cette pêche et l’attaque sont deux événements distincts. Nous ne sommes déjà pas sûrs que le requin qui a mordu le surfeur est un requin bouledogue.” Et de poursuivre : “Si les règles de sécurité étaient respectées (lire par ailleurs N.D.L.R.), beaucoup d’accidents seraient évités. Il faut aussi qu’une étude soit menée à la Réunion pour mieux les connaître. On sait qu’il y a environ 35 espèces de requins. Mais on ignore leur nombre exact. Il faut les observer. Savoir ce qu’ils mangent, comment ils se comportent.” En somme, dépasser l’émotion de l’accident et approfondir sur le sujet.
                                             Faire croire que le requin capturé est dangereux
Gery Vangrevelynghe continue : “Les requins bouledogues ne sont pas là par hasard. Ils sont indispensables à l’écosystème marin. Quand on pèche un requin bouledogue, on perturbe un équilibre qui a mis des millions d’années à se faire.” C’est également l’avis de Fanch Landron de l’association Squal’idées, qui hier, dans nos pages, désapprouvait cette pêche : “C’est une réaction prise à chaud qui n’est pas responsable en terme d’écologie et d’éthique. Il n’y a aucun intérêt à vouloir éradiquer une population qui joue un rôle important dans la biodiversité. Des requins, il y en aura toujours.” À Hawaï, autre île volcanique où les requins passent parfois à l’attaque, “on n’en est plus à vouloir tuer tous les requins. On a remarqué que ce n’était pas une solution”, note Gery Vangrevelynghe. Parce que ce genre d’opération coup de poing n’est pas sans risque. “On fait croire aux baigneurs qu’il n’y a plus de requins dans l’eau et les gens sont moins vigilants, ne respectent plus les consignes de sécurité. C’est là que des accidents arrivent.” Car c’est bien ce qu’ont fait ces pêcheurs en affirmant au lendemain de la capture du squale : “Cet animal avait été observé à plusieurs reprises. On se doutait qu’il passerait à l’acte un jour. Si cette capture peut sécuriser un peu plus l’endroit, tant mieux. Pour les surfeurs mais aussi pour tous les baigneurs de la station balnéaire.” Un discours qui pourrait presque faire oublier toutes les consignes de sécurité sous prétexte que LE requin a été pêché. C’est sans compter sur les autres ailerons qui peuvent apparaître n’importe quand au large de Saint-Gilles. Nicolas Goinard

Clicanoo.re - publié le 23 février 2011 - Le requin des Roches-Noires a-t-il payé pour Tony Meilhon ?
À bien écouter les paroles des trois pêcheurs prenant fièrement la pose devant leur trophée, le coupable a été châtié. Il faudrait donc les féliciter d’avoir débarrassé les gentils surfeurs et les innocents baigneurs des Roches-Noires de l’abominable monstre des mers. Réagissant à des demandes venues “du monde entier”, selon l’un d’eux, ils ont donc pris les habits de courageux justiciers, dimanche soir, pour aller traquer la bête et la terrasser. On aura beau parler de “réactions de père de famille” ou encore “d’intérêts économiques et touristiques” à sauvegarder, cette partie de pêche nocturne ressemble bien à une expédition punitive. À l’époque où l’on érige la protection de l’environnement en projet de société, où la sauvegarde de la biodiversité devient un enjeu mondial, où l’on n’en finit pas de célébrer l’entrée de la Réunion au patrimoine mondial de l’Humanité, il est frappant de constater à quel point tous les interdits écologiques ont été franchis dans l’allégresse. C’est un peu comme si, d’un coup, toute l’imagerie des “Dents de la mer” était remontée à la surface pour dicter au trio de pêcheur de prendre les armes. Ce type de réaction a quelque chose de dérangeant. Avant tout parce qu’il est motivé par un instinct de vengeance et fonctionne selon les règles effroyables de l’hystérie collective. Le plus inquiétant reste quand ces phénomènes de peur sont utilisés par le pouvoir. Au début du mois, c’est bien Nicolas Sarkozy qui a qualifié de “monstre” Tony Meilhon, le meurtrier de Laëtitia Perrais à Pornic. En confondant monstre et comportement monstrueux, le chef de l’Etat ne fait rien d’autre que d’aviver ces basses pulsions réclamant l’élimination physique des pires criminels de nos sociétés. En criant “Que la bête meurt”, on exacerbe un climat de vindicte populaire dont l’histoire regorge d’épisodes aussi tragiques que grotesques. Jérôme Talpin

Clicanoo.re - publié le 24 février 2011 - Capture du requin bouledogue : les pêcheurs étaient-ils dans la réserve marine ?
Après la capture dimanche d’un requin bouledogue au large de Saint-Gilles, le parquet a décidé de vérifier si les pêcheurs n’ont pas trouvé l’animal dans la réserve marine. Une enquête préliminaire a donc été ouverte par le vice-procureur Dominique Auter, “pour vérifier un certain nombre de choses et savoir comment la capture s’est déroulée. Finalement, nous ne savons pas exactement où elle a eu lieu.” Les trois pêcheurs avaient mené une expédition punitive anti-squale pour répondre à l’attaque dont a été victime un surfeur de 32 ans samedi. Mais étaient-ils dans les clous ? La réserve marine s’étend du cap La Houssaye à l’Etang-Salé, découpée en plusieurs zones. La partie de pêche de dimanche pourrait s’être déroulée dans une de ces zones. Pour en avoir le cœur net, les pêcheurs seront entendus dans les jours qui viennent par les gendarmes de la brigade nautique. S’il est avéré qu’ils sont passés à l’action dans la réserve, ils encourent une forte amende. N.G.

Clicanoo.re - publié le 26 février 2011 - Le pêcheur justicier de Saint-Gilles entendu par les gendarmes
Le squale pêché dimanche soir face aux Roches-Noires à Saint-Gilles a été découpé, distribué et, certainement, digéré. Mais il fait encore parler de lui. Il pourrait même coûter cher à Christophe Pery, pêcheur et justicier d’un soir, qui avait sauté dans son bateau au lendemain de l’attaque d’un surfeur par un requin. Il a agi en “père de famille”, a-t-il déclaré dans notre édition de mardi, “pour la sécurité”. Christophe Pery a été entendu jeudi par les gendarmes de la Brigade nautique. Les militaires cherchent à savoir si le requin a été prélevé dans la réserve marine qui s’étend en plusieurs zones entre le cap La Houssaye et l’Etang-Salé ou si le pêcheur était dans les clous. Dans le premier cas, le pêcheur encourt une forte amende. D’autres vérifications sont en cours pour voir si les papiers de Christophe Pery sont en règle. D’autres auditions vont avoir lieu dans les jours qui viennent. Les deux surfeurs qui accompagnaient le pêcheur sur son embarcation seront donc aussi entendus. Des ennuis qui feront certainement réfléchir ceux qui auraient envie de traquer tous les requins de la Réunion la prochaine fois qu’un surfeur se fait attaquer par un squale.

Clicanoo.re - publié le 27 février 2011 - Attaque de requin : le sauveteur raconte
Une semaine après l’attaque de requin à Grand-Fond, l’homme qui a sauvé le surfeur a accepté de raconter son expérience. Alerté par un autre surfeur, Laurent, 33 ans, (notre photo) s’est jeté à l’eau sans savoir ce qu’il se passait sur la barrière de corail.


Vous étiez sur la plage lorsque l’attaque à eu lieu...     Oui j’étais avec mon fiston, on ramassait des coquillages comme souvent en fin d’après-midi. Et puis j’ai entendu quelqu’un appeler au secours. Il me faisait des grands signes et m’indiquait une direction sur la gauche. J’avais le soleil dans les yeux, je ne voyais pas grand-chose. Et j’ai fini par voir une main se lever, comme sortir de la barrière de corail. Puis j’ai vu l’autre mec en bodyboard aller vers lui.
Vous vous êtes donc mis à l’eau aussitôt sans savoir ce qui se passait...     
A ce moment-là, je dis à mon fils d’aller jouer un peu plus loin et je commence à nager. Je pense qu’il est coincé entre des patates de corail, j’ai la chance de connaître le lagon devant chez moi, je réfléchis pas, j’y vais. Le bodyboarder a dû arriver une ou deux secondes avant moi. Et au moment où je commence à me relever, sur la barrière, je tombe sur lui, à moitié inconscient. La première chose que je vois, c’est son visage. Puis je tombe sur la plaie et le sang... C’est là que je comprends.
Quel est votre réaction à ce moment-là ?     Là je dis à l’autre mec de me donner son lycra et je fais tout de suite un garrot au niveau de l’aine. On est toujours dans l’eau, sur la barrière. Puis on le met sur le bodyboard pour le ramener le plus vite possible.
Comment pense-t-on à faire le bon geste au bon moment dans ces circonstances ?     
Je ne sais pas. Je suis personnel navigant commercial dans l’aérien. On est formé au secourisme mais bon... Non, je vois le sang, je fais un garrot c’est tout. Si j’avais attendu d’être hors de l’eau pour le faire, il était mort.
Avez-vous vu le requin ?      Quand je suis arrivé sur la barrière, j’ai levé la tête vers le large, vers le tombant qui est à 4 ou 5 mètres derrière. J’ai peut être vu quelque chose mais... Non, en fait, je ne sais pas.
Avez-vous parlé avec la victime ?     Au moment où je fais le garrot, il me dit : “C’est un requin, il m’a mordu, j’ai plus de jambe, je lui ai tapé sur la gueule”. Et puis là il perd plus ou moins connaissance sur le retour. Je lui dis : “Non, il faut tenir jusqu’à la plage”. Mais plusieurs fois, il se sent partir. “Eh ! Non, tu tiens, tu tiens”... Il a vraiment été fort.
Vous le ramenez donc sur la plage...     Oui, quand on revient, on voit des gens qui commencent à s’attrouper, qui ont compris. A quelques mètres du bord, ils amènent un longboard qui va servir de brancard. Les gens commencent à téléphoner.
On imagine que tout ça va très vite...      Ben, le film est vite fait, c’est sûr. Il a dû être mordu vers 18h05, j’ai posé le garrot vers 18h10 ou 12, c’est ce que j’ai dit aux secours ensuite, je crois. Et puis, après tout s’enchaîne, les pompiers, le Smur, etc.
Vous ne vous êtes pas encore revus. C’est prévu ?       Non, mais il l’a demandé et je l’ai déjà eu au téléphone. J’attends que sa femme m’appelle.
Comment appréhendez vous la rencontre ?     Un camarade est souvent passé me voir les jours qui ont suivi l’attaque. J’avais beosin de parler. Il m’a conseillé d’aller le voir pour m’aider un peu à digérer tout ça (...) Ce sont des pensées pesantes.
Vous surfez vous-même depuis de nombreuses années. Sans entrer dans une quelconque polémique, pensez-vous que les surfeurs, touristes notamment, sont suffisamment informés, sensibilisés ?      Disons que nous les locaux, on connaît. Maintenant est ce que les touristes nous demandent des conseils sur les marées, les courants, les différents dangers. Je ne sais pas, je ne crois pas.
Vous êtes retourné surfer depuis ?      Non, je n’en ai pas envie pour le moment. J’y retournerai mais dans de bonnes conditions. Avec sûrement plus de prudence encore que jusqu’à maintenant.     ITW : Romain Latournerie

Clicanoo.re - publié le 28 février 2011 - Un requin affole encore les Roches Noires
Une semaine après l’attaque d’un surfeur à Grand Fond, la nouvelle apparition d’un squale a semé la panique hier matin aux Roches Noires. Spot évacué, plage déserte. La psychose s’installe.

Loi des séries ou conditions maritimes spécifiques, les requins affolent la Réunion comme rarement. Huit jours exactement après l’attaque du surfeur de Trois Roches, à Grand Fond, c’est aux Roches Noires qu’un squale de plus de 2 mètres a fait son apparition aux alentours de 9h30 hier matin. Une douzaine de surfeurs au line-up et surtout deux autres prêts à se mettre l’eau observent la scène. “J’étais assis là-bas, sur le banc, face au spot quand je l’ai vu. Il nageait pile dans la zone d’impact des vagues, dans moins d’un mètre d’eau. Il n’y avait pas de vent, l’eau était assez claire. Je l’ai vu entièrement, de la queue à la tête. Il faisait plus de 2 mètres c’est sûr et certain. Son aileron dépassait d’au-moins 20 cm hors de l’eau. Il est passé tout doucement, droit vers les surfeurs qui étaient à 20 mètres de lui maximum. On a eu le temps d’apprécier la situation, c’est pas une hallucination cette fois c’est sûr”. Brice qui surfe là depuis plus de 15 ans, se dit traumatisé. “Honnêtement je ne pensais pas que c’était possible. Les Roches noires c’est terminé”.
                                                    “Il faisait au moins 2m50”
Pendant que le jeune homme tente d’avertir ses homologues dans l’eau, une voiture de gendarmes passe sur la route juste derrière. Un autre témoin les interpelle. Les forces de l’ordre font aussitôt retentir la sirène et lancent l’alerte depuis le haut-parleur du véhicule. Les surfeurs regagnent immédiatement la plage. “Dès qu’on a entendu la sirène et qu’on a vu les surfeurs paniquer, on a compris tout de suite ce qu’il se passait” raconte cette fois un MNS. “On a commencé à scruter le plan d’eau et on l’a vu nous aussi. Les deux ailerons, bien distants l’un de l’autre. Il faisait au moins 2m50 et 200 à 300 kilos. On a hissé tout de suite le drapeau rouge”. Selon les témoins, pendant que les derniers hommes arrivaient sur la plage, le requin avait déjà fait demi-tour, en direction du nord. Aucune tâche particulière sur les nageoires, pour les différents témoins, il ne s’agit pas d’un requin pointe-blanche mais plus certainement d’un bouledogue. “J’ai eu l’impression qu’il avait exactement la même gueule que celui qui a été pêché l’autre jour” assure l’un d’entre eux. Avant la mi-journée, l’esplanade des Roches Noires était par conséquent quasi déserte et la plage totalement vide.
                                                      “Seulement des hypothèses”
Mais les quelques surfeurs encore présents, tout comme les rares commerçants ouverts au dialogue exprimaient leur incompréhension face à cette recrudescence d’apparitions sur toute la côte ouest. A mesure que la peur commence à gagner certains, beaucoup cherchent des explications : une turbidité de l’eau qui s’éternise après les fortes pluies d’il y a trois semaines et des requins qui prennent donc leurs habitudes tout près des côtes ? Des bouées de signalisation qui se transforment avec le temps en mini DCP et qui attirent les squales ? Des pêcheurs qui rejettent leurs déchets beaucoup trop près des plages ? Difficile de trancher. “Tout ce qu’on sait , c’est qu’on ne sait rien” résume Fanch Landron pour l’association Squal’idées. “On a aujourd’hui seulement des hypothèses qui demandent à être vérifiées scientifiquement (voir par ailleurs). Surtout dans le contexte actuel. Dans tous les cas il ne faut pas se laisser aller à la panique. Il y a très régulièrement des observations sur des sites touristiques aux Seychelles ou à Maurice, il ne faut pas stigmatiser la Réunion”. Seule certitude, l’apparition d’hier matin est venue prouver aux défenseurs des pêches punitives que le requin tué le lendemain de l’attaque n’était pas le seul dans la zone. “On ne peut pas enlever tous les dangers de la mer” estime Fanch Landron. L’évacuation hier montre également que la cohabitation n’est pas forcément violente lorsque les règles élémentaires sont respectées.        Romain Latournerie

Clicanoo.re - publié le 20 avril 2011 - Attaque de requin : le surfeur marseillais “rêve de remonter sur une planche”

Rentré chez à lui à Lavéra dans les Bouches-du-Rhône, Éric Dargent, 34 ans, le surfeur qui avait eu la jambe gauche arrachée par un requin le 19 février dernier à Grand-Fond, a entamé un long travail de rééducation qui pourrait durer plus d’un an. Dans une interview accordée au journal La Provence, ce père de deux enfants de 7 et 12 ans raconte son épreuve pour se reconstruire et vivre avec son handicap. “C’est difficile. J’ai encore mal, je suis des traitements très lourds et il m’arrive de craquer, de pleurer. “ Au moment de l’accident, Éric Dargent se trouvait “dans l’eau depuis environ deux heures”. “J’avais décidé de rejoindre la plage. Je n’ai rien vu, ni aileron, ni même un mouvement autour de ma planche. Soudain, un requin m’a attaqué par-dessous et m’a attrapé la jambe. Je me suis débattu. Je l’ai frappé. Il a alors tenté de me tirer vers le fond. J’ai résisté. Il a lâché. J’ai senti qu’il n’y avait plus de tension. “ Éric Dargent confie à La Provence qu’il souhaite retrouver son activité professionnelle d’ici à la fin de l’année. Mais ce qui lui “manque le plus, c’est l’eau ! “ “Je ne rêve que de remonter sur une planche, de surfer à nouveau.” Un rêve qui nécessite une prothèse spéciale pour le surf. L’association ASSE (Association de soutien au surfeur Éric) créée par Mylène, la cousine du jeune homme, travaille pour récolter des fonds qui serviront à financer cette prothèse.   

Clicanoo.re - publié le 7 juillet 2011 - “Le requin était énorme”
On a frôlé le pire hier aux Roches-Noires. Arnaud Dussel, 16 ans, a été chargé par un requin alors qu’il surfait sur le spot des Roches-Noires, à 50 mètres du rivage. Heureusement, l’adolescent s’en sort indemne. C’est la troisième attaque de squale en zone balnéaire depuis le début de l’année. L’inquiétude grandit au sein de la communauté des surfeurs.

14 h 50 hier après-midi aux Roches-Noires. Agitation soudaine sur le spot du banc de sable. Les huit surfeurs qui sont à l’eau regagnent le bord en même temps, à toute vitesse. L’un d’eux vient d’être attaqué par un requin. Les maîtres nageurs se portent à son secours à bord d’un jet ski. La victime est indemne, mais choquée. Sa planche a été sectionnée au niveau de l’arrière. Une cinquantaine de plagistes assistent à la scène. Arnaud Dussel, 16 ans, habitant de Saint-Gilles-les-Bains, est pris en charge par les pompiers de Saint-Paul. 90 minutes plus tard, le voilà de retour sur le spot. Remis de ses émotions, l’adolescent témoigne.

Arnaud, raconte-nous ce qu’il s’est passé . J’étais à l’eau depuis une vingtaine de minutes, au niveau du banc de sable. Un requin est venu taper sous ma board, il m’a fait tomber. J’ai réagi en le repoussant avec mon pied. Il m’a lâché, je crois que ça l’a fait fuir. J’ai vu que ma planche était coupée en deux, j’ai appelé à l’aide. J’ai vu les autres surfeurs sortir de l’eau. Les MNS sont venus me chercher. Tout est allé très vite.
Tu n’as pas été blessé ? Non. J’ai juste une égratignure sur le pied, mais c’est à cause de la planche.
As-tu aperçu le requin ? Je n’ai vu que son ventre gris, pas la gueule. Il était énorme.
Le drapeau était rouge, l’eau trouble. Il y avait des risques, non ? Même quand l’eau est claire, il peut y avoir des requins. C’est leur habitat naturel, pas le nôtre. On risque à tout moment de se faire attaquer.
Tu as conscience de revenir de loin ? Oui, j’ai eu énormément de chance. C’est impressionnant à vivre. Mais ça va déjà mieux. Plus de peur que de mal finalement.
Tu comptes retourner à l’eau prochainement ? Quand il y a drapeau rouge, peut-être pas. Mais le temps d’oublier, oui. J’y retournerai d’ici quelques jours. Je suis encore un peu choqué, mais pas traumatisé. Le surf, c’est ma passion. J’en fais depuis dix ans.       Vincent Boyer                    

Clicanoo.re - publié le 8 juillet 2011 - Pourquoi tant d’attaques ?
Sur le port de Saint-Gilles, la nouvelle attaque de requin survenue mercredi aux Roches-Noires occupe tous les esprits. Chacun y va de son hypothèse pour expliquer ce phénomène préoccupant : des incursions de squales à répétition et si près des côtes. Faute d’étude scientifique, pas de réponse, sinon des pistes .
-Un effet réserve. C’est l’explication la plus répandue. De l’avis de la communauté scientifique, les mesures de préservation de l’environnement initiées il y a quinze ans portent leurs fruits. L’écosystème s’est enrichi et affiche une plus grande diversité.

« Il y a eu amélioration de l’état général, le milieu se porte mieux », avance Bruce Cauvin, responsable éducation et sensibilisation au sein de la réserve marine. D’où cette recrudescence des requins. « C’est le dernier maillon de chaîne alimentaire, il suit les autres, il n’y a pas de doute, la réserve joue beaucoup dans ce phénomène, il ne faut pas aller chercher ailleurs », atteste Joël Mussard, spécialiste de la pêche au gros à Maévasion (Saint-Gilles). Par ailleurs, le pouvoir attractif de la ferme aquacole en baie de Saint-Paul revient souvent dans les discussions. Ce site regorgerait de requins.
-Le retour des tortues. « Entre 2003 et 2011, le nombre de tortues a été multiplié par quatre », indique Stéphane Ciccione. « Malgré tout, cette population reste faible ». Le reptile, très apprécié par les squales, contribue à leur présence. « Le requin s’attaque aux faibles ou aux individus en train de s’accoupler », explique le directeur de Kélonia.
-Des bouées devenues DCP. Les bouées jaunes qui marquent les limites de la réserve marine sont très prisées des pêcheurs. Ils y trouvent leurs appâts. Une véritable vie s’y est développée en quelques années, renfermant même de beaux spécimens. Les requins apprécient.
-Les déchets rejetés en mer. Autre facteur qui pourrait jouer un rôle dans ces multiples apparitions de requins : le rejet des restes de poissons près des côtes, voire directement dans le port de Saint-Gilles. Selon les usagers, il n’est pas rare de voir flotter des têtes de thons et des tripes de poissons près du spot. Que fait la capitainerie ?
-Moins de pélagiques. C’est une autre explication à vérifier. Selon Christophe, pêcheur depuis 20 ans, « les squales se rapprochent car il y a moins de pélagiques au large ». Et de poursuivre : « Il y a moins de poissons en règle générale car l’eau s’est refroidie ».
-Des pluies abondantes. Cet hiver austral se caractérise par des conditions météo particulièrement médiocres. « D’habitude, il pleut moins », certifie Nicolas Glélé, responsable du club de plongée O’sea bleu. Qui dit pluies, dit ravines chargées, mer sale et eaux troubles. Les tigres en raffolent.
-Les ravines qui dégorgent. Les spots de Boucan-Canot et Roches-Noires sont directement exposés au déversement des ravines après les fortes pluies. L’eau sale et les déchets, on le sait, attirent les requins. Aux Roches, nombre d’usagers s’interrogent sur la permanence d’eau boueuse à la sortie du port. Certains mettent en cause le détournement désormais systématique du lit de la ravine Saint-Gilles vers l’océan, via le creusement d’un chenal.
-Des trains de houle exceptionnels. Nouvel élément à prendre en compte : cette année, les trains de houle s’étirent en longueur, d’où l’activité quasi nulle des clubs de plongée. « Mis à part un créneau samedi et dimanche, on n’est pas sortis depuis une semaine », regrette Nicolas Glélé. « D’habitude, les trains de houle durent deux ou trois jours ». D’où une turbidité accrue des fonds marins.
-Une loi des séries. « Il n’y a jamais rien de sûr en matière de nature ! ». Jean-Louis, pêcheur, se refuse à toute supputation sur la présence soutenue des requins. « Peut-être qu’il y en a toujours eu autant près des côtes. Sauf qu’il y avait moins de surfeurs. Moi, je pense que ce phénomène est cyclique, il s’est déjà produit », estime-t-il.
La pression humaine. Sept écoles de surf se partagent le spot de Trois-Bassins, quatre évoluent aux Roches-Noires… En 10 ans, leur nombre a doublé. La pratique s’est considérablement étendue. A tel point que certains sites saturent et affichent des fréquentations record. Une journée de mars 2010, 76 amateurs ont été observés en simultané à Trois-Bassins. C’est élémentaire : plus de monde à l’eau, plus de risque d’attaque.    Damien Frasson-Botton

Clicanoo.re - publié le 13 juillet 2011 - Réunion dédiée au risque requin
Mercredi dernier, le jeune surfeur Arnaud Dussel était victime d’une attaque de requin sur le spot des Roches-Noires. Le troisième accident du genre en moins de cinq mois dans la zone balnéaire. Présente sur place, la députée-maire annonçait publiquement son intention de réunir une table ronde pour prendre en compte le risque requin. De la parole aux actes, les choses n’ont pas traîné. Une semaine plus tard, l’heure et la date du rendez-vous sont fixés : ce sera le lundi 25 juillet, à 14h30, en mairie.
                                         “METTRE EN COMMUN LES CONNAISSANCES”
Une trentaine d’invitations ont déjà été envoyées aux collectivités compétentes, ainsi qu’aux professionnels et associations œuvrant dans le milieu marin : préfecture, gendarmerie, IRT, Région, TCO, Réserve marine, Tamarun, Omar, Vie océane, aquarium, Ifremer, amodiataires du port, comité des pêches, ligue de surf, ligue de voile, etc. “La liste n’est pas close, fait savoir le cabinet de la députée-maire. Si d’autres acteurs sont intéressés, ils sont les bienvenus”. Le jour fera date, puisqu’il s’agit de la toute première réunion dédiée au risque requin à la Réunion. “Ce sera l’occasion de mettre en commun les connaissances scientifiques et pratiques pour se donner les moyens de mieux gérer ce risque”, explique Gina Hoarau, directrice de la sécurité à la mairie de Saint-Paul. L’objectif étant d’arriver à terme à des solutions. “Certaines sont immédiates et faciles à mettre en œuvre, d’autres demandent plus de temps, et sont plus coûteuses. Il faudra être cohérent dans les choix”, poursuit la responsable. Cette table ronde était réclamée de longue date par tous les professionnels et usagers de la glisse, très marqués par cette recrudescence d’attaques de squales. V.B.

Clicanoo.re - publié le 25 juillet 2011 - Risque requins : Saint-Paul s’organise
Cet après-midi à l’hôtel de ville de Saint-Paul étaient rassemblés pour une réunion de travail plusieurs acteurs du monde de la mer. L’ambition de cette table ronde : remédier aux attaques de requins qu’a récemment connu l’île, en réfléchissant ensemble aux actions à mener.
A la table de réunion, cet après-midi, Huguette Bello, députée-maire de Saint-Paul, Thomas Campeaux, sous-préfet de Saint-Paul, des commerçants de bords de plage, des maîtres-nageurs, des responsables de l’Observatoire marin... Tous tentaient, lors de cette table ronde, de donner leurs avis et idées afin d’éviter les scénarii vus récemment dans les eaux réunionnaises, entre hommes et requins. Après plusieurs heures de discussion, les membres de la table ronde ont fait un compte-rendu de leur séance. Une réunion de travail qui aboutit à ... d’autres ateliers de travail, trois pour être exact. Alors, pour des réponses rapides, ça ne sera sûrement pas pendant ces vacances-là. "La prochaine réunion de travail est prévue pour la rentrée", a précisé le sous-préfet, Thomas Campeaux.     Johanne Chung To Sang

Clicanoo.re - publié le 13 septembre 2011 - Un des pêcheurs du requin devant la justice
L’un des trois pêcheurs qui avaient capturé “le requin” de Saint-Gilles en février dernier est convoqué aujourd’hui au palais de justice de Saint-Denis pour s’expliquer sur des infractions liées à son bateau. Le pêcheur sera jugé selon la procédure dite du plaider-coupable. Les trois pêcheurs avaient mené une expédition punitive anti-squale pour répondre à l’attaque dont a été victime un surfeur de 32 ans. Une enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet de Saint-Denis pour connaître dans quelles conditions avait eu lieu cette capture.

Clicanoo.re - publié le 14 septembre 2011 - Amende avec sursis pour le pêcheur de requin
Le juge de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité du tribunal correctionnel a homologué hier la peine de 2000 euros avec sursis proposée par le parquet à l’encontre du Saint-Gillois qui s’était illustré en pêchant un requin bouledogue le 20 février dernier, au lendemain de l’attaque d’un surfeur par un squale. Instigateur de cette expédition punitive qui avait suscité l’émoi, il était poursuivi par la juridiction de Saint-Denis, non pas pour avoir précisément tué le requin, mais pour diverses irrégularités concernant son embarcation et son statut de pêcheur professionnel : absence de rôle d’équipage, non-renouvellement du titre de navigation et absence de licence de pêche professionnelle en réserve naturelle. Des infractions qui lui valent une peine d’avertissement, occasion de lui rappeler solennellement que la chasse aux requins, qui plus est de manière illicite, n’est pas la solution retenue par les autorités françaises pour endiguer la recrudescence des attaques constatée depuis le début d’année.

Clicanoo.re - publié le 21 septembre 2011 - Le corps de Mathieu Schiller introuvable, la préfecture prépare une pêche au requin.
Les recherches pour retrouver le corps de Mathieu Schiller sont restées vaines hier. Un hommage lui sera rendu ce soir à Boucan. De son côté, la préfecture prépare une pêche préventive au requin.

Toujours aucune trace du corps du bodyboarder victime d’une attaque de requin lundi après-midi, sur le spot de Boucan-Canot. Hier, les autorités ont maintenu un important dispositif de recherches : pompiers plongeurs, brigade nautique, deux vedettes de la SNSM et un hélicoptère de la gendarmerie ont quadrillé la zone balnéaire, appuyés sur terre par des patrouilles des gendarmes de Saint-Paul. Sans succès. Les moyens ont été levés vers 17h. Seul fait notable de la matinée : l’observation aérienne de deux “gros squales”, à la pointe de Boucan, a provoqué l’évacuation de sept MNS qui avaient décidé de se joindre aux opérations de recherches, en palme masque tuba pour certains, armés d’un fusil de chasse pour d’autres. La veille déjà, des pompiers avaient dû interrompre leurs plongée après avoir été approchés par un requin de type bouledogue. “Ils sont remontés en catastrophe car ils s’estimaient en danger”, rapporte une source proche de la brigade de Saint-Gilles. Même si l’espoir de récupérer la dépouille est désormais quasi nul, le Cross devrait déployer aujourd’hui un dispositif de recherche réduit (pompiers, gendarmerie nautique). Avec des plongées, si les conditions le permettent.
                                            “On ne cachera rien à personne”
Côté administratif, le préfet Michel Lalande a demandé aux services compétents (la Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement, DEAL) de préparer d’ici demain l’organisation d’une pêche préventive d’espèces dangereuses et non protégées (requin tigre, bouledogue et mako). Pas d’ambiguïté. Par prélèvements, on parle bien de pêche, comme nous l’a confirmé hier après-midi le directeur de cabinet du préfet. “Il ne s’agit pas d’organiser une chasse sauvage du requin mais de cibler les espèces dont on connaît la dangerosité, dans un cadre précis et clair”. Qui procédera à cette pêche ? Que fera-t-on de l’animal ? Pas de détails pour l’heure. La préfecture s’en remet aux propositions de la DEAL, attendues “d’ici demain soir au plus tard”. “On ne cachera rien à personne, indique Benoît Huber. Les conditions de ces prélèvements seront exposées publiquement, en concertation avec les professionnels et dans le respect de la réglementation de la Réserve”. L’opération pourrait se dérouler dès la fin de semaine ou ce week-end, dans la partie du littoral comprise entre Boucan-Canot et Roches-Noires, là même où se sont déroulées les quatre attaques de l’année. On voit mal les autorités faire appel à d’autres intervenants que des pêcheurs professionnels. “On ne prendra pas le premier cow-boy venu”, ironise Benoît Huber. De son côté, la communauté des surfeurs se mobilise. Un groupe d’usagers doit se rendre aujourd’hui à la Région pour demander “la mise en œuvre rapide” des mesures de protection formulées par une étude de l’Ifremer en 2007. “Pas question d’attendre six mois les conclusions des ateliers alors que des préconisations concrètes existent, comme la pose de drums-line près des spots”, explique Gilles Robert, membre de l’association Océan prévention Réunion. A Boucan, l’émotion reste vive. Sur l’esplanade, à la terrasse des snacks, la disparition tragique de Matthieu Schiller revient dans toutes les conversations. Ses proches ont prévu de lui rendre hommage, cet après-midi, à 17h, à l’occasion d’une marche silencieuse. Nul doute que toute la communauté des surfeurs sera au rendez-vous.     Vincent Boyer

Clicanoo.re - publié le 21 septembre 2011 - Les pêcheurs : “On en voit de plus en plus”
Les pêcheurs de Saint-Gilles sont formels. Oui, la population de requins a augmenté dans les eaux réunionnaises depuis cinq ans. Oui, les spécimens se rapprochent davantage des côtes. “On en voit de plus en plus dans la bande des 500 mètres”, témoigne George Chaussalet, 40 ans de pêche au compteur. Des monstres de trois mètres qui montent sur les appâts, c’est même assez fréquent, plus en tous cas qu’il y a dix ans”. Même constat chez les professionnels de Bourbon fishing club : “Il y en a toujours eu au large, mais ces derniers mois, on observe qu’ils transitent plus près des côtes”, commente Noël, responsable des réservations au sein du club.
                                                            “Ouvrons la Réserve”

Comme bon nombre d’usagers, Georges Chaussalet estime que cette recrudescence est sans doute liée à la mise en place de la Réserve marine. Plus de pélagiques, plus de proies potentielles pour les prédateurs. “Si on lui laisse un garde-manger près des côtes, le requin vient, c’est sûr”. “Avant la mise en place de la réserve, se souvient Georges, les gars avaient déjà l’habitude de pêcher des bouledogues dans 30 mètres de profondeur”. Guylain Moutama confirme lui aussi une multiplication de squales à l’entrée du port de Saint-Gilles, “dans la zone des bouées”. L’attaque de Boucan ne le surprend pas. “Ce qui est arrivé à Mathieu est triste, mais on n’a pas cessé de prévenir les autorités, confie le porte-parole des amodiataires de Saint-Gilles. Ça fait des années qu’on réclame de rouvrir la pratique d’activités nautiques dans la partie comprise entre Saint-Gilles et Boucan. Tout le monde sait que le bruit des jets et des bateaux fait fuir les requins”. Les professionnels sont-ils prêts à participer à la pêche préventive annoncée par le préfet ? “Si c’est pour sécuriser les spots, pourquoi pas ? répond Georges Chaussalet. Il est temps de mettre un terme à cette série d’attaques meurtrières. Pour autant, il ne faut pas se faire d’illusions. On ne parviendra jamais à éradiquer totalement le risque”
. V.B.

Clicanoo.re - publié le 21 septembre 2011 - Le rôle de la réserve marine sur les attaques ? “La question reste posée !”
Les dernières attaques survenues sur nos côtes restent entourées d’un mystère pesant. Pourquoi sont-elles concentrées entre les Roches-Noires et Boucan-Canot alors même que les squales sont présents tout autour de l’île ? Pourquoi une telle fréquence ? Géry Van Grevelynghe, médecin devenu spécialiste des requins, tente avec nous de décrypter cette tendance.

Il n’y a aucune certitude. Que des suppositions. Des éléments de réponse. Faute de mieux. Faute d’étude claire. À cause du paradoxe réunionnais. Notre île est cernée par les requins. On dénombre pas moins de 47 espèces dans l’océan indien autour de nos côtes. Mais leur observation est rare. Extrêmement rare. On ne sait pas comment ils se déplacent. Comment ils vivent. Où ils chassent. Un mystère entourant les squales à La Réunion qui pousse Géry Van Grevelynghe, médecin et spécialiste des requins, à dire : “Les marquer, c’est ce qui aurait dû être fait en premier.” Géry Van Grevelynghe a écrit une thèse sur le sujet des requins à La Réunion en 1994. “J’ai commencé à m’intéresser aux squales en Polynésie. Mais là-bas, l’approche n’est pas la même. Il s’agit d’un peuple marin. Et il ne s’agissait pas des mêmes espèces de requins. Les accidents étaient bénins et concernaient des chasseurs.”
                                         Thierry Mercredi, 16 ans, décède aux urgences
En arrivant à La Réunion, le médecin découvre un autre phénomène. Alors interne au Centre hospitalier Gabriel-Martin à Saint-Paul, en juin 1992, il voit arriver sur la table d’opération le jeune Thierry Mercredi. Âgé de 16 ans, le bodyboarder est à moins de dix mètres de la plage au niveau du Cap Marianne et s’apprête à s’élancer dans un rouleau, quand un requin surgit et le blesse au niveau de l’artère fémorale. Il décède aux urgences. Après ce drame, Géry Van Grevelynghe décide de se documenter. Il fouille les archives hospitalières, interroge ses collègues et découvre que ce genre d’événement n’est pas rare à La Réunion. Il recense les attaques, questionne les professionnels de la mer. “Je suis d’abord allé voir les clubs de plongée. Mais j’ai été surpris. Les plongeurs que j’ai rencontrés m’ont expliqué qu’ils ne croisaient jamais de requins. Par contre les chasseurs disaient en voir souvent.”
                              Nouveaux phénomènes : la fréquence et la concentration des attaques
Il identifie rapidement les endroits à risques. Il y a l’Est, le Sud sauvage. Et le Barachois à Saint-Denis. Le lieu est à l’époque, dans le milieu des années 90, fréquenté par les véliplanchistes. Deux attaques mortelles, en 1994 et 1995, et le site est interdit aux activités nautiques. Elles ne reprendront jamais à cet endroit. “L’eau au Barachois est toujours marron et favorise la présence de requins comme les bouledogues” note Géry Van Grevelynghe. C’est cette espèce, avec le requin-tigre, qui cause depuis longtemps beaucoup de soucis sur nos côtes. Le requin-bouledogue aime évoluer en eau trouble. Même s’il y a toujours eu des attaques à La Réunion, aujourd’hui, deux nouveaux phénomènes s’ajoutent : toutes les attaques recensées cette année ont eu lieu sur une même zone allant des Roches-Noires à Boucan-Canot et elles sont, pour les trois dernières, dont les deux mortelles, très rapprochées dans le temps. Des éléments qui poussent à chercher des explications. Y a-t-il un groupe de requins sédentarisés dans cette zone ? Les attaques sont-elles le fait de mêmes individus ? Géry Van Grevelynghe, comme tout le monde, n’a, pour l’heure, pas de réponse. Juste des questions. Notamment sur le rôle la réserve marine dans l’installation de requins à proximité de nos côtes.
                                    “Étonnant que la chaîne croisse sans le principal prédateur”
“La question reste posée. Chacun s’accorde à dire que la réserve est un succès. Ce serait étonnant que toute la chaîne augmente sans le prédateur principal. Mais la réserve s’étend jusqu’à Saint-Leu et de ce côté-là, on n’a pas observé d’attaque.” Quant aux éventuelles imprudences des surfeurs, elles n’expliquent pas tout selon le médecin. Les facteurs favorisant des attaques sont connus : mise à l’eau au en fin de journée, dans une mer troublée, sale. Mais ces facteurs connus ont été mis à mal par des drames survenant en milieu de journée par exemple, dans une eau pas forcément sale. “Parfois les victimes ont été imprudentes. Mais d’après les informations que j’ai eues, le surfeur victime de l’attaque lundi n’a pas été imprudent. Pendant longtemps, on a estimé que les accidents avec les requins étaient dûs aux imprudences et, donc, on n’a rien fait” explique Géry Van Grevelynghe. Et de poursuivre en réponse aux attaques dont a été victime la députée-maire Huguette Bello, traitée d’assassin : “Aucun élu ne s’est intéressé à ce sujet. Elle a été la première et la seule à s’en préoccuper.” Juillet 2011 a donc marqué un tournant avec le premier “atelier requin”. Désormais, pour le spécialiste, la pire des solutions serait l’organisation d’une chasse aux requins, à l’image des prélèvements organisés aux Seychelles suite aux deux attaques mortelles de cet hiver et qui se sont transformés en gigantesque carnage avec la capture d’une quarantaine de squales. Ceci pour découvrir au final qu’aucun de ces requins n’était en cause dans les attaques.         Nicolas Goinard

Clicanoo.re - publié le 21 septembre 2011 - Les jet-skis pourraient revenir dans la réserve marine
Critiquée par les surfeurs, les pêcheurs et quelques spécialistes de l’environnement pour favoriser la présence de requins, la réserve marine pourrait prochainement assouplir certaines de ses règles. Le retour des jet-skis dans des zones clairement identifiées est privilégié.

“Il y a un mangeur d’hommes qui rode dans l’Ouest”. En prononçant ces paroles la semaine dernière lors d’une interview sur les écoles de surf, ce moniteur ne se doutait certainement pas qu’un requin repasserait à l’attaque si rapidement. Mais depuis le début de l’année, la hausse des agressions a convaincu les surfeurs d’une chose : les requins sont plus nombreux à roder à proximité des côtés. Et pour beaucoup, le premier responsable est le parc marin. Créé en 2007, celui-ci s’étend sur 40 kilomètres, du Cap la Houssaye à la Roche aux oiseaux à l’Etang-Salé, et représente une surface de 3 500 hectares. C’est la plus grande réserve naturelle marine de France. Et si elle a permis de préserver et de développer la biodiversité grâce à de multiples interdictions, elle aurait également favorisé la présence des requins, selon de nombreux surfeurs et certains spécialistes de l’environnement marin. “On est dans un garde-manger, s’énerve Bruno Valverde, professeur de surf. En interdisant la pêche dans toute cette zone, la chaîne alimentaire s’est reconstituée à vitesse grand V et les requins sont plus nombreux. On a lâché des tortues il y a 20 ans qui reviennent aujourd’hui pondre sur nos côtes. Tout ça favorise la présence des requins. Et je ne parle pas des bouées délimitant la réserve située à 50 mètres derrière les vagues…” Aucune étude n’a toutefois jamais été réalisée pour prouver l’impact de la réserve marine sur la présence des requins.
                                         “FAVORABLE À UN ASSOUPLISSEMENT”
Celle-ci n’envisage pas de s’encombrer ou d’attendre les résultats d’une éventuelle enquête pour agir. Hier, Fabienne Couapel-Sauret, vice-présidente de la Région ainsi que du GIP du parc marin a annoncé plusieurs mesures dont la pose de sark-shields (voir par ailleurs). Elle a surtout préciser que le parc pourrait être amené à assouplir sa réglementation, très stricte aujourd’hui. “Je suis favorable à un assouplissement pour permettre de sécuriser les activités nautiques, explique-t-elle. On peut, par arrêté préfectoral, modifier le règlement du parc. Des mesures peuvent être prises très rapidement. Les shark-shields en sont une. Dans un deuxième temps on peut aussi autoriser les jet-skis à circuler dans certaines zones précises, mais certainement pas dans les lagons, évidemment. Aujourd’hui, cette solution est en bonne voie”. De par leur bruit et leur va-et-vient, les jet-skis pourraient être un moyen permettant de limiter la présence de requin. La présence des jet-skis et autres véhicules à moteur est aujourd’hui interdite dans les zones de protection renforcée de la réserve marine, soit 45 % de sa surface totale. Les principaux spots de surfs se situent dans cette zone de protection.      J.-Ph.L. et L.M.

Clicanoo.re - publié le 23 septembre 2011 - Pêche au requin : Les braconniers déjà en action
Certains usagers ont visiblement décidé d’anticiper, à leur façon, les “prélèvements” de squales annoncés par le préfet. Hier matin, les plongeurs de la brigade nautique côtière et les éco-gardes du Parc marin ont saisi une palangre de pêche à 20 mètres du rivage de Boucan, là même où le bodyboarder Mathieu Schiller a été victime d’une attaque lundi dernier. Hameçon, bonite vivante, câble d’acier et bouée de surface, il y avait là tout le matériel nécessaire à une pêche au gros. L’objectif ne fait guère de doute : chasser le requin au cœur de la réserve marine.
                                              LE “VERDON” VEILLE AU GRAIN
“Cet acte est un délit au regard du code de l’environnement”, rappelle un éco-garde. Cette palangre flottante a sans doute été installée dans la nuit de mercredi à jeudi, après la levée des patrouilles marines. L’œuvre d’un plaisancier, ou plus sûrement d’un professionnel, au vu du dispositif installé. Voilà qui devrait inciter les autorités à renforcer la vigilance dans le secteur. Le Verdon, bateau de la gendarmerie maritime, doit patrouiller aujourd’hui dans la zone des Roches-Noires pour veiller au respect de l’arrêté préfectoral interdisant toute activité nautique dans la bande des 300 mètres, tandis que pompiers plongeurs et agents de la brigade nautique continueront à sillonner le secteur de Boucan, avec l’infime espoir de retrouver le corps du bodyboarder disparu. V.B.
Clicanoo.re - publié le 25 septembre 2011 - L’Aquarium a dû abattre son requin bouledogue trop agressif -
La direction de l’Aquarium de Saint-Gilles, qui était demeurée injoignable vendredi lorsque nous avions tenté de la contacter pour rédiger l’article paru dans notre édition d’hier, a refait surface samedi pour nous préciser la raison réelle de la disparition de deux de ses requins. Ceux-ci n’ont donc pas été relâchés. « Le requin bouledogue présent dans le grand aquarium a été capturé par des pêcheurs de Saint-Paul en 2007. Il était alors juvénile, mesurait environ 60 cm. En juillet de cette année, il est devenu agressif envers les autres hôtes du bassin et s’est attaqué en une semaine à un poisson et au requin pointe noire qui ont succombé à leurs blessures. Les biologistes de l’Aquarium ont décidé d’intervenir rapidement et le requin bouledogue a dû être abattu. Il mesurait alors 1,50 m. Cet événement a été consigné dans le livre de soins vétérinaires. Il était évidemment hors de question de remettre un requin bouledogue agressif et vivant en mer suite aux événements qui avaient eu lieu quelques semaines auparavant », explique la directrice, Sophie Durville. Clicanoo.re - publié le 24 septembre 2011 - L’aquarium de Saint-Gilles relâche un bouledogue et un pointe noire -

Clicanoo.re - publié le 27 septembre 2011 - La chasse aux squales dangereux est lancée -
Le préfet a présenté hier la stratégie réunionnaise pour réduire le risque requin. La mesure la plus spectaculaire reste le lancement de la campagne de prélèvements de squales dangereux. Malgré de grosses incertitudes sur son efficacité, elle a démarré. Deux pêcheurs professionnels sont mandatés pour traquer jour et nuit jusqu’à jeudi minuit, un maximum de dix spécimens.
La traque aux squales dangereux est ouverte depuis minuit et pendant trois jours. Cette campagne, promise la semaine dernière après l’émoi causé par la mort de Mathieu Schiller, n’est emprunte d’aucun “esprit de vengeance”, prévient le préfet. Michel Lalande précise “il n’y a aucune passion mais pas d’angélisme non plus”. La chasse, les autorités préfèrent le doux euphémisme de prélèvements, n’est pas sauvage.
                                          Grosses interrogations sur l’efficacité
Un arrêté préfectoral en précise les limites. Jusqu’à jeudi minuit, jour et nuit, deux pêcheurs professionnels saint-gillois (lire ci-contre) sont mandatés pour traquer dix spécimens maximum de requins bouledogue et tigre. Bertrand Galtier, directeur de la Deal (1) et auteur du rapport sur lequel s’appuie cette décision, s’explique sur cette limitation : “Selon les indications des gens de mer, c’est le nombre de requins dangereux qui pourraient s’être sédentarisés et qui pourraient être à l’origine des attaques”. Il ajoute : “On ne va pas non plus éradiquer ces espèces. Ce sont des nettoyeurs. Leur rôle dans la chaîne alimentaire est essentiel. Leur absence pourrait avoir de graves conséquences sur le milieu”. Les pêcheurs, qui embarqueront à bord des observateurs (Brigade nature de l’océan indien ou Réserve marine), relâcheront les spécimens de moins de 1,50 m. Ces derniers seront également marqués. Ceux qui dépasseront cette taille limite seront dépecés et des analyses génétiques seront menées à partir de prélèvements effectués. Leur chaire est interdite à la vente. Les deux pêcheurs œuvreront entre le Cap La Houssaye et la plage des Brisants jusqu’à 3 km des côtes (2). L’opération vise clairement à éliminer des requins. Le rapport de la Deal n’exclut pourtant pas que les spécimens “prélevés pourraient ne pas être ceux à l’origine des attaques”. Il ajoute : “Le prélèvement sera réellement efficace si les requins à l’origine des attaques sont sédentarisés et en nombre limités”. En clair, les captures pourraient n’avoir aucun effet sécurisant sur les usagers de la mer. Malgré cette grosse incertitude sur l’efficacité du remède préconisé, l’opération, “la seule action possible en l’état des choses” avoue le préfet, est approuvée par les élus, dont la députée-maire de Saint-Paul, et la communauté des surfeurs. Le préfet rappelle par ailleurs que le “risque requin est endémique à La Réunion” comme en témoignent les 32 attaques, dont 16 mortelles, comptabilisées depuis 1980. Il ajoute que le “risque zéro, lui, n’existe pas”. Quoi qu’il en soit, un bilan de l’opération est prévu dès vendredi. En fonction des résultats de cette opération, cette pêche, qui reste exceptionnelle et ponctuelle, pourrait être reconduite.   Bruno Graignic

(1) Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement. (2) Cette pêche impose l’interdiction dans la zone et sur trois jours de toute présence de navire, de tout engin de plage ainsi que des activités de baignade, de plongée ou de pêche sauf pour rentrer et sortir du port de Saint-Gilles dans un périmètre bien délimité.

- Les autres mesures de riposte
La stratégie de défense du risque requin intègre également des mesures à long terme. Côté études, afin de réunir et approfondir “un savoir aujourd’hui très atomisé” selon le préfet, les scientifiques vont plancher sur la population de requins côtiers mais aussi sur les moyens de protection. La création d’un comité réunionnais permanent de réduction du risque requins est également prévue ainsi qu’un appel à la coopération régionale lors du conseil des ministres de la commission océan Indien dans une semaine.
- Des renforts pour la surveillance des plages
Autre mesure annoncée hier par les autorités, le renforcement des effectifs au niveau des postes de secours des plages. La mairie de Saint-Paul a obtenu de l’État et de la Région le financement d’agents en contrats aidés qui viendront en appui des maîtres nageurs sauveteurs. “Ils interviendront pour donner des informations aux touristes et aux baigneurs”, précise Huguette Bello. Ces médiateurs de la mer devraient notamment être chargés de communiquer autour de la nouvelle signalétique spécifique au risque requin, qui doit être mise en place dans les prochaines semaines. Expérimenté dans un premier temps à Saint-Paul, ce dispositif est appelé à s’étendre aux plages de Trois-Bassins, Saint-Leu et Saint-Pierre.
- “Des décisions sans les pêcheurs”
Le président du comité des pêches, Jean-René Enilorac n’était pas aux anges avec la décision prise par la préfecture. Il aurait bien vu l’instauration de licences de pêche et une ouverture bien plus large pour la pêche aux requins dangereux. Le choix de deux uniques pêcheurs au gros suscite la polémique dans le milieu et attise les jalousies. Leur prestation serait facturée 2 500 euros par jour. Quoi qu’il en soit, Jean-René Enilorac rappelle que les pêcheurs après avoir “fourni les renseignements sont exclus des débats et des décisions”. Il ajoute : “On est les plus concernés”. Il affirme également que les petits pêcheurs ont remarqué depuis des années une augmentation de la population de requins sur le plateau de Saint-Paul. “Ils sont responsables d’une déprédation de 60 % à 70 % des captures dans cette zone”. Le périmètre est déserté par les petits pêcheurs du coup. Ces derniers ne s’attaquent pas aux requins, leur chair se négociant à vil prix.

publié le 30 septembre 2011 - Clicanoo.re - Un premier requin pêché, et maintenant ?
Les pêcheurs missionnés par le préfet ont tué hier matin un premier requin, face à la plage de Boucan-Canot. Une prise qui ne change rien à la situation : la zone n’est pas pour autant sécurisée et les plages restent fermées. Les opérations pourraient reprendre dans une ou deux semaines.

    Après deux jours de disette, les deux bateaux affrétés par la préfecture pour éliminer les requins de Boucan-Canot ont changé de stratégie. Départ dès 4 heures du port de Saint-Gilles hier matin pour profiter de la fin de nuit. Stratégie gagnante puisque Magnum, piloté par Jean-Louis Baroche, a remonté le premier requin de cette campagne au lever du jour. La bête de 2,40 m pour 160 kg, une femelle bouledogue, a mordu juste en face de Boucan, à hauteur des bouées, là où les deux bateaux traquaient les squales depuis 48 heures.
                                         DES ANALYSES GÉNÉTIQUES À VENIR
     
L’animal s’est fait prendre sur une palangre à laquelle était accrochée une carangue. Un dispositif qui n’avait mystérieusement pas fonctionné jusque-là. Une fois à bord, l’animal a été transporté jusqu’au port ouest où un camion-grue avait été positionné à proximité des entrepôts de la Sapmer.Du quai, le requin a été déplacé jusqu’aux locaux de l’ARDA. Une vétérinaire et des ichtyologues* ont procédé à son autopsie. Des gendarmes de l’identification criminelle et un médecin légiste étaient également présents, au cas où des restes humains auraient été retrouvés dans l’estomac. La présence d’os a d’ailleurs accrédité un temps cette hypothèse avant que les scientifiques ne lèvent le doute et évoquent plutôt les restes d’un chien. “Le contenu stomacal classique d’un animal charognard”, confirmera plus tard Thomas Campeaux, le sous-préfet de Saint-Paul. Des organes ont été prélevés malgré tout et confiés à des représentants de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), en vue de futures analyses génétiques en métropole. Le représentant de l’Etat a estimé que le squale était “l’un des requins ciblés par l’opération”, mais il semble toutefois assez peu probable qu’il s’agisse de l’un des gros squales observés dans les heures et les jours suivant l’accident. Des touches sur un gros spécimen, hier après midi encore, laissent en effet penser que des requins de taille bien supérieure évoluent encore dans la zone. Quoi qu’il en soit, le bilan de cette campagne de prélèvements reste en deçà des attentes préfectorales. Thomas Campeaux a une nouvelle fois tenté d’expliquer hier ces résultats médiocres. Un contexte difficile du point de vue technique (présence de bouées, de corail, etc.), des requins effarouchés par la première journée de pêche, une mer peu favorable par la suite et une mauvaise configuration lunaire, selon les informations récoltées auprès des pêcheurs eux-mêmes.
                                                PAS DE PÊCHE CE WEEK-END
     
La question de la poursuite des opérations se pose donc plus que jamais. Hier matin, le sous-préfet n’a pas apporté de réponse définitive mais a fait savoir que l’opération ne serait pas prolongée dans l’immédiat, comprenez ce week-end. La semaine prochaine en revanche ? “On y réfléchit”, a-t-il simplement répondu, renvoyant à un point presse prévu ce soir pour une réponse plus précise. “Pour le moment, nous sommes partagés entre notre souhait de renouveler et d’intensifier l’opération et le fait que la période ne semble pas favorable”. La prochaine nouvelle lune pourrait être privilégiée. Une décision sera également annoncée ce soir sur la réouverture ou non, et dans quelles conditions, des zones de baignade condamnées depuis maintenant onze jours. Les commerçants la réclament à cor et à cris car les vacances scolaires débutent demain. L’arrêté d’interdiction lui se termine officiellement ce soir à 23 h 59. Romain Latournerie                * Scientifiques, spécialistes des poissons.

Clicanoo.re - publié le 1er octobre 2011 - La chasse au requin s’arrête -
L’opération de pêche préventive ne sera pas reconduite, même si les autorités confirment que la menace requin est “avérée” dans la zone de Boucan-Canot. La réouverture des plages est prévue lundi, sous conditions.
Ils étaient prêts à en “prélever” dix. Ils s’en contenteront finalement d’un seul. La préfecture ne renouvellera pas dans l’immédiat la chasse aux requins effectuée ces trois derniers jours. Mais elle en tire des “enseignements importants”. Un, que le danger demeure, car la présence des squales est “avérée à proximité des zones de baignade”, en particulier sur le site de Boucan-Canot (voir encadré). Deux, qu’il est urgent de lancer des études pour “mieux connaître l’espèce et agir sur la sécurité des baigneurs”, dixit le secrétaire général de la préfecture. De quoi rassurer les usagers...
                                           Hélicoptère et patrouilles nautiques
À l’heure du bilan, soucieux de défendre le bien-fondé des mesures prises après la dernière attaque qui a coûté la vie au bodyboarder Mathieu Schiller, Xavier Brunetière souligne que “cette opération de prélèvements ciblés n’avait pas d’objectifs quantitatifs”. “Le chiffre de dix requins était un plafond, pas une cible”, nuance le numéro 2 de la préfecture, en expliquant “qu’à ce stade, il n’est pas nécessaire de la reconduire”. En revanche, les autorités n’excluent pas le recours à de nouvelles prises dans le cadre des études scientifiques à venir. Plus soft cette fois. “Ils seront marqués puis remis en mer”. À croire que les pressions des lobbyistes anti-pêche ont pesé. “Notre action s’inscrit dans la durée”, retient Xavier Brunetière, en soulignant le financement des études - objet d’une signature hier avec la Région - et la création du comité réunionnais du risque requin. Quid du présent ? Le drapeau rouge reste en vigueur ce week-end sur les plages de Boucan-Canot et Roches-Noires.
Mais la municipalité de Saint-Paul envisage une levée de l’interdiction ce lundi, “sous conditions” et sous très haute surveillance. Des patrouilles nautiques sont prévues toute la journée dans les zones de baignade ainsi qu’un survol en hélicoptère. Sauf alerte, rien n’interdira aux surfeurs de se jeter à l’eau. Bien que provisoire, ce dispositif - emprunté à ce qui se fait en Afrique du Sud et en Australie - préfigure, d’après la mairie, les décisions du prochain “atelier prévention” prévu mercredi prochain. On parle de la mise en place d’un drapeau spécifique requin et d’une signalisation permanente sur les spots de surf les plus fréquentés de la côte. Dans les prochaines semaines, les moyens d’intervention des MNS vont être renforcés par un Zodiac, deux jet-skis et des shark shields. Une quinzaine de médiateurs des plages seront recrutés, en contrats aidés, pour sensibiliser les usagers. Et l’IRT va éditer des brochures de prévention à destination des touristes. “Rien ne sera plus comme avant, promet Emmanuel Séraphin. Notre approche de la sécurité va changer”. De la bonne volonté, des précautions, mais rien de concret, en l’état, pour endiguer le spectre désormais obsédant d’une nouvelle attaque.           Vincent Boyer

Clicanoo.re - publié le 6 octobre 2011 - « J’ai hurlé dix minutes, ma pagaie à la main »
Jean-Pierre Castanelli, racontez-nous les circonstances précises de cette attaque.
J’étais à 400-500 mètres de la bouée jaune, la PG1, je naviguais normalement quand le requin a attaqué côté flotteur. Il est monté sur le flotteur et il a mordu. J’ai paniqué complètement, j’ai armé la pagaie et je lui ai mis un coup. Il l’a pris sur la tête et il s’est barré. J’ai chaviré à ce moment-là, le tronc de la pirogue était à l’envers et n’avait pas encore coulé, il y avait un trou uniquement. J’avais les fesses dans l’eau et les jambes sur le flotteur. Je suis resté dix minutes en train de dériver, j’ai hurlé pendant 10 minutes avec la pagaie à la main. Mais à un moment, j’ai quitté le bateau parce que la pagaie dérivait. J’ai été la chercher pour l’avoir comme arme, après je suis remonté vite fait sur le bateau et je l’ai attendu. J’ai pensé que c’était fini pour moi mais il n’est pas revenu.
Avez-vous pu l’observer, de quelle taille était-il ?C’est difficile à dire parce que je n’ai vu que la tête. Je pense qu’il faisait 2 à 2,50 mètres. C’est ce que m’ont dit les jeunes qui sont venus me récupérer en bateau, vu la taille de la morsure. D’après les couleurs, blanc dessous, gris bleu dessus, on m’a dit que c’était peut-être un tigre.
C’est une immense frayeur évidemment ? Sur le coup, j’ai été surpris parce qu’en fait la pirogue était animée d’une grande vitesse, j’avais tout dans le dos, le vent, le courant, la houle, j’étais à 9-10 km/h. Le requin est arrivé direct, d’un coup et il est monté sur le flotteur. Il m’aurait pris de l’autre côté où il n’y a pas de flotteur, là, je pense qu’il m’attrapait. En trois secondes il a mordu deux fois, il n’a pas lâché. Il avait la moitié du corps sorti de l’eau. Et la pirogue, c’est parti comme du bois d’allumette. Une fois dans l’eau, je me suis dit qu’il allait revenir et que j’allais mourir.
Pensez-vous retourner dans l’eau dans les prochains jours ou les prochaines semaines ? Ça fait plus de 3 ans et demi que je suis au club, j’étais en kayak le plus souvent et ça fait deux mois que je suis passé à la pirogue. La pirogue est plus surélevée qu’un kayak, on est plus en hauteur, donc on n’a pas le corps dans l’eau, c’est pas possible qu’il nous confonde avec un animal. Si maintenant ils commencent à attaquer les pirogues ou les bateaux, là on s’en sort plus. J’ai jamais entendu ça de ma vie, j’ai fait un peu de morey dans le passé, déjà fait des rencontres en 2000, mais en pirogue pour moi c’était pas possible, c’était hors de question.
Vous portez une dent de requin sur votre collier. c’est un signe ? Je ne sais pas si c’est un talisman, en tout cas il m’a sauvé la vie.              Interview : R. Lt.

Clicanoo.re - publié le 11 octobre 2011 - Une pirogue en forme de baleine ?
Le Global Shark Conservation Initiative (GSCI), organisation à but non lucratif, particulièrement active sur les réseaux sociaux, a publié ce week-end un communiqué pour tenter d’expliquer l’attaque de la pirogue la semaine dernière au large du Cap La Houssaye, a priori par un requin tigre, information non encore confirmée. “Le requin a attaqué l’embarcation, un objet inerte qui flottait au surface de l’eau. Inerte, parce que cet objet n’émet pas de champs électriques comme font tous les êtres vivants” explique d’abord Julie Wright, l’auteure du courrier. “C’est déraisonnable de suggérer que ce requin “visait” le piroguier, dont il ne pouvait soupçonner l’existence puisqu’aucun de ses sept sens n’était stimulé par celui-ci. Mais en regardant de plus près le comportement naturel du requin-tigre, on comprend plus facilement pourquoi cet incident a eu lieu”. Le GSCI assure que le requin-tigre est un prédateur charognard et qu’il affectionne notamment la graisse de baleine. “En ce moment, les baleines se trouvent dans les eaux réunionnaises avec leur baleineaux. Les requins-tigres le savent, ça fait partie de leur mémoire raciale, inscrite depuis des milliers de générations, alors que eux aussi s’y trouvent. Les baleines mortes n’émettent pas non plus des champs électriques et elles flottent, alors les requins-tigres sont facilement attirés vers ce qui flotte au surface, même inerte”.

Clicanoo.re - publié le 13 octobre 2011 - Les squales seront marqués dès novembre
Abyss et la fédération de plongée lancent leur propre programme de marquage des requins. Une initiative privée qui utilisera la technologique acoustique pour suivre les déplacements des squales au large de Saint-Paul. Des fonds ont été levés, le matériel est commandé et un plongeur spécialiste arrive mi-novembre. L’Etat observe pour le moment.
Parce qu’ils considèrent que les recherches scientifiques commandées par l’Etat ( Les premiers marquages “publics” la semaine prochaine ) ne donneront des résultats que bien trop tard, des structures privées ont décidé de lancer leurs propres études sur les requins de la Réunion. Ainsi, le comité régional de la Fédération française d’études et de sports sous-marins (FFESSM) s’est joint à l’association Abyss pour mettre en place un programme dans les plus brefs délais. Objectif : comprendre les déplacements et les habitudes des spécimens côtiers afin d’adapter les actions publiques.
Au sein d’Abyss, plus spécialiste des baleines que des requins, un travail est en effet mené depuis trois ans sur l’écholocation. Et c’est cette expertise que les membres de l’organisation veulent adapter aux squales. “Nous allons utiliser une technologie qui existe depuis 30 ans et qui est utilisée par des chercheurs dans le monde entier”, explique Fabrice Schnöller, responsable scientifique d’Abyss (*). Concrètement, les opérations devraient consister à implanter sur les squales des balises émettrices de fréquences ultrasonores codées dont la portée varie entre 500 mètres et 1 km selon le bruit environnant. “Concrètement, soit on pêche le requin pour lui fixer la cartouche à la main, soit on fait descendre un plongeur en apnée qui positionne le boîtier avec un harpon”, explique le membre d’Abyss qui retient pour le moment la 2e méthode.
L’un des meilleurs spécialistes mondiaux de l’exercice, doit arriver à la Réunion mi-novembre. Il s’agit de Fred Buyle, ex-recordman du monde d’apnée, reconvertit dans la photographie et le marquage des requins. Il est notamment connu pour ses opérations sur les grands blancs d’Afrique du sud et du Mexique. À noter que chaque marquage sera filmé et donnera lieu à des notes techniques (espèce, taille, météo, température de l’eau etc...).
                                      Deux récepteurs en baie de Saint-Paul
Les fréquences émises seront ensuite captées par des balises réceptives fixées au fond de l’eau, qui permettront ainsi de connaître les sens, les heures et les fréquences de déplacement des squales marqués. “Pour le moment, nous avons retenu deux sites, hors Réserve, puisque nous n’avons pas le droit. Probablement autour du cap La Houssaye et de la tonne dans la baie de Saint-Paul”, explique encore Fabrice Schnöller. Si le feu vert leur est donné, Abyss et ses partenaires placeront ensuite des récepteurs au plus près des zones où les attaques ont eu lieu cette année. Charge ensuite à des partenaires de l’opération de récupérer les informations sur les balises à intervalles réguliers, chaque jour ou chaque semaine, pour les ramener à terre et les partager. “Ce seront des données Open Source disponibles pour les scientifiques, les élus, les MNS” et toutes les personnes concernées par le dossier requin, explique-t-on à Abyss.
                                           Trois mois de tests bénévoles
Pour le moment, l’opération est en phase de financement. 6 000 euros de fonds ont déjà été levés et la souscription continue. La balise émettrice coûte environ 300 euros pièce pour une durée moyenne de fonctionnement de 3 mois. “On souhaite recueillir un maximum d’argent pour pouvoir marquer un maximum de requins”, expliquent les initiateurs du projet. Une commande a déjà été passée chez le fabricant canadien du dispositif, Vemco, spécialiste de la télémétrie acoustique.
La livraison est programmée dans un mois environ et les opérations pourront donc commencer dans la foulée si les formalités de douane ne viennent pas bouleverser le calendrier. La première phase de l’étude durera trois mois. C’est le temps durant lequel Abyss œuvrera bénévolement sur ce projet. Au-delà ? “Cela dépendra des résultats obtenus”, répond le patron du comité régional de la FFESSM, Georges Masanelli. “Si nos actions sont valables, on pourra pérenniser l’opération sur plusieurs années à condition de trouver des fonds, privés, chez nos adhérents, ou publics”.
Le regard de l’Etat et des collectivités sur ce programme sera en effet déterminant. Pour le moment, l’accueil est plutôt froid. La Deal vérifie actuellement la légalité de ces opérations de marquage. “On ne sait pas pour le moment si n’importe qui peut aller marquer n’importe quel animal sauvage. C’est interdit par exemple de baguer les oiseaux”, confirme le sous-préfet de Saint-Paul qui coordonne l’action de l’Etat dans ce dossier requin et notamment son volet scientifique (voir ci-dessous).
Thomas Campeaux affirme regarder “avec beaucoup d’attention” cette initiative privée. “Il faut voir comment on peut intégrer ça dans notre dispositif. Il ne faut pas que cela perturbe les études scientifiques que nous allons mener ou que cela nous fasse perdre des informations. Mais il n’y a pas d’opposition par principe”. Georges Masanelli évoque l’idée d’une mise en commun des résultats au cours et à l’issue de l’étude. Fabrice Schnöller rappelle, lui, que de nombreuses ONG dans le monde mènent des études scientifiques avec le soutien financier des pouvoirs publics. Les perches sont tendues.     Romain Latournerie
                   
(*) Fabrice Schnöller est diplômé de l’Ecole Centrale et d’un master en biologie.

Vers un suivi en temps réel : Fabrice Schnöller planche parallèlement dans les locaux de sa start-up, Click’Research, sur un prototype de bouée radio à modem acoustique. Le dispositif est déjà actif sur les côtes australiennes où il sert notamment au marquage des requins mais il a le défaut de coûter extrêmement cher. L’idée est donc d’en développer un modèle local à bas coût.
Si l’expérience est concluante, cette technologie permettra de capter les ondes ultrasonores émises par les balises sur les requins marqués et de les transmettre à terre en temps réel. Concrètement, il serait possible de prévenir les MNS de l’arrivée à proximité des plages de tel ou tel requin de grande taille. Fabrice Schnöller affirme pouvoir proposer une bouée performante dès le mois de janvier prochain.

Clicanoo.re - publié le 14 octobre 2011 - Un filet aux Roches Noires dès le 1er novembre
Faute de pouvoir rouvrir les deux plages fermées, la mairie a annoncé, hier soir, l’installation d’un filet aux Roches Noires pour le 1er novembre et des travaux de sécurisation sur le bassin artificiel de Boucan. Ce qui signifie une interdiction de baignade en pleine mer plus longue que prévue.

La mairie de Saint-paul a annoncé hier soir, en marge d’une réunion avec des commerçants qu’un filet de protection serait installé aux Roches Noires dans les plus brefs délais. “La députée-maire a souhaité que la réflexion autour des zones de baignade aboutisse au plus tard début novembre, a expliqué hier Emmanuel Séraphin, le 13e adjoint. Aux Roches Noires, les fonds sableux vont nous permettre d’installer un filet entre la digue et la plage. L’objectif est fixé au 1er novembre”. Il ne s’agira pas à proprement parler d’un filet anti-requins mais d’un équivalent tendu de la surface jusqu’au fond de l’eau qui devrait donc apporter une meilleure sécurité aux baigneurs. La mise en place du dispositif s’accompagnera d’une vigilance renforcée avec un engin nautique à l’eau durant toute la durée de la surveillance. Sept hommes (au lieu de quatre actuellement), MNS et patrouilleurs, seront postés toute la journée sur cette plage dont certains sur une chaise haute pour observer le plan d’eau.
                                        RÉAMÉNAGER LA PISCINE DE BOUCAN
À Boucan, en revanche, le fond rocheux et les courants ne permettront pas d’installer un dispositif similaire, a expliqué l’adjoint hier soir. Les efforts vont donc se concentrer sur la piscine artificielle dans laquelle la baignade n’est pour le moment que tolérée, aux risques et périls des usagers. “Quand elle a été construite en 1976, c’était la piscine de l’hôtel à côté, et elle fonctionnait avec une pompe quand l’eau de mer y était insuffisante, on travaille à voir comment renouveler cet équipement. Nous devrons aussi en réhabiliter les accès qui contiennent des pierres coupantes”. L’objectif est d’intégrer cet espace théoriquement non surveillé (mais surveillé en pratique) à la zone de baignade. La mairie devra composer pour son aménagement avec la Réserve marine puisque la piscine en fait actuellement partie. Ces équipements ne seront pas prêts début novembre, a estimé hier soir Emmanuel Séraphin, mais semble-t-il bien plus tard. Les baigneurs de Boucan devront donc encore patienter. Ces dispositifs temporaires (mais pas immédiats pour Boucan) indiquent par ailleurs que la réouverture de la baignade en pleine mer n’est pas du tout à l’ordre du jour à court terme. L’élu saint-paulois a simplement indiqué qu’elle ne serait pas envisageable avant que les études scientifiques ne donnent leurs premiers résultats et que des dispositifs de protection (drum-lines, shark-shields et autres) ne soient mis en place. L’histoire de plusieurs mois, au minimum. Un programme d’animations sur trois mois, douze week-ends, sera bientôt dévoilé pour tenter de compenser la perte d’activité des commerçants.    Romain Latournerie

Le 17 octobre 2011 - LE MONDE - Opération de marquage de requins à la Réunion après la hausse des attaques

Clicanoo.re - publié le 18 octobre 2011 - Pêche au requin, épisode 2 -
Démarrage aujourd’hui de l’opération de marquage de requins au large de Saint-Gilles. Pendant quatre mois, des scientifiques vont traquer les squales pour analyser leur comportement. Une étape préparatoire avant deux ans d’études plus poussées. Présentation du dispositif.

- Quatre mois de marquage. Après les “prélèvements”, place au marquage. Il n’est plus question d’éliminer les prédateurs qui rôdent près des côtes mais de les identifier pour les étudier. Depuis ce matin, deux bateaux sillonnent la zone de Boucan Canot et de Roches-Noires pour procéder à des marquages de requins tigre et bouledogue, responsables supposés des dernières attaques. C’est la première opération d’une campagne de 26 pêches programmées d’ici quatre mois, au rythme de deux par semaine (lundi et jeudi, en fonction des conditions météo), dans une zone allant de Trois-Bassins à la Rivière des Galets. La coordination logistique de cette opération a été confiée à l’association Squal’idées et à l’Institut de recherche sur le développement (IRD). Durant les marquages, baignade, activités nautiques et mouillage de toute embarcation seront interdits dans un rayon de 0,5 kilomètre.
                                                    DE LA BOUCLE À LA BALISE
- Comment va-t-on procéder ? Un bateau de pêche (celui du professionnel Thierry Gazzo, désigné au terme d’un appel d’offres) capture l’animal à l’aide d’une épingle accrochée à deux bouées. Un second bateau, celui des scientifiques, accoste le requin, l’immobilise à l’eau, sur le dos, entre 15 et 30 minutes. On lui implante alors une boucle sur l’aileron dorsal (système du rototag) ou on lui injecte une balise acoustique reliée à une station d’écoute permettant d’enregistrer les déplacements de l’animal ; cette deuxième option étant réservée en priorité à la capture de gros spécimens. Dans les prochains mois, les scientifiques pourraient aussi avoir recours à un système de balise accrochée entre les rayons de l’aileron, qui, une fois remontée à la surface, envoie des données par satellite. Échaudé par l’expérience des prélèvements (seulement une prise), l’État ne s’avance cette fois sur aucun objectif quantitatif. En revanche, si un squale marqué est capturé à plusieurs reprises au même endroit, les autorités n’excluent pas de l’éliminer définitivement. “À titre sécuritaire”, dixit le sous-préfet.
- En attendant le projet Charc. Ces marquages préparatoires préfigurent une étude scientifique au long cours sur l’habitat et l’écologie des requins côtiers de la Réunion. Le projet “Charc” sera là encore piloté par l’IRD et Squal’idées, en partenariat avec d’autres organismes compétents dans le domaine maritime (Ifremer, Arda, Ecomar, Arvam, Kélonia, etc). “Les marquages vont nous permettre de connaître les caractéristiques de la population des requins côtiers (âge, sexe, taille), puis d’analyser leurs comportements en fonction d’une série de données environnementales (turbidité de l’eau, salinité, profondeur, fréquence et heures d’apparition)”, explique Marc Soria, ingénieur chercheur à l’IRD. Autres volets du projet : améliorer “la connaissance bibliographique” sur les mesures de protection et en savoir plus sur la génétique des requins.
                                                          COMME EN AFRIQUE DU SUD
- Ce que les autorités attendent des études ? Parvenir à déterminer “une cartographie du risque requin”, connaître les périodes et les zones les plus favorables à une attaque. Antonin Blaison, spécialiste du comportement de l’animal, a été recruté par Squal’idées. Il explique que ces opérations de marquage ont déjà été expérimentées avec succès à Mossel Bay, l’une des baies les plus fréquentées d’Afrique du Sud, “permettant aux surfeurs de cohabiter en sécurité avec le grand requin blanc”.
- Combien ça coûte ? L’État a pour l’heure débloqué une enveloppe de 60 000 euros (subvention à Squal’idées, rémunération du pêcheur mobilisé), plus une provision de 140 000 euros pour l’achat du matériel (une cinquantaine de stations d’écoutes et de balises acoustiques déployées sur la côte ouest). À terme, le projet Charc nécessitera “des opérations lourdes et coûteuses”, souligne le sous-préfet Thomas Campeaux. Environ 500 000 euros selon les premières estimations. La Région participera au financement. Vincent Boyer.

- Haro sur le marquage privé. Le sous-préfet de Saint-Paul a réaffirmé hier son opposition à l’initiative du programme de marquage privé que la fédération de plongée et l’association Abyss projettent de lancer dans quelques semaines (voire nos éditions précédentes). “Je regrette cette opération unilatérale, impromptue et sans concertation, qui risque de perturber le bon déroulement de la nôtre”, a déclaré Thomas Campeaux, tout en soulignant qu’il n’avait pas les moyens de l’interdire. “On ne s’improvise pas chercheur. Si on veut des résultats dans la durée, il faut s’adresser à des professionnels”, tacle le directeur de la DEAL, Bertrand Galtier. Pour autant, le sous-préfet ne ferme pas la porte aux contributions des usagers. Et invite les représentants de la fédération de plongée à se rapprocher “formellement” des scientifiques de l’IRD.

Le 18 octobre 2011 - Le CROSS nous sollicite par mail.
Bonjour à tous,
J'ai sollicité plusieurs d'entre vous au début de ce mois pour recueillir votre avis sur la question de la gestion opérationnelle du risque requins. Je vous remercie des réponses et propositions que vous avez formulées en retour.
Je vous propose, afin d'échanger plus avant sur cette problématique, de participer à la seconde réunion de l'atelier n°3 relatif à la gestion opérationnelle de l'alerte.
Cette réunion se tiendra le jeudi 03 novembre à partir de 17 h 00 dans les locaux du CROSS Réunion (Port des Galets).

L'ordre du jour serait le suivant :- présentation succincte du CROSS et des ses installations
- présentation des procédures de secours applicables en cas d'attaque de requins (définies lors des travaux conduits au sein de l'atelier n°3 en date du 08 septembre dernier)
- discussion autour de la mise en place d'un réseau de surveillance, associant services publics de secours et de sauvetage, usagers de la mer et organismes scientifiques

Je vous remercie de m'indiquer par retour de mail si vous êtes en mesure de participer aux travaux à la date prévue afin que l'ensemble des détails puissent vous être préalablement communiqués. Restant à votre entière disposition - Cordialement

Nicolas LE BIANIC - Directeur du CROSS Réunion - 02 62 71 15 89 (ou 02 62 43 43 43) - 06 92 66 54 74
nicolas.le-bianic@developpement-durable.gouv.fr

Nous décidons d'ouvrir le site de l'AAPSGB à tous ceux qui souhaitent donner leur avis sur le "risque requins" et d'ouvrir une page "risque requin".

le 19/10/2011 - Mail de Michel BERNARD de la DMSOI
bonjour, - Dans le cadre de l'opération de marquage de requins prévue par l'arrêté préfectoral n° 1578 du 17 octobre 2011, je vous communique les prochaines sorties en mer du navire de pêche Wayan immatriculé RU 909645 et du navire de marquage qui lui est associé :

- nuit du jeudi 20 au vendredi 21 octobre - secteur : "Boucan Canot" - créneau horaire : 4H à 12h00
- nuit du dimanche 23 au lundi 24 octobre - secteur : "Boucan Canot" - créneau horaire : 4H à 12h00
- nuit du mercredi 26 au jeudi 27 octobre - secteur : "Les Roches Noires"- créneau horaire : 4H à 12h00

Je vous rappelle que le mouillage, le stationnement, la circulation de tout navire immatriculé ainsi que les activités de pêche et de plongée sous-marine sont interdits dans un rayon de 0,5 mille autour du WAYAN et du navire de marquage qui lui est associé durant les opérations (article 11 de l'arrêté susvisé). 

Il s'agit à ce stade de créneaux prévisionnels, susceptibles d'être modifiés en fonction des conditions météorologiques et des résultats des opérations.
Le CROSS vous adressera prochainement un planning prévisionnel plus détaillé, dès que celui-ci aura été finalisé. Cordialement -
Michel BERNARD -
Adjoint au chef du service des actions interministérielles de la mer et du littoral -
Direction de la mer Sud océan indien - 11, rue de la Compagnie - 97487 Saint Denis Cedex
tél : 0 262 901 902 - michel-gaston.bernard@developpement-durable.gouv.fr

Clicanoo.re - publié le 21 octobre 2011 - Roches-Noires : le dispositif anti-requins interpelle
Le 1er novembre, la flamme rouge doit céder la place au drapeau vert sur la plage des Roches-Noires (Saint-Gilles). Avec au large un filet en nylon, destiné à sécuriser la baignade. Les défenseurs de l’environnement s’interrogent.

          La mesure a été rendue publique vendredi dernier. Dès le 1er novembre, un dispositif doit sécuriser une zone de baignade aux Roches-Noires. La mairie de Saint-Paul ne s’étale pas sur le sujet. Difficile même d’obtenir des précisions. Néanmoins, le terme de filet, employé dès le départ, est soigneusement évité. Gina Hoareau, en charge de la sécurité parle d’un "obstacle physique". Elle répète qu’il sera bien en vigueur à la date annoncée. Elle ajoute sur le bout des lèvres qu’il sera démonté tous les soirs. Selon nos informations, il est bien question d’un filet dont les MNS contribuent à la conception. Avec cette particularité d’être constitué de nylon, présentant des mailles carrées d’une vingtaine de centimètres de côtés. D’une hauteur de 2 à 3 mètres, selon le volume d’eau. Lesté, ce système de protection prendra place très certainement à quelques dizaines de mètres des côtes. En surface flotteront des bouées, qui par leurs mouvements signaleront toute présence de squale. Aucune information n’a filtré sur le périmètre à protéger. Cet assemblage un peu particulier, une méthode plus douce que le classique filet anti-requin fait de métal, doit être commandé à une entreprise réunionnaise.
                                                      "une aberration écologique et morale"
          L’initiative ne laisse pas insensible les défenseurs de l’environnement. Stéphane Cicionne, directeur de Kélonia se montre réticent. Il craint que ces mailles "captent différentes espèces" dont les tortues marines. Et précisément les juvéniles, attirées par le littoral. Une remarque qu’il pourra formuler au prochain conseil scientifique de la réserve marine. Dans un courrier envoyé le 17 octobre au préfet Michel Lalande, co-signées par Sea Shepherd Conservation Society, la Fondation Brigitte Bardot, SOS Animaux et la SPA, le ton se veut beaucoup plus incisif, c’est leur marque de fabrique : "C’est avec effroi et inquiétude que nous accueillions la décision prise par la mairie de Saint-Paul de déposer des filets anti-requins. Filets dont on ne nous dit pas grand chose et qui pourraient s’avérer bien plus destructeurs que la fameuse pêche préventive qui fait tant de bruit. Moins spectaculaire qu’une battue, ils pourraient constituer un mur mortel et silencieux pour de nombreuses tortues, dauphins, requins… cette décision est une aberration écologique et morale. Il est impératif de trouver d’autres solutions que celle-ci, qui n’en est pas une". Reste à préciser que le critère environnemental est évidemment pris très au sérieux par la collectivité, lassée des multiples polémiques dont elle fait l’objet. Il est clair que si cette opération s’avère nuisible à la faune aquatique, elle sera immédiatement suspendue. On imagine mal Huguette Bello et les siens se lancer dans un carnage écologique...   D.F.B avec R.Lt.
          
- La fin du drapeau orange Ce système de protection présente un inconvénient majeur : difficile de le concevoir pour résister à la houle. Ainsi, au moindre mouvement, le filet de nylon sera retiré. Laissant la voie libre aux squales. Alors, les baigneurs auront pour obligation de sortir de l’eau. On passera ainsi du drapeau vert à la flamme rouge, sans transition par la couleur orange, auparavant de vigueur quand la mer affichait quelques remous.

- Un autre quotidien pour les MNS
Le 1er novembre va marquer un tournant pour les MNS des Roches-Noires dont la mission va évoluer. Par exemple, le volet sauvetage va baisser d’intensité. Et pour cause, concentrés en un lieu restreint, les baigneurs peuvent plus facilement veiller les uns sur les autres.
Limitant ainsi le risque de noyade. Equipées de leur lunette de soleil polarisé (qui permet de distinguer l’activité sous-marine), les maîtres-nageurs scruteront la zone protégée et les bouées pour y déceler d’éventuels mouvements. Ils resteront en contact permanent avec leurs collègues en mer et postés en vigie. Il leur faudra également rappeler à l’ordre ceux qui s’échappent du périmètre abrité. Leur quotidien va prendre ainsi une nouvelle tournure.

Clicanoo.re - publié le 22 octobre 2011 - Un premier requin tigre marqué au large de Boucan Canot
Le compteur est ouvert. Les scientifiques sont parvenus hier à marquer un requin tigre de 2m70 au large des côtes. Touché, un autre gros spécimen s’est échappé.
La deuxième sortie en mer aura donc été la bonne. Vers 10 heures hier matin, l’équipage du "Wayan" a capturé un requin tigre femelle d’environ 2m70, à 5 milles nautiques de la zone de Boucan Canot. L’animal a mordu aux appâts d’une palangre dérivante. Postés à bord d’un autre bateau, les scientifiques ont pu greffer une boucle d’identification sur son aileron, avant de lui injecter une balise acoustique dans l’abdomen, après immobilisation sur le dos, position qui plonge le squale dans un état de léthargie.
"L’opération était délicate mais elle a été bien menée. On a posé trois points de suture sur l’animal, il n’y a pas eu de saignement faisant craindre une hémorragie", détaille Marc Soria, l’ingénieur de recherche à l’IRD. Une demi-heure plus tôt, dans la même zone, le pêcheur Thierry Gazzo avait eu une touche sur un plus gros spécimen, un tigre de 3m50, pesant entre 200 et 250 kg. "On a essayé de le fatiguer en l’immobilisant. Mais il s’est enroulé autour de la ligne et a fini par la casser", indique Marc Soria. Les pêcheurs de Saint-Gilles ont l’habitude de signaler des prises de requin tigre dans cette zone. En revanche, la pêche à l’aide de drum-lines fixes, effectuée près de la plage de Boucan entre 4h30 et 7h, n’a rien donné. "Il ne faut pas en tirer de conclusions hâtives, analyse Fanch Landron de l’association Squal’idées. La campagne ne fait que commencer. Au fil des sorties, on adaptera les techniques de pêche".
Bilan positif donc car l’opération avait également valeur de test pour la coordination de l’équipe scientifique chargée des marquages. Rappelons que l’IRD et Squal’idées auront également à plancher à long terme sur le projet Charc (étude de la population et de l’habitat des requins côtiers).
La troisième journée de marquage, prévue ce lundi, devrait être localisée entre Boucan Canot et le Cap la Houssaye. Avec l’objectif de cibler cette fois les requins bouledogues, espèce plus fréquemment impliquée dans les attaques sur l’homme. Vincent Boyer

Clicanoo.re - publié le 22 octobre 2011 - La brigade nautique veille au grain
Ils sont chargés de faire respecter les arrêtés maritimes en vigueur. Si vous pratiquez une activité nautique entre Roches-Noires et Boucan, ou si vous empiétez dans la zone de marquage des requins, les agents de la brigade nautique pourraient vous rappeler à l’ordre. Ce fut le cas hier pour un bateau de plaisance et, plus étonnant, pour le Grand Bleu, tous deux coupables d’intrusion dans le périmètre de l’opération de marquage (moins de 0,5 mille nautique). Unité spécialisée de la gendarmerie, la brigade nautique côtière intervient pour des missions allant de la police administrative aux enquêtes judiciaires : secours en mer des biens et des personnes, recherche de disparus, découverte de cadavres, récolte d’indices, etc. Six hommes composent cette unité : cinq plongeurs tous techniciens en identification subaquatique et un spécialiste de la police des pêches. Leur zone d’intervention en mer s’étend jusqu’à 6 milles nautiques. Elle comprend également les plans d’eau intérieurs (ravines, étang). La limite de l’effectif est compensée par d’importants moyens de projection : deux bateaux sur zone (bientôt trois avec l’acquisition d’une vedette), deux engins terrestres et l’appui des hélicoptères.
                                                Infractions difficiles à caractériser
Parmi les dernières opérations de la BNC : le secours aux deux pêcheurs naufragés de Saint-Gilles, l’assistance au kayakiste attaqué par un squale au Cap la Houssaye et la participation aux recherches du corps de Mathieu Schiller. "Mener une enquête en mer demande beaucoup de moyens et d’investissement", témoigne le chef Laurent Thouvenin, en poste depuis quelques semaines, qui se félicite la "très bonne collaboration" avec les pompiers plongeurs de Saint-Leu et les collègues de la section aérienne.
Son collègue Bruno Deurveilher compte lui plus de dix ans d’expérience dans l’unité. La plupart des usagers de la mer le connaissent. Ce qui facilite les médiations mais ne dispense du recours à la répression. "En mer, les infractions sont assez fréquentes mais il est difficile de les caractériser sur place en temps et en heure", explique-t-il. Illustration avec l’absence de verbalisation à l’encontre des suiveurs de baleines, pourtant nombreux à faire entorse à la charte d’approche. Hier matin, les hommes de la BNC ont opté pour la sensibilisation à l’encontre des usagers qui ne respectaient pas l’arrêté marquage requin. Mais gare aux récidives. Car les récalcitrants s’exposent à un délit passible de six mois d’emprisonnement    V.B.

Source : SYDNEY (AFP) - Publié le 23/10/2011 à 14h34 - Australie : alerte au requin blanc après une 3e attaque mortelle
Les autorités australiennes ont donné l’ordre de tuer un requin blanc tenu responsable de la mort d’un touriste américain samedi au large de Perth (sud-ouest), troisième attaque mortelle dans cette zone en deux mois.

Un touriste de 32 ans, de nationalité américaine, a été tué lors d’une plongée près de l’île touristique de Rottnest au large de Perth. Selon les témoins, la mer s’est mise à bouillonner puis le corps du plongeur est apparu, portant de très graves blessures.
Les autorités ont donné l’ordre de tuer le requin et six lignes de pêche ont été installées, dans l’espoir de capturer le squale, dont la taille est estimée à trois mètres.
Le Premier ministre de l’Etat d’Australie occidentale, Colin Barnett, a dit qu’il réfléchissait sur l’augmentation du nombre des patrouilles, l’amélioration de la surveillance aérienne, l’installation de filets sur les plages et l’augmentation du nombre de requins que les pêcheurs sont autorisés à pêcher.
"Plusieurs signes nous montrent que le nombre de requins augmente", a déclaré Colin Barnett. "L’abattage peut être envisagé si ces requins restent à proximité des plages les plus fréquentées".
Mais les requins sont "des prédateurs naturels", a ajouté le Premier ministre de l’Etat, qui, bien que très inquiet, estime qu’on ne peut pas faire grand chose.
"Je crois que tous les gens qui nagent et qui plongent savent que c’est le royaume de la vie marine et que le requin en est le premier prédateur", a-t-il déclaré. "Tous les Australiens de l’Ouest doivent faire très attention quand ils vont à la plage, surtout s’ils font de la plongée".
Il y a deux semaines, un plongeur australien de 64 ans a probablement été tué par un requin blanc, également au large de Perth. Seule sa combinaison de plongée a été retrouvée dans l’eau, portant les traces de morsures d’un squale.
Début septembre, un homme de 21 ans avait été tué en pratiquant le bodyboard dans la baie de Bunker, au sud de Perth. Le corps portait les traces de la mâchoire d’un requin blanc. 
 Clicanoo.re - publié le 24 octobre 2011 - Boucan Canot : les surfeurs crient leur détresse
Plage de Boucan hier 15 heures où le drapeau rouge flotte toujours. Des planches posées sur la plage forment un imposant « DANGER » visible du ciel. L’action est l’oeuvre d’une cinquantaine de surfeurs. Des amateurs amoureux de la mer, mais également des professionnels, qui en vivaient jusque-là mais dont le chiffre d’affaires a dégringolé. A l’image de Ludovic Villedieu. Malgré les demandes incessantes de ses élèves, il ne retourne plus pratiquer à Trois Bassins, spot pourtant libre d’accès. Le risque requin est trop important à ses yeux. Le passionné s’est donc reconverti dans la pose de panneaux photovoltaïques.
                                « ON N’A PAS LES SOLUTIONS »
Il en veut aux autorités. « C’est bien beau de mettre en place des zones sécurisées pour les baigneurs. Sauf qu’on n’a rien proposé aux surfeurs », lâche-t-il. Des propositions, parlons-en. Et force est de constater qu’il n’y a pas de message bien distinct dans cette communauté. Le moniteur s’interroge ainsi sur le rôle que pourrait jouer la ferme aquacole dans la recrudescence des attaques. Il pointe également la réserve marine. « Avant, les chasseurs sous-marins nous alertaient s’il se passait quelque chose. Ce serait peut-être bien de modifier la réglementation », lance-t-il. Bernard lui, titille les vagues depuis 1985. Aujourd’hui, il a remisé sa planche. Sa présence n’est pas synonyme de revendications acharnées. Elle manifeste plutôt une réelle inquiétude et cette « volonté d’avancer ». Aussi, comme son homologue, il cite la réserve marine et la ferme aquacole, mais ne tient personne pour responsable de cette situation. « On s’inquiète pour les baigneurs. On veut essayer de comprendre mais on n’a pas les connaissances, on n’a pas les solutions. On veut juste apporter notre pierre à l’édifice. Afin que la station balnéaire continue à vivre ». Alors que les autorités ont pris conscience de l’enjeu, ont passé la seconde en lançant diverses opérations, comme les marquages de squales ou la création d’un guichet unique à leur attention, les surfeurs ne peuvent toujours pas rejoindre leur terrain de jeu favori. C’est ce cri de détresse qu’ils ont voulu faire partager hier après-midi. Pris d’un certain désarroi, ils n’identifient pas clairement quelle action pourrait venir éclaircir un horizon bouché. Personne ne le voit réellement d’ailleurs... D.F.B
Source : La Réunion (IPR) - Publié le 24/10/2011 à 16h30 - Saint-Paul - Marquage de requin raté - Le squale casse sa ligne
L’opération de marquage de requin se poursuit. La troisième opération a débutée dans la nuit de ce dimanche 23 à ce lundi 24 octobre. Les pêcheurs ont réussi à capturer un requin de 3,50 mètres environ, ce lundi, mais l’animal a cassé la ligne au moment où il était ramené contre le bateau de marquage. Rappelons qu’un premier requin avait été capturé ce vendredi 21 octobre. Une nouvelle opération de marquage aura lieu la semaine prochaine.
L’opération de marquage de requins a débuté le mardi 18 octobre. Si la première sortie en mer s’est avérée infructueuse, un premier requin a été capturé, lors de la seconde opération, dans le secteur du Cap La Houssaye ce vendredi 21 octobre matin aux alentours de 10h. Il s’agit d’un requin tigre d’environ 200 kg et qui mesure 2,48 mètres. Le requin avait pu être marqué puis relâché à 11h.
Ces opérations de marquage constituent la phase préparatoire du programme d’études scientifiques sur les requins côtiers de La Réunion. Son objectif est de permettre l’acquisition de données scientifiques sur la population des espèces bouledogues et tigres potentiellement sédentarisées près des côtes.
Pilotée par l’IRD, l’étude est nommée sous l’appellation projet CHARC (connaissances de l’écologie et de l’habitat de deux espèces de requins côtiers sur la côte Ouest de La Réunion). S’appuyant sur près de 80 marquages acoustiques et sur les observations de deux caméras sous-marines, le projet permettra le suivi de plusieurs dizaines de requins tigres et bouledogues. Il permettra aussi d’établir les facteurs potentiels de risque (turbidité, température, pollution, DCP, réserve...).
Le marquage des requins se fait à l’aide de trois balises. La première, le Rototag, est une balise externe qui sera apposée sur l’aileron dorsal des spécimens pour les identifier. Une autre balise sera placée à l’intérieur des espèces, afin de les localiser et de mieux connaître leurs déplacements et leurs habitudes. La troisième balise consiste à poser une marque dite « mini-PAT » sur le dos des requins. Il s’agit d’une marque externe, qui se détache du squale au bout de six mois et envoie des données par Argos.
A noter que pour le bon déroulement des opérations de marquage, et pour préserver la sécurité des usagers de la mer, le mouillage, le stationnement, la circulation de tout navire immatriculé ainsi que les activités de pêche et de plongée sous-marine sont interdits dans un rayon de 0,5 mille autour des bateaux désignés pour l’opération. Les activités de baignade et de loisirs nautiques sont elles interdites aux abords de la zone de pêche pendant la journée au cours de laquelle a lieu l’opération. www.ipreunion.com

Le 26 octobre 2011 Un mail de Nicolas Le BIANIC ( CROSS Réunion )
Nous avons reconsidéré dans la journée le zonage des opérations de marquage de requins
Nous ne retenons au final que 3 secteurs, avec l'objectif de laisser au moins 2 secteurs libres pour la pratique de vos activités.Un planning prévisionnel, susceptible de modification, est également annexé au document ci-joint pour les 10 prochaines sorties
En pratique, pour la sortie du jeudi 27/10, les opérations auront lieu sur le secteur C, entre 04 et 12 h
Rappel :
- Interdiction de circulation et d'activités dans un rayon de 0,5 mille autour des navires en opération
- le zonage ci-joint à une valeur informative, la seule interdiction étant celle citée ci-dessus

Nicolas LE BIANIC - Directeur du CROSS Réunion - 02 62 71 15 89 (ou 02 62 43 43 43)
nicolas.le-bianic@developpement-durable.gouv.fr

Le 01 novembre 2011 - Mail de Y. PAVION - Courrier de à diffuser.

Lettre à tous les « responsables », de notre sécurité d’une part, à la ville, à la région et au département, aux scientifiques, et autres spécialistes, qui sont d’autre part aussi « les responsables » de cette crise, par les erreurs écologiques qu’ils ont cautionnées, financées, ou encouragées.
Et il ne faut pas se tromper d’objectif Monsieur le Préfet, l’urgence aujourd’hui n’est pas de sauver des requins, mais de protéger les gens, de préserver leurs emplois, et leurs biens.

J’ai assisté et participé dimanche à une manifestation pacifique des surfeurs, sur les plages Boucan Canot et des Roches Noires. Il en est ressorti une profonde amertume. Mais aussi et surtout une grande colère contenue, mais pour combien de temps ? Une colère de voir comme seule réponse de la préfecture aux questions posées par tous, en matière de sécurité, un véhicule de gendarmerie mis en traction devant la plage… Il n’y a pourtant plus d’embouteillage à boucan depuis les attaques de requin. L’ironie à voulue que je tombe à l’office du tourisme sur un dépliant actuellement distribué intitulé, « Plages surveillées ». Par les Gendarmes ???
Notre impression à nous gens de la mer c’est qu’on se moque de nous, et bien plus qu’une impression, nous constatons un peu plus chaque jour que :
- Nos commerçants sont asphyxiés et vivent dans la peur de devoir fermer boutique,
- Nos pêcheurs côtiers, nos artisans du tourisme sont condamnés à cesser leur activité,
- Les associations et clubs divers qui créent de l’activité et de nombreux emplois sur le littoral sont en train de licencier ou de fermer leur portes,
- Nos plages sont désespérément désertes, même le dimanche.
Et ça pour se cacher derrière, des écolos bon teint qui préfèrent la mort à la vie, et des pseudos scientifiques tous venus de je sais ou, pour nous faire part de leurs lectures, et qui n’ont réussi à démontrer jusqu’à présent que leur incapacité à régler cette crise.

Ce n’est pas du docteur van… dont ont besoin nos jeunes, dimanche on pouvait lire une immense détresse dans le regard du MNS, ancien champion de Body-board, il était de ceux qui ont tentés de ramené sur la plage le corps de leur ami Mathieu.

Les solutions existent pour relancer les activités, le commerce et la sécurité sur nos plages Monsieur le préfet, et vous le savez, mais elles passeront et vous le savez également obligatoirement par la pêche des requins, alors pourquoi attendre. Qu’attendez-vous pour enlever de la réserve la bande littorale comprise entre le port de St Gilles et le Cap La houssaye, comme avant les attaques.

Madame la Maire de Saint Paul a proposé la mise en place de filets devant les plages, même si ce n’est pas la meilleure solution, elle a le mérite d’en être une, et efficace de surcroit, elle fait également partie à court terme des solutions à mettre en œuvre. De même que les dispositifs du type drumlines. Sur la Gold-Coast en Australie, les autorités en ont mis en place, le long des plages de la ville de Surfeur Paradise, ces plages reçoivent des milliers de touristes chaque année, les requins pris sont relâchés au large ou donnés aux cantines scolaires pour être consommés. Alors qu’attendons-nous pour en mettre chez nous.

La pêche des requins, avec le docteur Van Grevelynghe, et les chercheurs l’IRD
J’ai regardé dans nos quotidiens les photos, et lu les articles concernant les pêches « scientifiques ».
Il me semble, Messieurs les spécialistes, que la science commence par l’observation. Si j’en crois les photos et vos dires, vous pêchez les requins avec des bancloches, et des maquereaux congelés, ce qui n’est pas, comme vous nous l’aviez promis, une pêche sélective. Les appâts que vous montrez sur les photos sont utilisés à la réunion pour attraper des poissons dont le poids dépasse les 3 kg soit : des rouges et autres mérous, carangues, barracudas, thon à dents de chiens, thazars etc. Soit : la majorité des poissons adultes en dehors des requins vivant dans la réserve, sachant que ces poissons sont peu farouches dans la réserve, je crois que vous devriez revoir vos techniques et vos appâts. Le bon sens dit gros appâts, gros poissons. Pour un requin votre bancloche c’est une cacahuète pour l’apéro.

Si les poissons de la réserve ne se déplacent que dans la réserve, Les requins rencontrés sur les autres récifs tels que le sec ou le rondage sont les mêmes que sur la réserve ou la ferme. 1 ou 2 Km pour un requin c’est quelques coups de nageoires. Pourquoi ne pas les faire marquer des prises faites sur le sec, ça permettrait au moins de vérifier la chose. Les Tags peuvent être confiés au représentant de l’IGFA à la Réunion, et en plus, ça peut être fait gratuitement par des pêcheurs plaisanciers. J’ai lu avec satisfaction que vous avez impliqué Monsieur Gazzo au marquage : enfin une bonne décision, lui au moins il connait la mer.

Entre autres observations, il ne faut pas confondre messieurs, la pêche sportive avec la capture de requins, se faire casser les lignes en pêche est forcement lié à une erreur d’appréciation, à plus juste titre quand on n’a pas de contrainte sportive. Enfin messieurs, merci d’éviter les photos souvenir genre coucou c’est nous, c’est désobligeant pour ceux qui pleurent leurs disparus, et je ne pense pas que la préfecture vous ait offert des vacances avec pêche au gros, la mission confiée est urgente.

Mesdames et messieurs nos élus, qu’attendez-vous pour fermer définitivement cette ferme aquacole qui ne sert à rien, qui est un vrai danger pour les activités nautiques, et qui coûte beaucoup d’argent public.

L’Arda, (une association), dont les principales ressources sont les subventions perçues de la région et du FEDER (l’Europe), 1 950 k€ en 2010, à financé la ferme aquacole. Cette ferme est gérée par une société privée, la SAS S.A.M. dont 1/3 du capital est détenu par l’Arda.
L’Arda est composée de deux pôles distincts :
-Recherche et développement,
-Etudes et Valorisation.
Le pôle « Recherche et développement » en aquaculture, dans le cadre d’études sur la viabilité technico-économique des productions marines en cages à la Réunion et dans la zone. Mais en réalité c’est la s.a.s.S.A.M. qui exploite d’une manière économique ces cages pour l’élevage de poisson (principalement l’ombrine). Le chiffre d’affaire de la SAM 235 k€ en 2010, celui-ci ne permet pas de couvrir les dépenses de la SAM et ce malgré que les frais d’entretien des dispositifs soient pris en charge par l’Arda. En effet la SAM cumule des déficits depuis sa création en 1999, la perte est de 60k€ en 2010.
Nous avons donc une association subventionnée par l’Europe et par la Région, l’ARDA qui s’entête à développer l’aquaculture marine en finançant l’outil de travail et le déficit chronique d’une entreprise privée depuis 12 ans la SAM . Cette entreprise ne crée pas d’emploi, elle n’apporte aucune aide au monde de la mer, elle n’est visitée par personne et l’approche des installations est interdite et en plus elle attire des quantités de requins.
La SAM aurait du être liquidée depuis longtemps.

Par ailleurs les comptes de l’Arda font apparaître un déficit de 158 000 € en 2010 alors qu’elle déclare une provision pour risques ou dotations de 960 000 € ???? Quel sont ces risques ou ces dotations si importants, pour ne pas permettre au moins l’équilibre sur l’exercice ?
Comment sont réparties les subventions qui sont allouées à l’Arda?

Question posée à Monsieur le prefet de la Réunion :

- Quels sont les dispositifs et dispositions que vous envisagez de mettre en œuvre afin d’assurer la sécurité immédiate des baigneurs et autres activités nautiques ?


Concernant les espoirs d’une découverte scientifique liée au comportement du requin capturé ou de ceux relâchés avec une balise : Merci de répondre au moins à ces questions simples et que tout le monde se pose.

- 1 - Comment pensez vous rendre compatible le parc marin avec les lieux de baignade et les activités nautiques ?
-
- 2- Par qui, et comment est contrôlé le nombre des tortues provenant des lâchers de la ferme Corail dans le parc marin et sur le littoral réunionnais?

- 3 - Combien de temps devrons-nous attendre après le recueil des données, et qu’attendons-nous exactement ?
- 4 - Comment et par quels moyens, comptez vous créer les conditions de sécurité suffisantes à la baignade et aux activités nautiques et au surf? En clair, comment les scientifiques comptent-ils exploiter les données de leurs recherches, sur les déplacements des squales, et en quoi et comment, l’analyse de ces données sera susceptible d’aboutir à un renforcement de la sécurité des plages et des personnes ?
- 5 - Quel est le dispositif mis en place pour la gestion des espèces vivant dans le parc marin, quelles sont ces espèces et en quel nombre peut-on les trouver dans le parc?

Une attaque de requin Blanc (espèce protégée) sur un baigneur et un plongeur à eu lieu il y a quelques jours en Australie. Les autorités australiennes ont le jour même, mis en place des moyens pour pêcher le requin tueur. Les autorités et écologistes Australien seraient-ils des sauvages ? Certainement pas, ils ont préféré la vie eux.

Le tourisme à la Réunion, passe aussi et surtout par les activités nautiques.
La Réunion est une pépinière à champions pour le surf et body-board Français, le président de la fédération est venu personnellement rendre hommage à Mathieu. C’était aussi un geste de solidarité et de respect envers l’ensemble du monde de la mer.
Nous aussi soyons concernés, et solidaires de nos jeunes, de nos commerçants, de nos petits pêcheurs, de toutes ces réunionnaises et réunionnais qui ont perdu ou qui risquent de perdre leur emploi, mais soyons aussi concernés par notre récif dont les spécialistes ont fait n’importe quoi. Les gens de la mer sont bien plus écologistes, que tous ces spécialistes. Et ils le sont devenus naturellement, parce qu’ils vivent chaque jour par et pour la mer, ils savent la lire, et connaissent toute cette vie qui les entoure et ils en font partie, comme les poissons, le corail ou le sable, ils en connaissent la beauté et savent se préserver des dangers, lorsqu’ils sont naturels. La mer ça ne s’apprend pas dans les livres. Ce sont eux les marins, et la mer est bien mieux gardée par ceux qui en ont besoin.

PS
Pour ceux qui se posent encore la question, je souhaite préciser que le nom de requin est un terme générique qui concerne 465 espèces répertoriées, et, que seules 3 d’entres elles sont protégées. Les espèces qui ont envahissent nos récifs et nos plages n’en font pas partie il s’agit de tigres et de bulldogs, et contrairement aux idées reçues, les requins ne sont pas en voie de disparition sur nos côtes, car même si on constate quelques prises accidentelles sur les long-liners, les requins ne sont pas pêchés à la côte.      Hugues SAVALLI

Clicanoo.re - publié le 2 novembre 2011 - Roches-Noires : baignade sous haute surveillance
Ça y est, depuis hier la baignade est ouverte sur la plage des Roches-Noires. Mais les plagistes devront se contenter d’une zone de bain restreinte et d’horaires à respecter. Des contraintes qui n’ont pas vraiment encouragé les baigneurs, puisqu’ils étaient peu nombreux à avoir fait le déplacement.

Photo Zinfo974

9h30 plage des Roches-Noires, hier. Une légère agitation est perceptible au bord de l’eau. Et pour cause, la baignade est à nouveau autorisée. Mais pas question de faire la course pour être le premier à se jeter à l’eau. Il faut d’abord que les maîtres nageurs mettent en place un dispositif de sécurité qui délimitera la zone de baignade. « Ce dispositif a été conçu et pensé par les maîtres nageurs. Cela va permettre aux gens de se baigner dans une zone certes restreinte mais sécurisée », explique Eric Pesnel, responsable des plages à la mairie de Saint-Paul. Les baigneurs évoluent donc dans un espace de 60 à 80 mètres matérialisé par des filets et des bouées. Un espace qui fait peine quand on regarde la superficie de la plage. « Dans l’avenir, nous pourrions envisager d’étendre cette zone », tempère Emmanuel Séraphin, adjoint à l’aménagement de la commune.
                                                       6 heures de baignade par jour
Le fonctionnement du dispositif est simple : dès qu’un requin touchera le filet, les bouées s’enfonceront dans l’eau, ce qui alertera les sauveteurs. “En plus des sauveteurs présents sur les chaises hautes et dans la vigie, il y aura un binôme de MNS à bord d’un Zodiac pour scruter autour de la zone de baignade », indique l’élu. Des observateurs sont également postés sur la digue pour avoir une meilleure vue d’ensemble. Alcatraz version plage… on sent que les attaques ont marqué les esprit et pour longtemps. Depuis le sable, les curieux observent la mise en place des filets qui leur serviront de remparts contre une éventuelle attaque et qui leur servira désormais de pataugeoire. Mais ils devront patienter encore avant de se jeter à l’eau. « Lundi, il y a eu un test grandeur nature et nous avons mis une heure pour tout déployer. Dans l’avenir, nous allons essayer de ramener ce délai à une demi-heure », précise Eric Pesnel. Les MNS s’affairent donc pour que les plaisanciers puissent aller à l’eau le plus vite possible. Et surtout puissent rester le plus longtemps dans les vagues. « Dès que la visibilité sera trop faible, nous remettrons la flamme rouge et la baignade sera de nouveau interdite. A partir de 16 heures le risque s’accentue, donc nous prendrons toutes nos précautions », précise le responsable. 6 heures de baignade dans la journée c’est mieux que rien mais cela ne va pas forcément faire la joie du public.
                                                  « C’est restreint comme zone de bain »
Au bout d’une heure et quart, les filets sont installés, les zodiacs et les observateurs sont en place. Seul la flamme rouge empêche les nageurs de tester les 80 mètres qui leur sont réservés. Mais les quelques baigneurs n’ont pas attendu le drapeau vert pour aller se baigner. « Ça fait vraiment plaisir de voir la baignade rouverte », déclare un MNS. Nicolas est venu en famille pour profiter cette journée. Mais cette réouverture le laisse perplexe. “Je trouve que c’est rigolo. Franchement si dans deux heures, il y a 200 personnes dans le bassin, ça va être un peu chargé ». Un peu plus loin Hélène est en vacances en famille. Elle réside depuis 15 jours pas très loin de la plage des Roches-Noires. « Je trouve que c’est très restreint comme zone de bain mais bon il y a toujours d’autres endroits dans l’île ou l’on peut se baigner ». Claudette, elle, relativise. La vacancière a pris son premier bain de mer, hier. « L’eau était délicieuse. C’est vrai que c’est un peu petit mais compte tenu des circonstances ça ne me gêne pas ». Dans l’eau comme sur la plage ont est loin de l’affluence tant attendue. Peut-être à cause de la Toussaint. Quoi qu’il en soit, le début de la saison touristique s’annonce morose.     Fabienne Fontaine

- Jérémy et Bruno : profession observateur Sur la digue, les plagistes ont pu apercevoir deux hommes en tee-shirt blanc les yeux rivés sur l’océan. Il s’agit de Bruno et Jérémy. Leur mission : scruter autour et à l’intérieur de la zone de bain pour signaler l’éventuelle présence d’un squale. « Nous sommes reliés par talkie-walkie avec les autres MNS. Nous avons également un mégaphone et des jumelles », précise Jérémy.
Le jeune homme est maître nageur en piscine, son collège pêcheur et body-boarder. « Nous avons reçu une formation et nous connaissons bien le milieu de la mer », indique Bruno. Avant d’ajouter : « Je connaissais Matthieu, c’est important pour moi d’être là. Et une plage fermée c’est trop triste ».

Zinfos974.com - Vendredi 4 Novembre 2011 - 07:59 - Ludovic Grondin - Silence radio sur le marquage requins

Changement de stratégie à la Préfecture. Bien que les événements des hauts de l'Ouest aient relégué à fort juste titre les marquages des squales au second plan, la campagne pour une meilleure connaissance de l'animal se poursuit. Mais désormais, il faudra se contenter d'un point délivré à la presse une fois par mois.
"Il n'y a pas eu de marquages lundi dernier et aujourd'hui (jeudi 3 novembre)" nous confirmait un membre de l'équipage des navires agréés pour le marquage des requins.
Si le nombre officiel d'opérations effectuées avec succès reste bloqué à trois selon toute vraisemblance, le choix de la communication préfectorale présage d'une nouvelle approche moins tape à l'oeil. Non pas que le sujet n'intéresse plus, bien au contraire, les commerçants de Boucan Canot pourraient d'ailleurs disserter, mais il faut semble-t-il sortir de cette psychose à entendre les interlocuteurs interrogés.
"Communiquer à chaque retour des bateaux met encore plus la pression sur les équipages. C'est le meilleur moyen de montrer à l'opinion que les marquages ne sont pas courronés de succès", tranche un proche du dossier. "Si chaque sortie est commentée comme elles l'ont été au tout début, on va commencer à entendre des gens dire que ça ne sert à rien". Or, le projet CHARC* se décline sur des mois et des mois de consolidation des connaissances.
Sans retour de notre demande de précisions à l'adresse de la sous-préfecture de Saint-Paul, voici donc le dernier positionnement révélé officieusement par les services administratifs. "La communication sur les marquages de requins se fera désormais une fois par mois, en forme de bilan car ça sera plus parlant sur l'efficacité de l'opération".
Dommage, des questions non élucidées comme l'autorisation par la préfecture de mixture de poissons pour appâter encore plus les requins auraient mérité d'être commentées. Après une sortie bredouille il y a une semaine, les chercheurs de l'IRD avaient ainsi évoqué la piste de l'utilisation un peu plus poussée de tambours de broyats de sardines et autres restes de poissons, histoire d'attirer beaucoup plus vite les prédateurs. La préfecture a-t-elle déjà mordu favorablement à la demande des pêcheurs agréés ? Réponse sans doute... dans un mois.
*Connaissances de l'écologie et de l'HAbitat de deux espèces de Requins Côtiers sur la côte Ouest de la Réunion

Clicanoo.re - publié le 11 novembre 2011 - Une médaille pour les sauveteurs d’Arnaud Dussel
       C’était le 6 juillet dernier sur le spot de Roches-Noires. Un jeune surfeur de 16 ans, Arnaud Dussel, était attaqué par un requin dans la zone du banc de sable. Le squale charge à deux reprises et croque sa planche. Les maîtres nageurs sauveteurs en poste repèrent immédiatement l’appel de détresse du jeune garçon. Patrick Bourgagrou et Grégory Thirel interviennent avec un jet ski pour lui porter assistance. Ils parviennent à le dégager de l’eau alors que le requin s’apprête à revenir à la charge. Pendant ce temps, leurs collègues Vincent Rzepecki et Bruno Rivière font évacuer la zone de bain. Tout cela en moins de cinq minutes. Bilan : une grosse frayeur mais pas de blessures pour le surfeur.
     Suite à une demande formulée par la députée-maire de Saint-Paul, la préfecture a accepté de distinguer les auteurs de ce sauvetage. Les quatre MNS vont ainsi être décorés d’une médaille de bronze pour "acte de courage et de dévouement". "C’est une reconnaissance qui fait honneur à tout le service, réagit Grégory Thirel. Ça montre aux gens qu’on est là quand il le faut". L’arrêté de cette distinction a été signé le mois dernier. Mais l’on ignore encore la date de la cérémonie.     V.B.
Clicanoo.re - publié le 12 novembre 2011 - Attaque de requin dans l’Est : le plongeur à l’hopital - Extrait
Une nouvelle attaque de requin a eu lieu hier, cette fois-ci dans l’Est, à Sainte-Rose. C’est un plongeur saint-joséphois qui a été blessé au pied gauche par un squale, ayant arraché sa palme. Il a été transporté à l’Anse-des-Cascades où les pompiers l’ont pris en charge et emmené à l’hôpital de Saint-Benoît, où il a subi une intervention chirurgicale.

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La sixième attaque de l’année, la première sur la côte au vent
Le 19 février 2011, un surfeur marseillais a la jambe arrachée par un requin sur le spot de Grand-Fond à Saint-Gilles.

- Le 15 juin, un body-boarder de 31 ans décède sur le spot de Boucan Canot après eu le bras arraché par un squale.

- le 6 juillet, un adolescent de 16 ans pratiquant le surf est chargé par un requin à 50 m au large de la plage de Roches-Noires à Saint-Gilles. Il s’en sort indemne.
- le 19 septembre, un professeur de body-board de 32 ans succombe à une attaque de squale sur le spot de Boucan Canot.

- le 5 octobre, un homme de 51 ans pagayant sur sa pirogue au large du Cap La Houssaye est attaqué par un requin qui détruit son embarcation mais l’épargne miraculeusement.

- Dans l’Est, la dernière attaque, avant celle d’hier, remontait au 27 mars 2010 et s’était déroulée sur le spot du Butor à Saint-Benoît. Le surfeur s’en était tiré indemne, mais pas sa planche. Avant, il faut remonter au 27 mars 2004 pour voir un surfeur grièvement blessé à la jambe par un requin, toujours sur le spot du Butor à Saint-Benoît. L’attaque d’hier est la première de l’année dans l’Est. C’est également la première signalée à Sainte-Rose.

Attaques de requin : les plongeurs plus rarement
Selon des sources auprès de l’enquête, après avoir réussi à "piquer" une carangue au bout de son harpon, Jean-Paul Delaunay aurait laissé sa proie en profondeur, et a remonté en surface, dans le but de la récupérer en tirant la ficelle. C’est peut-être cette décision qui lui a sauvé la vie sachant que s’il portait la carangue "blessée", le requin attiré par le sang du poisson aurait foncé direct sur lui, au niveau de la hanche ou de la ceinture, par exemple, et non en le traquant. En effet, lorsqu’il nageait vers la surface, le pêcheur saint-joséphois aurait senti qu’il a été suivi par une masse sombre qui s’est approchée de son pied gauche, puis a arraché sa palme. Plus tard, le médecin qui l’a examiné confirmera que la blessure provient bien de la morsure d’un requin.
Les surfeurs et autres amateurs de glisse étaient jusqu’ici les principales victimes des squales. A la Réunion, les plongeurs semblent avoir été relativement épargnés... jusqu’à hier. Par ailleurs, d’après les statistiques, les plongeurs équipés de bouteilles d’air comprimé seraient moins attaqués. Les Saint-Joséphois eux, n’en portaient pas et pratiquent la pêche en apnée, sachant que l’utilisation de tels équipements est interdite dans la pêche sous-marine. Cet épisode d’attaque dans l’Est - une zone inhabituelle - et à l’encontre des plongeurs en apnée constitue de nouveaux éléments à prendre en considération lors du prochain atelier requin. On a recensé cinq attaques de plongeurs entre 1980 et 1997 sur Trois-Bassins, Cap La Houssaye, Cap Méchant, Grande-Anse et la Pointe au Sel.
P.R.

(suite) Clicanoo.re - publié le 13 novembre 2011 - Attaque de requin : Plongeurs et pêcheurs entre étonnement et incompréhension
SAINTE-ROSE. Alors que le squale est très rarement observé sur la côte Est, l’attaque de requin survenue avant-hier au large de Bois-Blanc laisse les professionnels de la mer partagés entre étonnement et incompréhension.

L’attaque, heureusement sans gravité, d’un chasseur sous-marin avant-hier matin au large de Bois-Blanc était hier de toutes les conversations des habitués de la mer de cette côte sainte-rosienne. Un épisode qui détone tant par l’endroit où s’est produite la charge du squale que par sa proie désignée, un plongeur apnéiste (notre édition d’hier). Pour Philippe Jasmin, président de l’association des pêcheurs de Sainte-Rose, c’est un sentiment “d’incompréhension” qui domine. “Il est très très rare de croiser des requins dans l’Est, surtout depuis ces dernières années où le récif s’est dégradé et la faune a fortement diminué. On s’interroge vraiment, il y a quelque chose de pas normal dans cette histoire.”
                                                          Rarissime
Ce grand connaisseur des eaux de l’Est s’étonne également qu’un plongeur ait pu être pris pour cible. “Autant on avait pris pour acquis le fait que les surfeurs étaient des cibles privilégiées parce qu’ils sont en surface. Mais des plongeurs… Lorsque je chassais en sous-marin il y a quarante ans, on croisait beaucoup plus de requins que maintenant, mais ils n’attaquaient jamais… Au mieux, ils s’approchaient par curiosité, nous tournaient un peu autour et on les faisait fuir avec le harpon, sans plus.” Et de s’interroger sur les motivations du prédateur, plutôt intéressé d’habitude par les proies faciles, telles des tortues blessées ou malades. “Franchement, je me demande si les requins seraient plus agressifs parce qu’ils ont faim, ou parce qu’ils sont malades. Cela fait quand même beaucoup d’attaques dans la région, entre les Seychelles et ici, c’est quand même bizarre…” Du côté du club de plongée de Sainte-Rose, on est moins inquiet mais tout aussi surpris. “On voit tellement rarement de requins, alors que nous, plongeurs, on aimerait en croiser plus souvent ! En quinze ans de plongée dans le secteur, je n’ai vu qu’une fois un petit requin, et encore c’était la nuit”, explique Nicolas Noël, vice-président du club. “La communauté des plongeurs en bouteille sait que le requin ne représente qu’une menace infime pour elle… Là, il s’agit d’un chasseur, avec possiblement du sang de poisson harponné à proximité, et donc potentiellement plus de raisons d’être attaqué.” Plus interloqué qu’effrayé, Nicolas Noël craint surtout les répercussions auprès des plongeurs amateurs ou touristes qui pourraient délaisser l’activité à cause de ce type d’événement.Forcément, l’attaque de Bois-Blanc suscite plus de questions qu’elle n’apporte de réponse. Le témoignage du plongeur blessé au pied gauche évoquant “une masse sombre” n’apporte guère d’indication sur le type de squale qui a pu le mordre bien que, pour le corps médical, il ne fait pas de doute que c’est bien un requin qui a provoqué la blessure. Toujours hospitalisé hier matin avec une entaille sur le cou-de-pied et l’orteil, le chasseur saint-joséphois de 42 ans n’a pas souhaité répondre aux sollicitations des médias.
S. G.
Le 14 novembre 2011 - Un mail de Michel BERNARD - Adjoint au chef du service des actions interministérielles de la mer et du littoral - Direction de la mer Sud océan indien - 11, rue de la Compagnie - 97487 Saint Denis Cedex - tél : 0 262 901 902
michel-gaston.bernard@developpement-durable.gouv.fr .
Pour information, je vous adresse en pj l'arrêté préfectoral n°1775 du 10 novembre 2011 modifiant l'arrêté préfectoral n° 1578 du 17 octobre 2011 relatif à l'opération de marquage de requins
.
Clicanoo.re - publié le 15 novembre 2011 - Un requin observé sur le spot de la Tortue
Deux surfeurs de Saint-Leu affirment avoir vu un requin à 50 mètres du spot de la tortue ... Cette observation n’a visiblement pas été rapportée aux autorités.      lire
Le 16 novembre 2011 - Un mail de Michel BERNARD - Adjoint au chef du service des actions interministérielles de la mer et du littoral - Direction de la mer Sud océan indien - 11, rue de la Compagnie - 97487 Saint Denis Cedex - tél : 0 262 901 902
michel-gaston.bernard@developpement-durable.gouv.fr .
Je vous informe que les prochaines opérations de marquage "requins" auront lieu :
- mercredi 16 novembre de 14 heures à minuit (secteur Boucan)
- jeudi 17 novembre de 05 heures à midi (secteur Boucan)
J je vous rappelle le numéro de téléphone du Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage (CROSS) : 0 262 43 43 43 - Michel BERNARD
Clicanoo.re - publié le 17 novembre 2011 - “Prévention requin Réunion” rejoint le mouvement
Un nom de plus dans la liste des associations décidées à s’engager autour de la problématique requin...

« Prévention requin réunion » revendique 300 adhérents et le double de sympathisants via les réseaux sociaux. « Baigneurs, plongeurs, surfeurs et autres commerçants de la zone balnéaire », l’association brasse large et entend œuvrer « pour la réduction des risques inhérents aux activités maritimes et littorales, en particulier le risque requin, dans le cadre du développement durable ». À la tête du collectif, Loris Gasbarre, ami proche de Mathieu Schiller, et Serge Leplège, moniteur d’apnée. « On est tous des amoureux de la mer et on a des idées à faire valoir. Avec sept attaques de requins et 28 alertes recensées par les MNS, le bilan 2011 est inquiétant, témoigne Serge Leplège. Jusqu’à présent, les moyens mis en œuvre par les autorités sont insuffisants. Lancer des études à long terme, c’est bien, mais en terme de sécurisation immédiate, absolument rien n’a été fait ».
                              Contre les filets, pour les prélèvements
PRR milite pour une « réouverture partielle » de la réserve marine entre Boucan-Canot et Saint-Gilles. « Avant 2007, il n’y avait quasiment aucune observation de requin sur cette zone. L’augmentation de la ressource halieutique et la suppression des activités nautiques ont incontestablement contribué à rapprocher les squales de nos cotes », juge le porte-parole de l’association, en soulignant que « le décret constitutif de la réserve prévoit que le préfet puisse rendre certaines zones accessibles à la pêche et à la chasse sous-marine, sous certaines conditions, face aux plages ». À titre préventif, l’association réclame également le déplacement de la ferme aquacole de Saint-Paul, dont l’activité est jugée « déficitaire ». Quid du recours à des filets anti-requins ? « C’est une catastrophe écologique et ce système n’est pas adapté à la topographie des fonds marins de l’île ». En revanche, « Prévention requin Réunion » n’est pas opposé à des prélèvements de squales, dans deux cas de figure : « Après une attaque ou en cas d’observations régulières à proximité des zones de baignade », précise Serge Leplège, en rappelant au passage que cette solution est privilégiée sans état d’âmes dans des pays comme l’Australie ou l’Afrique du Sud, « pays qui ont 50 ans d’avance en matière de prévention ». Pour se faire connaître, l’association annonce l’organisation d’une opération militante ce dimanche à Boucan Canot, en marge de la fête de la mer. « On demande aux gens d’emmener des piscines gonflables sur la plage et de participer à une collecte de déchets » . V.B. Contact : www.prevention-requin-reunion.com
Source : La Réunion (IPR) - Publié le 17/11/2011 - Marquage des requins - La préfecture modifie son arrêté - La chasse sous-marine autorisée dans le parc marin
Depuis le jeudi 10 novembre 2011, la pêche sous-marine est autorisée par la préfecture dans l’enceinte de la réserve marine. Cette pratique était strictement interdite depuis la mise en place du parc marin. C’est pour capturer des appâts vivants (perroquet, licorne et carangue) et faciliter ainsi le marquage des requins que le préfet a pris cet arrêté. Ces prélèvements devront être faits « dans des quantités strictement proportionnées », dit l’arrêté. Aucune précision n’est donnée sur la qualité des personnes autorisées à pratiquer ces captures. Géry Van Grevelynghe, co-fondateur de l’association Squal’Idées, désapprouve cette décision préfectorale. Il estime les prélèvements « inappropriés » et note : « les gens vont se demander pourquoi dans le cadre d’une démarche scientifique, on tolère cette pratique, tandis que pour le loisir, on est en infraction ».
« C’est un appel négatif à la chasse dans la réserve marine », note Géry Van Grevelynghe. L’utilisation de proies vivantes « n’est pas scandaleuse » dit-il. Cependant, « elle pose problème car on capture ces proies en chasse sous-marine alors que cette activité est une infraction », explique le spécialiste des requins. Elément intéressant, son association, Squal’Idées, a, par arrêté préfectoral, obtenu « la coordination spécifique de l’opération de marquage » des requins.
Outre le fait d’autoriser à nouveau, « dans des quantités strictement proportionnées » la chasse sous-marine, l’arrêté préfectoral n° 1775 du 10 novembre 2011 (*) étend la zone d’action pour le marquage et donc le prélèvement d’appâts vivants. Ce qui du coup élargit encore un peu plus le secteur de pêche sur le périmètre de la réserve naturelle.
La décision d’apporter des modifications au premier arrêté datant du 17 octobre 2011 et réglementant le marquage des squales - sans autoriser la chasse sous-marine -, est due selon Géry Van Grevelynghe à un « empressement de la part des autorités ». « Au bout de quelques semaines d’autorisation de marquage, seuls des requins tigres ont été attrapés, et aucun bouledogue. Or, la préfecture voulait un résultat rapide, le pêcheur chargé de capturer les requins s’est retrouvé sous pression et a donc proposé la technique de capture à base d’appâts vivants », commente-t-il.
Pourtant, pour le co-fondateur de Squal’Idées, « la capture en chasse sous-marine n’est pas une technique appropriée ». Il souligne par ailleurs : « Ce n’est pas au bout d’un mois qu’il faut changer de méthode de pêche ». « Ce n’est pas parce qu’on a pas attrapé des requins bouledogues, accusés d’être responsables des attaques près de nos côtes, que l’opération de marquage est forcément un échec. C’est peut-être au contraire un début d’information », estime-t-il. « Il est possible que les bouledogues ne soient pas dans la zone actuellement. Les conditions météorologiques ne sont pas non plus propices à leur présence. C’est peut-être pour cela qu’on ne parvient pas à les attraper, et non pas parce que la technique de pêche n’est pas la bonne », insiste Géry Van Grevelynghe.
Il voit un autre inconvénient majeur à cette autorisation de chasse sous-marine, c’est, dit-il, « un appel négatif à la chasse dans la réserve. Les gens vont se demander pourquoi dans le cadre d’une démarche scientifique, on tolère cette pratique, tandis que pour le loisir, on est en infraction ». En effet, conformément à la réglementation sur la protection de la réserve marine, la loi punit toute action de chasse sous marine dans l’enceinte du parc et les contrevenants encourent de lourdes amendes. Difficile dès lors pour un particulier de comprendre que l’on puisse à la fois interdire la chasse sous marine de subsistance ou de loisir dans l’enceinte de la réserve et l’autoriser pour accélérer la capture de requins.
Une accélération qui tient visiblement à coeur la préfecture. Ainsi dans son arrêté du 10 novembre modifiant celui du 17 octobre, il est stipulé que les opérations de marquage sont dorénavant conduites à une fréquence « minimale » de deux fois par semaine. Dans le même temps, dit l’arrêté modificatif, les dates des opérations de marquage des squales seront communiquées à la commune de Saint-Paul avec un préavis minimal de 24 heures contre une semaine précédemment. Deux indications soulignant la volonté de la préfecture de faire marquer au plus vite le plus grand nombre possible de requins.
Le marquage des squales avait été décidé après les attaques successives contre des surfeurs, parfois très près des côtes. Il s’agit d’obtenir un maximum d’informations sur les comportements et les migrations des requins.                     Samia Omarjee pour www.ipreunion.com
 


(*) L’arrêté préfectoral du 10 novembre ajoute à l’article 6 de l’arrêté du 17 octobre, relatif au marquage des requins, l’alinéa suivant :« afin de préparer dans les meilleures conditions, les opérations (de marquage des requins - ndlr), le recours préalable à la capture d’appâts vivants (perroquet, licorne et carangue) dans des quantités strictement proportionnées à l’action de pêche est autorisée. La technique de pêche sous marine pourra, dans ce cadre et pour ces espèces, être employée »

Zinfos974.com - Jeudi 17 Novembre 2011 - Ludovic Grondin et Karine Maillot
Ça y est, "l'homme qui nage au milieu des requins et sans protection" est arrivé à la Réunion peu avant midi. Quelques jours après l'attaque mortelle d'un squale sur l'ex-champion Mathieu Schiller à Boucan Canot, l'idée a germé dans les têtes des spécialistes de plongée locaux. Les marquages privés peuvent désormais passer dans leur phase opérationnelle. La première sortie est attendue pour lundi.

Frédéric Buyle est né en Belgique en 1972. Apnéiste de compétition, il bat en 1995 le record du monde de poids variable en lac avec 51m en Belgique. En 1997, il bat le record de descente en poids constant en lac avec 53m en Suisse. Il le porte à 58m en 1999 et à 65m en 2000. Après cette carrière remplie de trophées, c'est pour assouvir une autre passion, la photographie sous-marine, qu'il entreprend de mieux connaître le seigneur des mers.
Il se concentre alors sur l'art de la photo, passion héritée de son arrière-grand-père, et de la vidéo sous-marine avec une particularité : tous ses clichés ne sont pris qu'en apnée, puisqu'il peut rester au moins 5 minutes sous l'eau. Cette particularité lui doit une réputation internationale dans le monde de l'apnée, les plus grands champions ayant été pris en photo ou filmés par lui.
                      Il propose spontanément son expérience aux plongeurs réunionnais
Aujourd'hui, il partage son temps entre les reportages photographiques, les tournages de documentaires et l'enseignement de l'apnée. Parallèlement à cela, il met ses compétences de plongeur apnéiste au service des scientifiques de terrain afin de les aider dans leur travail de télémétrie : contribuer au marquage des grands animaux marins, à leur recensement et au suivi de leurs déplacements.
Désormais, une autre mission l'attend. Alors que la psychose du requin a atteint son paroxysme le 17 septembre dernier lors d'une nouvelle attaque mortelle sur un pratiquant de la côte Ouest, "Fred nous a immédiatement contacté pour proposer son expérience", dira Georges Masanelli, président du comité régional de la Fédération française d'études et de sports sous-marins (FFESSM). C'est à l'aide d'une arbalète de chasse sous-marine munie d'une balise que le champion tentera de marquer les requins tigres et bouledogue à quelques mètres seulement de distance.
"Nos plongeurs devront s'approcher du squale pour pouvoir viser au mieux l'aileron", explique-t-on du côté des plongeurs bénévoles participant à cette opération forcément inédite dans les eaux réunionnaises. Même s'ils sont très expérimentés, l'initiative soulève malgré tout quelques craintes. "On verra ce qui va se passer. Le comportement des requins à la Réunion a complètement changé. Je suis totalement défavorable à cette méthode d'approche. J'espère qu'il n'y aura pas un autre mort...", nous dira un pratiquant de surf de Saint-Gilles il y a quelques jours.

Le 18 novembre 2011 - Mail de Nicolas LE BIANIC - Directeur du CROSS Réunion
02 62 43 43 43 - nicolas.le-bianic@developpement-durable.gouv.fr

Je vous prie de trouver ci-joint (ci-dessous ) le compte-rendu de la réunion du 03 novembre dernier au sujet du "risque requins" (atelier n°3 relatif à la "Gestion opérationnelle de l'alerte")
Je profite de l'occasion pour élargir la diffusion, en fonction des adresses récemment collectées.
Bien cordialement

MINISTÈRE DE L’ÉCOLOGIE, DU DÉVELOPPEMENT DURABLE DES TRANSPORTS ET DU LOGEMENT
Direction de la mer Sud océan indien
Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage
Risque requins - Réunion de l'atelier n°3 - « Gestion opérationnelle du risque requin »

jeudi 03 novembre 2011
Une seconde réunion de l'atelier n°3 s'est tenue au CROSS Réunion le jeudi 03 novembre 2011.
Cette réunion, faisant suite à une première réunion organisée le 08 septembre 2011 dans les locaux de la Direction de la mer sud océan indien, s'est poursuivie par une visite des installations du CROSS Réunion. Cette visite avait pour objectif de sensibiliser les participants aux procédures de surveillance et de sauvetage maritimes en vigueur.
Sont annexés au présent compte-rendu la liste des participants, le support de présentation utilisé et le tableau de suivi des mesures proposées dans le cadre de l'atelier n°3.
Les travaux ont porté sur les deux points suivants :
- présentation des procédures de secours applicables en cas d'attaque de requins
- présentation et discussion autour de la mise en place du réseau réunionnais de surveillance du risque requins
1 – Présentation des procédures de secours applicables en cas d'attaque de requins
Les conclusions issues des travaux conduits le 08 septembre par les services de secours et d'intervention ont été présentées aux participants.
Le schéma de l'alerte présenté est en vigueur au sein des centres opérationnels concernés (CROSS, CORG, CODIS, SAMU) ainsi qu'au sein des postes de plage. Il repose sur le principe de traitement par le CROSS de tous les accidents et événements constatés en mer et de traitement prioritaire par le SAMU des accidents constatés à terre (procédure d'appel 112). Un rebouclage des informations est systématiquement organisé par l'ensemble des centres opérationnels concernés en cas d'accident ou d'événement.
Le travaux visant à faciliter l'intervention des services de secours doit être conduit selon les modalités proposées lors de la réunion du 08 septembre : une sectorisation du littoral de la commune de Saint-Paul doit être proposée, et l'accessibilité des différents sites d'intervention assurée (respect des zones de circulation réservées).
De la même manière, les travaux relatifs à la signalétique fixe conduits par la mairie de Saint-Paul doivent intégrer la dimension secours (les panneaux devront notamment mentionner la procédure d'appel 112 en cas de constatation d'accident à terre).
2 – Présentation et discussion autour du projet de réseau réunionnais de surveillance du risque requins
L'information relative aux signalements de requins apparaît actuellement dispersée, peu partagée, et caractérisée par l'absence d'identification d'un point de contact unique permanent. Si des signalements sont ponctuellement recueillis, leur exploitation dans un but opérationnel ne peut donc actuellement être assurée de façon régulière.
Au regard de ce constat, il est proposé :
a - de centraliser ces signalements auprès d'une structure centrale et permanente, chargée d'en assurer une redistribution adaptée auprès des usagers de la mer d'une part, et des autorités concernées (mairie, préfecture) d'autre part.
b - de définir des critères permettant d'exploiter au mieux ces signalements dans un but opérationnel, en leur associant un « niveau de risque » (limité / modéré / élevé) permettant de rationaliser les mesures à prendre (hissage de flammes en zone surveillée, mise en place de patrouilles dédiées ou simple sensibilisation des moyens sur zone...).
La mise en place d'outils spécifiques en appui de ces deux propositions est recommandée.
2 – a – Centralisation des signalements et redistribution des informations auprès des usagers
Il est fondamental de pouvoir exploiter de façon permanente et en « temps réel » les signalements de requins, afin de pouvoir en assurer la rediffusion auprès des usagers de la mer d'une part, et de placer les autorités municipales et préfectorales en situation de prendre les mesures adaptées.
La centralisation de ces signalements au CROSS Réunion apparaît comme étant la plus appropriée du fait du mode de fonctionnement H 24 de ce service, et des moyens de communication dont il dispose.
La mise en réseau des usagers de la mer constitue un préalable indispensable. Deux outils doivent permettre de progresser en ce domaine :
- Elaboration puis large distribution d'une plaquettes simplifiée comprenant un descriptif des espèces dangereuses en bande côtière (tigre et bouledogue) et le numéro d'appel du CROSS Réunion. Le contenu de cette plaquette sera soumis aux experts scientifiques, son contenu devant s'inscrire en cohérence avec le projet CHARC qui prévoit notamment la création d'un réseau « experts » de signalement. La mise en place rapide d'un comité de rédaction de cette plaquette est préconisée.
- Participation des services impliqués dans la gestion du risque requins aux réunions périodiques des ligues et comités concernés afin d'exposer le mode de fonctionnement du réseau de surveillance du risque.
L'exploitation des signalements recueillis pourra, selon les cas (en fonction de la fiabilité de l'observateur, du lieu d'observation, ou encore de la précision des informations...), consister à rediffuser de façon ciblée ou élargie l'information vers les usages de la mer, selon les modalités suivantes :
- Information téléphonique des « points de contact » de terrain au premier rang desquels les postes de plage. Une réflexion interne devrait être conduite au sein des ligues et comités sur l'éventuelle désignation de points de contact permanents en leur sein.
- Diffusion par VHF de messages de sécurité en cas de risque modéré ou élevé. Les évolutions réglementaires de début d'année au sujet des conditions d'emploi de la VHF Marine sont, sur ce point, rappelées. Il est notamment indiqué que tous les titulaires d'un permis plaisance sont désormais autorisés à utiliser un poste fixe VHF à l'intérieur des eaux territoriales, et que l'emploi d'une VHF portative d'une puissance inférieure à 6 watts dépourvue du système ASN est possible dans ce même espace géographique, même en l'absence de qualification particulière. Ce moyen, peu coûteux et sûr, est particulièrement approprié pour une information immédiate des clubs et pratiquants d'activités nautiques sur les lieux de pratique. Son emploi est donc recommandé.
La possibilité de mobilisation de l'outil internet est également évoquée. Il convient cependant de privilégier une approche progressive en ce domaine. S'il est dès à présent pertinent d'assurer sur un site approprié une mise à disposition de supports généraux d'information sur internet (cartes, recommandations, actualités...) ou encore de favoriser le remplissage en ligne, a posteriori, de formulaires détaillés de signalement, il convient d'être prudent sur l'emploi en « temps réel », à des fins opérationnelles, de cet outil. Un outil de type « forum de partage de l'information»
risque ainsi d'être difficile à maîtriser, et paraît susceptible de générer une masse importante d'informations de qualité très variable.
De façon générale, l'utilité d'une rationalisation du réseau de surveillance est soulignée par l'ensemble des participants. Ces derniers soulignent toutefois qu'il y a peu de rencontres entre l'homme et les requins en dehors des pratiques de plongée sous-marine en apnée ou d'activité de pêche (sec de Saint-Gilles). L'hypothèse de la rencontre fortuite demeure toujours possible, ce qui justifie les propositions susmentionnées.
2 – b – Exploitation des signalements selon une grille d'analyse multi-critères
Il apparaît nécessaire de définir une grille d'analyse des signalements effectués afin de traduire de façon opérationnelle les informations recueillies en prenant des mesures adaptées à chaque situation.
Selon le cas, en fonction de critères permanents ou des signalements recueillis et de leur fiabilité, une classification du niveau de risque est proposée. Selon la classification proposée, des mesures particulières seront prises, tant dans les zones surveillées que dans les zones non surveillées.
Les tableaux ci-après synthétisent la démarche proposée :
Critères permanents (applicables en l'absence de signalement)

Environnement
Secteur Géographique 1
Avis de vigilance forte houle
5
Littoral St Paul
Avis de forte houle
3
Pluies drécentes
3
Secteur Cap La Houssaye / Port de St Gilles
3
Eau trouble
3
Secteur Port de St Gilles / Passe de l'Ermitage
2
Créneau horaire < 15 h
3
Secteur Passe de l'Ermitage / Secteur de 3 Bassins
2

Critères applicables en cas de signalement

Distance estimée par
rapport aux zones de
baignade et d'activités
nautiques
Identification requin
(tigre ou bouledogue}
Environnement
Observateur
Délai écoulé depuis l'observation
> 1 mille (1852
métres}
Incertaine
1
Forte houle
2
Expérimenté
3
1 heure
3
< 1 mille
2
Douteuse
2
Pluies récentes
1
Inespérimenté
1
- 1 heure
2
< 300 m
5
Certaine
5
Eau trouble
- 2 heures
1
Créneau horaire > 15 h.

Estimation du niveau de risque associé

  Zone surveillée Zone non surveillée
Niveau de risque
Risque élevé
Hissage d'une flamme spécifique,' "requins" "niveau 1" En l'absence de signalement, adoption de la posture d'alerte D pouvant comprendre l'interdiction temporaire de pratique des activités nautiques sur tout ou partie du littoral communal
En cas de signalement fiable de présence de requins, mise en oeuvre des dispositions spécifiques suivantes
- Information générale des usagers de la mer selon les procédures habituelles (message sécurité par VHF)
- Information mairie et préfecture
- Mise en oeuvre de patrouilles dédiées par les moyens de service public par le CROSS en cas de signalement de requin
Risque modéré Hissage d'une flamme spécifique,' "requins" "niveau 2" Adoption de la « posture de vigilance renforcée D selon les cas l'interdiction temporaire de pratique des activités nautiques sur tout ou partie du littoral communal, la diffusion d'information aux usagers de ta mer, et une information de la mairie
Les mayens publics ou en mission proche seront sollicités pour réaliser des patrouilles de surveillance
Risque limité   Posture de vigilance simple (sensibilisation des moyens publics ou en mission proche par le CROSS)

Mesures opérationnelles associées
Il est proposé, avant l'entrée en vigueur de cette grille d'analyse, de solliciter une nouvelle fois l'avis des participants à l'atelier, les critères retenus et leur pondération restant encore à affiner.
vos remarques ?

Source : La Réunion (IPR) - Publié le 18/11/2011 - Tollé des scientifiques et recul probable du préfet
Ce vendredi 18 novembre 2011, Imaz Press Réunion révélait que la préfecture avait autorisé la pêche sous-marine au sein de la réserve marine par le biais de l’arrêté n°1775 en date du 10 novembre 2011 dans le cadre de l’autorisation de marquage des requins. Et cela alors que cette pratique est strictement interdite depuis la mise en place du parc marin. Au sein de la communauté scientifique, cette autorisation a créé un véritable tollé, notamment pour l’association Squal’Idées, pourtant coordonateur des opérations de marquage. Son co-fondateur, Géry Van Grevelynghe, jugeait même la capture d’appâts vivants en chasse sous-marine pour attirer les requins « inappropriée », et soulevant au passage que « les gens vont se demander pourquoi dans le cadre d’une démarche scientifique, on tolère cette pratique, tandis que pour le loisir, on est en infraction ». L’association Sea Shepherd se préparerait de son côté à déposer un dossier préalable à un recours en annulation de cet arrêté devant le tribunal administratif. Selon les dernières informations, au niveau de la préfecture, un nouvel arrêté modificatif à celui du 10 novembre est en cours actuellement.

      Pour rappel, l’arrêté du 10 novembre autorise la capture en chasse sous-marine d’appâts vivants (perroquet, licorne et carangue) au sein du parc marin, afin de faciliter les opérations de marquage des requins. Ces prélèvements devront être faits « dans des quantités strictement proportionnées », dit l’arrêté. Aucune précision n’est donnée sur la qualité des personnes autorisées à pratiquer ces captures.
     Pour Géry Van Grevelynghe, spécialiste des requins et co-fondateur de Squal’Idées, si l’utilisation de proies vivantes « n’est pas scandaleuse », « elle pose problème car on capture ces proies en chasse sous-marine alors que cette activité est une infraction ». Selon lui, la décision d’apporter des modifications au premier arrêté en date du 17 octobre 2011 réglementant le marquage des squales - sans autoriser la chasse sous-marine - est due à un « empressement de la part des autorités » car aucun requin de type bouledogue n’a été marqué jusqu’à maintenant. « La préfecture voulait un résultat rapide, le pêcheur chargé d’attraper les squales s’est retrouvé sous pression et a donc proposé la technique de capture à base d’appâts vivants », commente-t-il.
      Pourtant, il estime que « ce n’est pas parce qu’on a pas attrapé des requins bouledogues, accusés d’être responsables des attaques près de nos côtes, que l’opération de marquage est forcément un échec. C’est peut-être au contraire un début d’information », comme de quoi les bouledogues ne seraient pas sur zone actuellement.
     Il voit un autre inconvénient majeur à cette autorisation de chasse sous-marine. C’est, dit-il, « un appel négatif à la chasse dans la réserve. Les gens vont se demander pourquoi dans le cadre d’une démarche scientifique, on tolère cette pratique, tandis que pour le loisir, on est en infraction ». En effet, conformément à la réglementation sur la protection de la réserve marine, la loi punit toute action de chasse sous-marine dans l’enceinte du parc et les contrevenants encourent de lourdes amendes. Difficile dès lors pour un particulier de comprendre que l’on puisse à la fois interdire la chasse sous-marine de subsistance ou de loisir dans l’enceinte de la réserve et l’autoriser pour accélérer la capture de requins.
www.ipreunion.com
Le 18 novembre 2011 - Mail de Nicolas LE BIANIC - Directeur du CROSS Réunion
02 62 43 43 43 - nicolas.le-bianic@developpement-durable.gouv.fr
Vous trouverez en pièce jointe l'arrêté "marquage" en date du 18 novembre qui remplace et consolide les précédents arrêtés (texte) relatifS à cette opération. Il appelle les commentaires suivants :
- afin de faciliter l'organisation générale des opérations et d'assurer l'information des usagers, une sectorisation a été définie (A/B/C) (carte)
- il convient de conserver une distance minimale de 0,5 mille par rapport aux navires de pêche et de marquage. Le navire de pêche portera en mâture les marques réglementaires de capacité de manoeuvre restreinte (schéma sur carte)
- vous serez informés, avec un préavis réduit (24 heures), par voie de mail, de la date et du secteur où se dérouleront les opérations
- la diffusion VHF d'un avis aux navigateurs sera émis par le CROSS le jour des opérations dans les conditions habituelles

Source : La Réunion (IPR) - Publié le 18/11/2011 - La chasse sous-marine de nouveau interdite dans la réserve - La préfecture fait marche arrière

La chasse sous-marine n’est plus possible dans la réserve naturelle. Le préfet a pris un arrêté en ce sens ce vendredi 18 novembre 2011. Cette décision annule donc en partie l’arrêté n°1775 en date du 10 novembre 2011, qui... autorisait la pêche sous-marine en plein parc marin. Il s’agissait pour la préfecture de faire prélever des appâts vivants afin de faciliter les opérations marquage de requins. Ainsi que le révélait Imaz Press Réunion ce jeudi 17 novembre au soir, la capture autorisée de licornes, carangues et perroquets en plein parc marin avait provoqué un tollé du coté des scientifiques. Ce mécontentement et sa médiatisation ont fini par faire reculer la préfecture. « Suite à des réactions assez vives de la communauté scientifique, la pêche sous-marine dans la réserve sous-marine est de nouveau interdite » a indiqué ce vendredi soir Thomas Campeaux, sous-préfet de Saint-Paul.
Le nouvel arrêté préfectoral abroge ainsi les deux précédents en ce qui concerne les opérations de marquage de requins. Il réunit les principaux points des deux précédents, avec une différence de taille : la chasse sous-marine dans la réserve naturelle est de nouveau interdite.
La décision d’autoriser cette pêche sous-marine s’inscrivait dans le cadre de l’utilisation d’appâts vivants pour attirer les requins afin de marquer un maximum de spécimens. « Pour donner plus de marge de manoeuvre au pêcheur, il avait été décidé de changer de méthode. C’est pour cela que les dates des opérations de marquage ont été rapprochées et que le recours aux appâts vivants a été décidé, puisque les poissons qui bougent attirent forcément davantage. Pour capturer ces appâts, le pêcheur a suggéré la chasse sous-marine », explique Thomas Campeaux. Cette pêche sous-marine avait été autorisée par l’arrêté n°1775 en date du 10 novembre 2011, et cela dans la réserve naturelle, où les poissons sont nombreux. Pourtant, cette pratique est strictement interdite depuis la mise en place du parc marin.
« Nous avons toujours dit qu’il était possible de faire évoluer les techniques de pêche, puisque le but de cette opération est de marquer un maximum de requins tigres et bouledogues, dans le but d’obtenir le plus rapidement possible des résultats quant aux habitudes et aux comportements de ces espèces dans les eaux réunionnaises », se défend le sous-préfet.
Cette hâte a poussé la préfecture à prendre une décision unilatérale sur la chasse sous-marine dans la réserve marine. La communauté scientifique n’avait pas donné son aval et pour cause : elle n’avait pas vraiment été consultée. « Des réactions assez vives ont été exprimées. La chasse sous-marine dans la réserve est donc de nouveau interdite », souligne Thomas Campeaux. Il aura quand même fallu attendre huit jours avant de mettre fin à cette pratique que les scientifiques n’approuvaient pas.
Pour rappel, l’arrêté du 10 novembre autorisait la capture en chasse sous-marine d’appâts vivants (perroquet, licorne et carangue) au sein du parc marin, afin de faciliter les opérations de marquage des requins. Ces prélèvements devront être faits « dans des quantités strictement proportionnées », disait l’arrêté. Aucune précision n’était donnée sur la qualité des personnes autorisées à pratiquer ces captures.
Géry Van Grevelynhe, spécialiste des requins et co-fondateur de Squal’Idées, précisait que si l’utilisation de proies vivantes n’était « pas scandaleuse », elle posait problème dans le sens où l’arrêté n°1775 permettait la chasse sous-marine dans la réserve naturelle. C’est, disait-il, « un appel négatif à la chasse dans la réserve. Les gens vont se demander pourquoi dans le cadre d’une démarche scientifique, on tolère cette pratique, tandis que pour le loisir, on est en infraction ». En effet, conformément à la réglementation sur la protection de la réserve marine, la loi punit toute action de chasse sous-marine dans l’enceinte du parc et les contrevenants encourent de lourdes amendes.
Difficile dès lors pour un particulier de comprendre que l’on puisse à la fois interdire la chasse sous-marine de subsistance ou de loisir dans l’enceinte de la réserve et l’autoriser pour accélérer la capture de requins. Un fait qui restera de toute façon incompris même si, sous la pression du mécontentement des scientifiques et de la médiatisation de cette colère par Imaz Press Réunion, la chasse sous-marine dans la réserve est donc de nouveau interdite.     Samia Omarjee pour www.ipreunion.com

Clicanoo.re - publié le 19 novembre 2011 - Marquage de requins : l’État s’embrouille
En s’ingérant dans le protocole scientifique du projet Charc, les services de la préfecture ont décidé unilatéralement d’autoriser la chasse sous-marine dans la réserve le 10 novembre dernier. La levée de bouclier des scientifiques a forcé l’État à faire marche arrière dans la journée. Cacophonie totale...

Si l’État voulait jeter le discrédit sur ses propres décisions, il ne s’y prendrait pas autrement. Le site d’information Imaz Presse Réunion dévoilait en effet jeudi soir que la préfecture avait, dans un arrêté du 10 novembre dernier, autorisé la chasse sous-marine dans le périmètre de la Réserve. Motif : faciliter la capture de poissons censés servir d’appâts vivants pour mieux capturer et marquer les requins, dans le cadre du programme Charc.
Une décision prise en catimini qui en dit long sur les difficultés de la préfecture à gérer sereinement ce dossier requins. Il faut en effet revenir quelques jours et semaines en arrière pour comprendre ce choix ubuesque. L’équipe Charc, composée de l’association Squal’idées, porteur du projet, de l’IRD et de pêcheurs, peine depuis le début à marquer les squales. Du moins elle ne marque que trois requins-tigre en une dizaine de sorties alors que la responsabilité des attaques a été le plus souvent, à tort ou à raison, imputée à des requins-bouledogue. Insatisfaits, les services de l’État ont donc décidé de mettre la pression sur l’équipe et s’est de manière tout à fait illégitime ingérée dans le protocole scientifique. Une réunion s’est notamment tenue en préfecture le mardi 8 novembre dernier, en l’absence de Fanch Landron et de Géry Van Grevelynghe (Squal’idées) mais aussi en l’absence des deux chercheurs de l’IRD et du sous-préfet de Saint-Paul qui pilote habituellement les opérations. N’étaient présents qu’Antonin Blason, le jeune scientifique qui coordonne les marquages et Thierry Gazzo, le pêcheur choisi pour les prélèvements.
                                                  Des résultats ou la porte
C’est surtout à ce dernier que le ou les fonctionnaires ont adressé leurs menaces. Menaces de le remplacer si des marquages de bouledogues n’étaient pas obtenus rapidement. Des noms d’autres pêcheurs ont même été avancés. Celui de Jean-Louis Barroche, déjà choisi pour la battue préfectorale. Celui aussi de Christophe Perry, condamné pour sa battue punitive après la disparition d’Eddy Aubert. Selon nos informations, l’État par le biais de son représentant ce jour-là aurait donc exigé une solution et Thierry Gazzo aurait alors soumis l’idée d’autoriser la chasse sous-marine pour utiliser des appâts vivants. Sous réserve qu’un poisson fléché le reste encore longtemps. L’État a préféré oublier que Thierry Gazzo est par ailleurs un passionné de chasse sous-marine. Il n’y a semble-t-il vu aucun conflit d’intérêt. Par ailleurs, il faut rappeler que ce pêcheur, alors contesté par la préfecture, a été choisi par la Deal, c’est-à-dire la préfecture elle-même. Bref, la solution en question a donc été immédiatement adoptée et deux jours après, la chasse était autorisée dans la Réserve. Aucun scientifique n’a été consulté a priori. Ni les responsables de Squal’idées, pourtant théoriquement aux manettes du programme de marquage, ni les chercheurs de l’IRD, ni non plus les membres du conseil scientifique de la Réserve, pourtant concernés au premier chef. Lorsqu’ils ont été consultés, après parution de l’arrêté, tous ces scientifiques ont expliqué l’impact symbolique d’une telle décision. Ils ont tenté de faire comprendre aux représentants de l’État qu’il s’agissait là d’un recul majeur pour la protection de l’environnement à la Réunion. Une brèche dans laquelle se seraient évidemment engouffrés d’autres chasseurs que ceux autorisés. Une sorte d’invitation adressée à tout ce que l’île compte de braconniers. "C’est un message dangereux" confirme Géry Van Grevelynghe, co-fondateur de Squal’idées. "D’autant plus que quand une volonté politique exige des résultats forcés, on sort du cadre scientifique". Plusieurs membres du conseil scientifique de la Réserve nous ont également confié hier leur opposition à cette mesure. Et si la présidente du conseil, Sonia Ribes, a refusé catégoriquement de commenter cette affaire, préférant raccrocher promptement, un autre membre nous a affirmé qu’une démission en bloc avait bel et bien été évoquée. "Ça a été l’une des options que nous avons proposée".
                                            "On sort du cadre scientifique"

Devant cette levée de bouclier, la préfecture a dû faire marche arrière. Le sous-préfet de Saint-Paul qui a repris le dossier en main après plusieurs jours d’absence a décidé de remplacer l’arrêté du 17 octobre modifié le 10 novembre par un nouveau texte réglementaire. Et toute référence à la chasse sous marine dans la Réserve a disparu. "Vues les protestations, effectivement, nous avons supprimé cet élément" confirme-t-il. Sur les circonstances dans lesquelles cette décision a été prise, Thomas Campeaux rappelle qu’il n’a pas assisté aux réunions. Il explique également que le Conseil scientifique de la Réserve n’a qu’un rôle consultatif et qu’il revient au préfet de prendre ce type de décision. Il reconnaît malgré tout qu’un avis des scientifiques aurait été le bienvenu dans ce cas précis. "Je réunirai tout le monde autour d’une table la semaine prochaine et chacun pourra s’exprimer".
Le sous-préfet conteste par ailleurs toute pression que pourrait de nouveau subir l’équipe en charge des marquages. "On est encore en train de se chercher, c’est une opération préalable à l’étude scientifique, une opération de rodage. Il a toujours été clair dans mon esprit que ce serait un travail long et difficile. On essaie de faire au mieux, il faut dépassionner tout ça (...) Il faut laisser les pêcheurs pêcher et les marqueurs marquer". En langage diplomatique, cela s’appelle rattraper une énorme bévue.     Romain Latournerie
Le 22 novembre 2011 - Mail de Nicolas LE BIANIC - Directeur du CROSS Réunion
02 62 43 43 43 - nicolas.le-bianic@developpement-durable.gouv.fr
Vous trouverez en pièce jointe l'arrêté "marquage" en date du 18 novembre
Comme vous le savez sans doute, une opération de marquage de requins en apnée débute cette semaine.
Cette opération, menée parallèlement à l'opération conduite par un navire professionnel et un navire de marquage depuis le début du mois d'octobre, doit être conduite jusqu'au début du mois de décembre.

Afin d'assurer un niveau de sécurité équivalent, il a été demandé aux responsables de l'opération "apnée" d'appliquer les mêmes règles que celles applicables pour l'opération de pêche/marquage.
Cela signifie, en pratique :
     - l'application de la sectorisation (A/B/C)
     - préavis de 24 heures adressé au CROSS
Sur cette base, à l'instar de ce qui a été retenu pour l'opération de pêche/marquage
     - le CROSS vous informera avec un préavis de 24 heures, par voie de mail, de la date et du secteur où se dérouleront les opérations
     - le CROSS diffusera un avis aux navigateurs par VHF le jour des opérations
Il vous est demandé de conserver une distance minimale de 0,5 mille par rapport au navire support plongée.
Les opérations seront généralement conduites en matinée
Les opérations prochaines se dérouleront comme suit :
- mardi 22 novembre : secteur A (Baie de Saint-Paul)
- mercredi 23 novembre : secteur C ('"3 bassins")
Clicanoo.re - publié le 22 novembre 2011 - 2 requins aperçus à Roches Noires
À la mi-journée, les MNS des Roches Noires ont hissé hier pour la première fois le drapeau rouge d’alerte requin. Deux bouledogues ont en effet été signalés dans la zone. Ce sont les plongeurs apnéistes du programme de marquage qui ont donné le signal.

Opérationnel depuis une quinzaine de jours, le nouveau dispositif d’alerte aux requins n’avait encore jamais été mis en pratique à son seuil maximal. C’est désormais chose faite. Hier matin, les MNS des Roches Noires avaient en effet hissé le drapeau rouge baignade, comme c’est désormais l’usage lorsque la houle est conséquente et que l’eau est jugée trop trouble pour une surveillance correcte. Flamme baignade rouge donc et flamme requin orange, ce qui signifie, rappelons-le, que les conditions météo sont propices à la présence de squales dans la zone. Mais à la mi-journée, les MNS ont dû hisser la flamme requin rouge, après un appel du Cross. Une première justifiée par la présence de deux bouledogues, observés à environ 400 mètres du bord, face au poste de secours. Deux requins de plus de deux mètres qui ont pu être approchés par les plongeurs dont le spécialiste belge Frédéric Buyle.
Le Comité régional de plongée a en effet débuté hier sa campagne de marquage en parallèle du projet Charc mené lui par Squal’idées et l’IRD. Fred Buyle, son comparse canadien William Winram et plusieurs plongeurs réunionnais se sont mis à l’eau en milieu de matinée du côté des Roches Noires. Une série d’apnées rendue difficile par la mauvaise visibilité mais qui a donc finalement débouché sur l’observation des deux squales, près de 100 mètres derrière la dernière bouée d’amarrage au-dessus de fonds sableux. Les plongeurs n’ont cependant pas réussi à marquer les squales, faute d’avoir pu se positionner à la distance requise, soit 1 m à 1,50 m. « Ils sont curieux mais ils ne se laissent pas approcher facilement » a expliqué un peu plus tard dans la journée leur accompagnateur Guy Gazzo. Impossible donc hier de les observer de plus près et par conséquent de placer la marque sur la nageoire dorsale comme le prévoit le protocole choisi.
                                                         « Ils ne se laissent pas approcher »
Les plongeurs disposent au total de dix balises émettrices et de deux stations réceptrices qui devraient être confiées aux scientifiques du projet parallèle pour analyser les déplacements des requins équipés. De nouvelles tentatives sont donc attendues dans les prochains jours, sous réserve que les conditions météo redeviennent favorables. Fred Buyle et William Winram ont prévu de rester trois semaines au total sur l’île. Charge ensuite aux plongeurs locaux qu’ils auront formés de poursuivre l’expérience, si elle s’avère concluante. L’équipe attend toujours pour le moment l’autorisation de marquer elle aussi les squales dans le périmètre de la Réserve. Ce qui devrait faciliter sa tâche. R. Lt. avec V.B.
Clicanoo.re - publié le 23 novembre 2011 - “Pas une attaque de requin en 40 ans de plongée”
Les professionnels de la plongée sous-marine souffrent de la crise requin et se lancent dans une opération de reconquête du grand public. Objectif : redonner confiance en une activité qui n’a pas connu la moindre attaque en plus de 40 ans d’existence sur l’île.
On les avait peu entendus depuis le début de cette année noire. Ils sont enfin sortis de leur mutisme hier à l’occasion d’une conférence de presse co-organisée par l’IRT. Les professionnels de la plongée en bouteille sont en effet eux aussi victimes de la crise requins. La plupart des clubs avancent des pertes d’activité de 30 à 50% depuis le mois de juillet et les premières victimes sont les moniteurs indépendants embauchés par les structures lorsque la demande est importante. C’est le cas normalement en ce moment même pendant la haute saison qui s’étend de novembre à avril.
“D’habitude sur un groupe de 20 touristes, on en avait au moins dix qui venaient faire un baptême” explique Max Gralle, pour Bleu Océan à Saint-Leu. “Aujourd’hui on en a quatre, puis un la veille, un autre le matin même, et on en a seulement deux au final”. La peur du requin est, selon les professionnels, sur toutes les lèvres. “Quasiment tous ceux qui viennent dans les clubs nous demandent si c’est autorisé, si c’est dangereux etc... Et même avec ceux qui ne posent pas la question, on est obligé d’anticiper, il y a un gros travail pédagogique à faire”, explique Nicolas Glélé Kakaï chez Ô sea bleu à Saint-Gilles.
                                                          12 000 plongées, 5 observations
Un travail de pédagogie pour expliquer au grand public que la plongée en bouteille est certainement l’une des activités nautiques les moins exposées au risque requin. Pas question d’affirmer un risque zéro mais plutôt des statistiques rassurantes. “À la Réunion, le Comité Région de la Fédération française d’études et de Sports Sous-Marins existe depuis 1973 et on plongeait déjà avant depuis quelques années” rappelle Georges Masanelli qui préside ce comité. “Et de mémoire de plongeurs, il n’y a jamais eu d’attaques de requins sur des plongeurs en club à la Réunion”. C’est un fait incontestable, les accidents de cette nature sont extrêmement rares, tout aussi rares que les rencontres fortuites entre plongeurs-bouteilles et squales. “Nous avons fait environ 12 000 plongées cette année et nous avons fait seulement 5 observations” argumente Nicolas Glélé Kakaï. Même en recherchant la confrontation, les occasions d’apercevoir des squales restent limitées. Seuls quelques initiés parviennent sur certains lieux précis et à des heures bien déterminées à en observer régulièrement. “D’ailleurs nous plongeurs, nous aimerions en voir plus” appuie Georges Masanelli.
“S’il y avait un spot comme la grotte aux requins qui a existé à Maurice, ce serait une attraction pour l’activité plongée”. En visite sur l’île, le président national de la FFESSM est venu aider hier les licenciés locaux à lutter contre cette peur du requin statistiquement illégitime. Pour Jean-Louis Blanchard, le requin n’est non seulement pas un danger pour les plongeurs mais au contraire “un vecteur de vente”. Il explique que des destinations touristiques comme la Polynésie ou les rives de la Mer Rouge se sont même spécialisés dans ce domaine. “Là-bas les gens achètent justement des safaris requins. Il y a peu de destinations dans le monde où les plongeurs peuvent observer les requins, et ce qui est sûr c’est que la Réunion n’en fait pas partie”. Jean-Louis Blanchard s’est engagé hier à communiquer en ce sens dès son retour en métropole. L’IRT à son tour a promis un effort particulier lors du prochain salon de la plongée qui se déroulera à Paris du 13 au 16 décembre. Des moyens humains et techniques pour marteler encore et encore le message : la plongée bouteille n’est pas dangereuse à la Réunion.      Romain Latournerie
Clicanoo.re - publié le 24 novembre 2011 - Les apnéistes marqueront dans la réserve
La préfecture va donner son aval : les apnéistes auront très prochainement le droit d’aller marquer les requins en pleine réserve marine. Ce qui devrait augmenter les chances de réussite.

Fred Buyle et William Winram, les deux apnéistes chargés du marquage privé de requins, disposeront prochainement d’une plus grande marge de manœuvre. Très certainement en début de semaine prochaine. "Ils vont pouvoir aller dans la réserve marine", indique le sous-préfet de Saint-Paul, Thomas Campeaux. "C’est en cours d’instruction, il faut que je mène une dernière consultation auprès des acteurs concernés et notamment auprès du conseil scientifique", poursuit-il, soulignant qu’il aurait été judicieux d’effectuer cette demande bien plus tôt.
                                     "on souhaiterait avoir carte blanche"
Ce feu vert va soulager les deux spécialistes. Hier, au large de Saint-Gilles, ils ont pu seulement approcher un bouledogue, sans le toucher. "Ils l’ont vu mais il est timide. Vous savez, c’est tout ou rien. Ou ils attaquent, ou ils reculent", commente l’apnéiste chevronné Guy Gazzo. En tout cas, Fred Buyle et son homologue commencent à s’impatienter. Ils estiment qu’ils ne peuvent pas mener correctement leur mission dans un tel contexte. "On souhaiterait avoir carte blanche", confie Guy Gazzo. "Tous les jours, il y a de nouvelles interdictions qui pèsent sur cette zone. Fred commence à se demander ce qu’il fait là. On attend la bonne volonté des autorités". Cette nouvelle autorisation, qui sera officialisée dans les jours prochains, tombe donc à pic. L’opération de marquage privée connaîtra peut-être une plus large réussite que jusqu’à présent.    D.F.B

Clicanoo.re - publié le 24 novembre 2011 - Sea Shepherd pas si polémique sur le dossier requins
Sea Shepherd Réunion a listé hier de façon exhaustive ses positions sur la gestion du risque requin. On pouvait s’attendre à des préconisations polémiques, vu les invectives haineuses échangées avec d’autres associations locales depuis plusieurs semaines. Mais force est de constater que le relais local de l’ONG maritime s’accorde au moins sur certains points avec ses contradicteurs. Sur l’impact possible de la ferme aquacole de Saint-Paul d’abord, que dénoncent également les lobbies adverses. "Il est fort possible que cette installation attire les grands requins depuis leurs lieux de vie plus au large vers la côte et qu’ensuite ceux-ci explorent le littoral avant de repartir" avance Sea Shepherd. Une hypothèse qui fait la quasi-unanimité parmi les observateurs de cette crise. Le désir, ensuite, d’une meilleure information des surfeurs et autres pratiquants d’activités nautiques, rapproche les camps opposés. "Le public pratiquant des activités nautiques doit être correctement informé sur la présence des requins et les habitudes liées à leur comportement alimentaire, et ainsi pouvoir prendre des décisions éclairées quand ils décident de pratiquer leur activité", écrit en effet Sea Shepherd Réunion. Les groupes de surfeurs réclament eux aussi de longue date une meilleure signalétique, par ailleurs en cours d’installation (un peu tardive).
                                                    Des points de désaccord malgré tout
Autre point de convergence : la nécessité d’aider financièrement les commerçants sinistrés. Il faut selon l’ONG "envisager un soutien économique aux activités qui peuvent être lourdement pénalisées dans les situations où les conditions météo, favorables la présence des squales, imposeraient de façon prolongée la fermeture des plages". Enfin, les militants écologistes partagent avec les autres associations un avis pour le moins dubitatif sur le projet Charc. Pour autant Sea Shepherd reste ferme sur d’autres volets de cette affaire. Des points d’achoppement définitifs avec les autres associations. Pas de prélèvement de requins "pour des raisons faussement sécuritaires" , explicite par exemple le texte quand ses adversaires exigent, eux, l’élimination de quelques individus jugés dangereux. Ni drum line, ni filet anti-requin plaide encore le communiqué qui demande aussi un respect de la Réserve dans sa configuration actuelle. "Les règles élémentaires de prudence couplées avec des mesures de surveillance des zones et d’information du grand public devraient permettre un retour à la normale sans que soit portée atteinte aux animaux" résume Sea Sheperd dont le communiqué est consultable en intégralité sur internet;   R. Lt.
Le 03 décembre 2011 - Mail de Nicolas LE BIANIC - Directeur du CROSS Réunion
02 62 43 43 43 - nicolas.le-bianic@developpement-durable.gouv.fr
Vous trouverez en pièce jointe l'arrêté "marquage" en date du 18 novembre

Vous êtes informés que les opérations de marquage "de surface" (navire professionnel et navire de marquage) se dérouleront demain mercredi 07 décembre entre 14h et 23h secteur Roches Noires puis large St Gilles/Boucan Canot
Vous êtes informés que les opérations de marquage en apnée se dérouleront demain Lundi 05 Décembre à partir de 08 h 00 secteur B de Saint Gilles.
Vous êtes informés que les opérations de marquage en apnée se dérouleront demain dimanche 04 décembre à partir de 08 h 00 secteur Pointe des Galets.
Vous êtes informés que les opérations de marquage en apnée se dérouleront demain samedi 03 décembre à partir de 08 h 00 secteur Pointe des Galets.
Vous êtes informés que les opérations de marquage en apnée se dérouleront ce jour vendredi 2 décembre à partir de 09h00 en secteur A ( baie de St Paul).
Vous êtes informés que les opérations de marquage "de surface" (navire professionnel et navire de marquage) se dérouleront demain Jeudi 1er Décembre après midi en secteur A (boucan canot)

Vous êtes informés que les opérations de marquage en apnée se dérouleront demain mercredi 30 novembre à partir de 06h00 en secteur B
Ces opérations se dérouleront en coordination avec l'opération publique, sur le même site (secteur Saint Gilles)
Une diffusion VHF 16 sera assurée par le CROSS, le jour des opérations dans les conditions habituelles
Vous êtes informés que les opérations de marquage en apnée se dérouleront demain mardi 29 novembre à partir de 08 h 00 en secteur B (BOUCAN)
Ces opérations se dérouleront en coordination avec l'opération publique, sur le même site (sortie du Port de Saint-Gilles à proximité des bouées d'amarrage des navires support plongée)
Vous êtes informés que les opérations de marquage "de surface" (navire professionnel et navire de marquage) se dérouleront demain Mardi 29 novembre entre 04 h 00 et 12 h 00 en secteur A (Baie de Saint Paul)
MODIFICATIF PROGRAMMATION DES OPERATIONS DE MARQUAGE DE REQUIN DU LUNDI 28 NOVEMBRE
Vous êtes informés que les opérations de marquage en apnée se dérouleront ce jour lundi 28 novembre dans l'après-midi en secteur limitrophe A et B (Pointe des Aigrettes)
Ces opérations se dérouleront en coordination avec l'opération publique, sur le même site (sortie du Port de Saint-Gilles à proximité des bouées d'amarrage des navires support plongée)
Une diffusion VHF sera assurée par le CROSS le jour des opérations dans les conditions habituelles.
ZINFOS974.com - Mardi 29 Novembre 2011 - Ludovic Grondin - Roches Noires : Un espace de baignade doublé
Ça y est, l'espace de baignade autorisée des Roches Noires a été comme prévu agrandi. Depuis mardi matin 9h30, le dispositif est accessible aux rares baigneurs au courant de la bonne nouvelle et présents le site en perte de visiteurs depuis trois mois. Hier, une levée de houle avait décidé contrarié les plans des maîtres nageurs sauveteurs à l'origine de cet espace sécurisé. lire
ZINFOS974.com - Mercredi 06 décembre 2011 Fred Buyle: "Je ne pensais pas qu'il y avait si peu de requins"
"Se réapproprier l'océan pour désacraliser la peur du requin". Voici en substance le message qu'a voulu faire passer ce matin à Saint-Gilles le champion d'apnée Frédéric Buyle. Malgré une campagne dont son compère, William Winram, et lui reviennent bredouilles, ils évoquent calmement trois semaines d'expérimentation constructive.
Frédéric Buyle et William Winram repartent ce soir. Derrière eux, les deux apnéistes ne laissent pas de marquage sur un squale mais une somme d'expériences qui pourra servir localement.
Sur les trois semaines de leur présence sur l'île, ils sont sortis en mer à 17 reprises. "Nous n'avons pas plongé deux jours", résume Frédéric Buyle, déjà un exploit en soi. Sans surprise, les zones de mise à l'eau se sont étendues de la baie de Saint-Paul à l'Ermitage, avec malgré tout des prédilections pour la zone en sortie de port de Saint-Gilles et celle de la baie de Saint-Paul (sept sorties chacune). "Le premier jour, nous avons vu un requin bouledogue devant la plage des Roches Noires", explique l'apnéiste. En tout, sept visions, toujours distante de 12 à 15 mètres, ont été faites dans les eaux saint-gilloises. En baie de Saint-Paul, le spécialiste se dit étonné de n'avoir observé qu'un requin bouledogue "alors même que l'on m'avait dit 'attention, près de la cage (comprendre la ferme aquacole, ndlr), il y aura beaucoup de requins'".
Malgré ces quelques observations faites "entre 300 et 800m du rivage", il reste catégorique : "il s'agit à chaque fois de rencontres furtives, 2 ou 3 secondes, pas plus !". Aucun requin tigre n'a par ailleurs été détecté. Autre fait marquant sur lequel les deux apnéistes se mettent d'accord, la pauvreté en ressource poissonneuse, "du moins par là où on est passé, au-delà, on ne saurait pas dire".
Sur la conduction de cette opération inédite dans les eaux réunionnaises, il n'hésite pas à donner son sentiment concernant la frilosité de l'administration. "Je suis belge, j'ai la chance de voyager beaucoup dans le monde et à chaque fois on me donne carte blanche pour effectuer de telles opérations", précise-t-il. Entre la possibilité de sillonner dans la Réserve marine et l'utilisation d'appâts, les deux spécialistes ont ainsi été confrontés à "un climat passionnel" qui "n'a pas rendu le travail facile". C'est simple dit-il "personne, aucune autorité ne souhaite prendre le risque de prendre une décision. Je trouve par ailleurs ridicule de vouloir toujours trouver des coupables lorsque des attaques ont lieu, tout comme je ne comprends pas qu'on rende responsable un maire pour cela. En France, on veut trouver un coupable à tout prix. En Afrique du Sud ou en Australie, les autorités informent les gens qui décident ou pas d'aller à l'eau".
Du passage des deux apnéistes sur notre département on retiendra que deux tentatives de taggages sur deux bouledoques ont failli réussir. "Les deux fléchettes ont rippé sur la peau très épaisse des squales", ce qui fait dire à Frédéric Buyle que les bouledogues ont quasiment la même constitution que les requins citrons. Georges Masanelli, le président du comité régional de plongée, estime qu'il faudra nécessairement corriger le tir sur le matériel pour qu'il puisse être utilisé une fois les deux spécialistes partis.
                                              Un "malheureux concours de circonstance"
"Je savais que ça allait être difficile mais je ne pensais pas qu'il y en avait si peu (de requins)", témoigne le champion belge. Une affirmation qui ne manquera pas de faire réagir les pêcheurs qui disent sensiblement le contraire.
Un peu plus dans les hypothèses, Frédéric Buyle avance la théorie du "malheureux concours de circonstance" pour qualifier les attaques de 2011. "C'est un manque de chance, s'avance-t-il. Oui, j'entends bien qu'on me dit qu'il n'y en a jamais eu pendant 25 ans par ce côté de l'île, c'est vrai, mais les causes sont partagées. On aura jamais la réponse. Il n'y en a pas une plus importante que l'autre. Ca peut-être du 25% à cause de la Réserve marine, 25% à cause des déchets qui proviennent du port, etc...".
Petite anecdote venant de William Winram dont l'expérience en mer est tout aussi imposante que son confrère : "j'ai vécu cinq ans à Hawaï et j'y ai trouvé une eau relativement similaire. Je sais que je n'irai pas surfer ici sans quelqu'un à proximité pour surveiller en dessous de l'eau".
De leurs expériences communes, les deux champions délivrent des messages évocateurs: "Aujourd'hui, on va à la mer comme on va au supermarché". Dans ses propos, Frédéric Buyle milite pour un meilleur respect d'un "animal qui a tout aussi peur, si ce n'est plus peur que nous". Pour concrétiser ce qu'il avance, il imagine que les requins qui ont attaqué l'ont fait après avoir constaté que leur future proie était relativement isolée. "Il a pu rester en-dessous du surfeur 4 ou 5 minutes à évaluer la situation avant d'attaquer", explique-t-il. Ce qui fait dire au champion que l'une des solutions immédiates reste que l'homme se réapproprie cet espace délaissé.
                                                          "Il faut réouvrir les plages !"
Pour Frédéric Buyle, "il faut que les plongeurs, les apnéistes, les randonneurs sous-marins viennent occuper la colonne d'eau derrière les surfeurs afin de perpétuer une présence humaine dans la zone". Sur la possibilité de prélèvements sur des prédateurs au comportement déviant ou marqué à plusieurs reprises sur une même zone, il n'exclut pas l'idée d'en venir à cette extrémité mais avec un bémol. "Vous pouvez en tuer 3, 4, 6 (et encore faut les trouver !), vous aurez toujours derrière une population de remplacement. D'ailleurs qu'est-ce qui vous dit que après en avoir tué 200, le 201ème n'attaque pas parce que l'on ne l'aurait pas repéré ?", questionne-t-il.
Dans l'immédiat, Frédérice Buyle préconise la fin de l'interdiction de baignade sur les plages concernées. En conclusion: "Plus on va attendre, plus ça va être difficile aux autorités de justifier une réouverture parce qu'on aura jamais une explication".     Ludovic Grondin


Clicanoo.re - publié le 6 décembre 2011 - Aucun requin marqué par les apnéistes
Chou blanc pour l’opération de marquage “privée” des requins. En quinze jours de plongée, les apnéistes Fred Buyle et William Winram, invités par le comité régional d’études et de sports sous-marins, n’ont réussi à implanter aucune balise de traçage sur un squale. Ils en ont pourtant approché une bonne demi-douzaine, au large de Saint-Gilles. Nouvelle Illustration, hier, au dernier jour de l’opération. “Les plongeurs ont observé quatre requins bouledogue. Ils ont pu tirer sur deux d’entre eux mais l’impact n’a pas été suffisant pour introduire le rototag sur l’animal”, rapporte George Masanelli, président de comité. Bien soutenue par la communauté des usagers de la mer, l’équipe du comité avait récolté près de 25 000 euros pour financer cette mission de marquage sous-marine. De quoi faire l’acquisition de dix balises, finalement restées au sec. Pas de regrets pour autant chez les initiateurs du projet : “Ce n’est pas un échec. Les plongées ont permis de confirmer la présence des requins. Fred et William ont pu former des apnéistes locaux, qui pourront poursuivre l’opération”, commentait hier George Masanelli. Avant de quitter l’île, les deux apnéistes professionnels doivent dresser aujourd’hui le bilan de leur mission dans les eaux réunionnaises. V.B.
Source : Orange - La Réunion (IPR) - Publié le 07/12/2011 Boucan CanotDeux filets anti-requin bientôt installés
Annoncé comme impossible à la mi-octobre, un dispositif de baignade anti-requin sera finalement installé sur la plage de Boucan Canot avant le début des vacances scolaires. Selon Le Quotidien, il s’agit de filets de 30 à 40 mètres similaires à celui installé depuis le mois de novembre aux Roches-Noires. À noter qu’une équipe de surveillants supplémentaires viendra renforcer celle des maîtres-nageurs-sauveteurs actuels.

« Étudié à l’image du périmètres des Roches-Noires, le filet différera tout de même pour s’adapter au relief plus torturé de Boucan Canot. D’une superficie quasi égale, il sera en revanche, plus haut, quatre mètres environ », indique Le Quotidien. Le dispositif, poursuit le journal, « ne sera installé que lorsque les conditions de mer le permettront et positionné matin et soir ».
Par ailleurs, une équipe de quinze personnes, actuellement en formation, sera affectée à la surveillance de la zone. Cette équipe complètera celle des maîtres-nageurs-sauveteurs actuels.
Pour rappel, la mise en place d’un filet aux Roches Noires et des travaux de sécurisation sur le bassin artificiel de Boucan avaient été annoncés par la mairie de Saint-Paul le jeudi 13 octobre. À Boucan Canot, si, selon la mairie de Saint-Paul, le fond rocheux et les courants ne permettent pas l’installation du dispositif de baignade, elle semble, aujourd’hui, être revenue sur sa position.

Le 12 décembre 2011 - Mail de Nicolas LE BIANIC - Directeur du CROSS Réunion
02 62 43 43 43 - nicolas.le-bianic@developpement-durable.gouv.fr
Vous trouverez en pièce jointe l'arrêté "marquage" en date du 18 novembre

Vous êtes informés que les opérations de marquage "de surface"se dérouleront demain jeudi 15 décembre entre 10h et 17h comme suit:
- Pose de palangres dérivantes sur le sec de St Paul dans la matinée avec relevage dans la journée.
- Pose de drumlines en zone B en fin d'après midi (sortie port de St Gilles).
Vous êtes informés que les opérations de marquage en apnée se dérouleront demain mardi 13 novembre 2011 en secteur B - Ces opérations se dérouleront en coordination avec l'opération publique, sur le même site (sortie du Port de Saint-Gilles à proximité des bouées d'amarrage des navires support plongée)
Une diffusion VHF sera assurée par le CROSS le jour des opérations dans les conditions habituelles
Bonne réception
Veuillez recevoir le compte rendu de l'opération de marquage officielle professionnelle qui s'est déroulée hier mardi 13 décembre secteur Saint Gilles - secteur B

Source : La Réunion (IPR) - Publié le 14/12/2011 à 12h05 - Roches Noires (Saint-Gilles) - Le premier requin bouledogue a été marqué
Un requin bouledogue a été capturé marqué et relâché ce mardi 13 décembre 2011 vers 22 heures au large de Roches Noires (Saint-Gilles). La capture a eu lieu dans le cadre de l’étude CHARC (connaissances de l’écologie et de l’habitat de deux espèces de requins côtiers sur la côte Ouest de La Réunion) financée conjointement par l’Etat et la Région et pilotée par l’IRD (institut de recherche pour le développement). C’est la première fois depuis le début de cette campagne qu’un requin bouledogue est marqué.
Le requin, une femelle de 2,05 mètres, a été capturé vers 22 heures. Il a été relâché à 22 heures 20 après que deux dispositifs de surveillance lui aient été implantés. Le premier, le Rototag, est une balise externe apposée sur l’aileron dorsal du squale pour l’identifier. Le second est une balise placée sous la peau de l’animal afin de le localiser et de mieux connaître ses déplacements et ses habitudes.
Depuis le début de la campagne de marquage, le mardi 18 octobre, seuls des requins tigres avaient été capturés et marqués. L’étude CHARC a été mise en place afin d’évaluer le risque requins et d’y apporter des solutions. Elle a été lancée à la suite des 6 attaques de requins dont 2 mortelles qui ont eu lieu au cours de ces derniers mois.
L’opération est menée par deux bateaux, l’un destiné à la pêche et l’autre au marquage. La capture des requins est effectuée par un pêcheur professionnel, sans amorçage, en utilisant les techniques de pêche à la palangre ou à la traîne pour ne pas blesser l’animal. Le squale est ensuite remis pour marquage à l’équipe scientifique menée par l’association Squal’Idées et l’IRD
Parce qu’ils sont les plus agressifs et qu’ils sont soupçonnés d’être les auteurs des attaques, ce sont essentiellement les requins bouledogues qui sont visés par l’étude. Jusqu’à ce mardi aucun n’avait été capturé. Pour accélérer la capture, la préfecture avait pris un arrêté le 10 novembre autorisant la pêche sous-marine au sein de la réserve marine. Il s’agissait de prélever des appâts vivants pour attirer les squales. Cette décision avait prise alors que la pêche sous marine est strictement interdite depuis la mise en place du parc marin.
L’existence de cet arrêté, pris sans concertation, avait été révélée le vendredi 18 novembre par Imaz Press Réunion. Il avait soulevé un tollé important au sein de la communauté scientifique. La préfecture avait alors pris un autre arrêté annulant l’autorisation de pêche sous marine dès le 18 novembre. www.ipreunion.com


Source : La Réunion (IPR) - Publié le 14/12/2011 - Saint-Gilles - Des surfeurs aux Roches Noires - Toujours dans l’eau malgré les risques
Malgré l’interdiction de surfer aux Roches-Noires depuis l’attaque de juillet 2011, une dizaine de surfeurs ont repris le sport tous les matins à l’endroit qu’ils estiment être « leur spot ». Ils sont conscients des risques mais ne peuvent laisser filer les vagues qui leur sont « vitales ».

Le surf est redevenu une habitude aux roches noires depuis quelques semaines. On peut apercevoir quelques surfeurs dans l’eau dès le matin. D’autres prennent néanmoins un peu plus de précautions et préfèrent surfer juste à côté, à la plage des Brisants. « On surfe 20 mètres derrière les plongeurs et l’on reste au niveau du corail. Les plongeurs font parfois peur aux requins et il y a moins de risques d’avoir des requins dans de l’eau si peu profonde » explique Sébastien, qui surfe aux Brisants. « On va surfer à midi et seulement quand il fait beau pour diminuer les risques » ajoute-t-il. « Mais je peux comprendre que d’autres surfent aux Roches Noires car dans la tête des habitants de Saint-Gilles, c’est toujours un endroit sûr » dit-il.

« Le problème est qu’il y a une présence de requins bouledogues dans toute la région de Saint-Gilles » commente un scientifique qui préfère garder l’anonymat. « En face des Roches-Noires il y en a même plusieurs » affirme-t-il. Il précise aussi « il faut savoir que parler d’une présence de requins est bien différent que de parler d’un risque, les deux ne vont pas nécessairement ensemble ».
Sans attendre l’éclairage d’éventuelles études scientifiques sur la présence inhabituelle de ces requins si près des côtes, les surfeurs ont donc repris la pratique de leur sport préféré.
Il y a eu six attaques de requins cette année sur la côte Ouest de l’île, dont deux mortelles. Par arrêté municipal, la pratique du surf est toujours interdites sur les plages de Roches Noires et de Boucan canot.
Soe Hitchon pour www.ipreunion.com

Le bouledogue marqué mardi soir par le projet Charc a été capturé dans la zone où l’apnéiste Frédéric Buyle avait photographié celui-ci, au-dessus de fonds sableux (photo Frédéric Buyle).

Clicanoo.re - publié le 15 décembre 2011 - Un bouledogue marqué, les premiers relevés imminents
L’équipe de Squal’idées et de l’IRD a procédé mardi soir à son premier marquage de requin bouledogue aux alentours de 22h. L’animal a été capturé, avec un système de drum-line, face à la plage des Roches-Noires, dans la zone où Frédéric Buyle et ses homologues apnéistes avaient signalé à plusieurs reprises la présence de squales ces dernières semaines. Les chercheurs ont placé une première balise externe numérotée puis une seconde, de télémétrie acoustique, sous la peau de l’animal, une femelle d’environ 2 mètres. Quatre requin-tigres avaient été marqués jusque-là mais aucun bouledogue au désespoir des représentants de l’Etat qui finance le projet. “On ne crie pas victoire pour autant, estime Fanch Landron pour Squal’idées. Il va falloir encore en marquer d’autres, des bouledogues comme des tigres, ce n’est qu’un début”. Les opérations vont en effet se poursuivre sous leur forme actuelle jusqu’à la fin du mois de janvier. L’équipe a été chargée de mener 26 sorties au total et près de 10 restent à faire. Au-delà, Squal’idées transmettra la conduite du programme à l’IRD. En attendant, l’équipe actuelle doit encore procéder à la pose de six stations d’écoute, en plus des quatre déjà opérationnelles. Cela devrait être fait dans moins d’une semaine. Les chercheurs en profiteront pour relever les données enregistrées depuis les premiers marquages. Ils recueilleront donc potentiellement les premières informations sur les déplacements des requins près de la côte. Des informations qui permettront d’orienter les autorités vers d’éventuelles premières mesures de protection. R. Lt.

Clicanoo.re - publié le 15 décembre 2011 - Boucan Canot : on pourra se baigner le 20 décembre
Sauf contre-temps de dernière minute, le périmètre de protection anti-requin devrait être opérationnel le 20 décembre sur la plage de Boucan Canot. Une réouverture très attendue par les usagers.

Après quatre mois de fermeture, consécutive à l’attaque de requin fatale au bodyboarder Matthieu Schiller, la zone de baignade de Boucan Canot devrait être rendue aux usagers mardi prochain. Les services municipaux de Saint-Paul ont avancé la date du 20 décembre pour l’installation du filet de protection. “On est sur cet objectif, nous a confirmé hier soir Alain Payet. Mais avant d’être certains d’ouvrir, il nous reste quelques points à régler”. Le DGS de la mairie évoque “le recrutement de contrats aidés supplémentaires et la location d’un bateau pour renforcer le dispositif de surveillance”.
                                                           Le surf toujours interdit
Comme aux Roches-Noires, les baigneurs seront cantonnés à un périmètre restreint, face au poste de secours. Soit l’équivalent, en dimension, d’une piscine de 50 mètres. Le filet, confectionné par les sauveteurs, sera amarré au fond de l’eau à des plots en béton. Des bouées jaunes en surface matérialiseront la délimitation à respecter. Sur la plage, deux équipes de MNS et d’observateurs auront l’œil sur les usagers. Comme pour les Roches, l’autorisation de baignade sera déterminée au jour le jour par les conditions météo (houle, visibilité, etc), suivant un créneau horaire restreint (de 10 heures à 15h30 en moyenne). “C’est un système un peu contraignant, mais il pourra évoluer à l’usage, confie un MNS. Aux gens de comprendre qu’il faut désormais s’adapter au danger potentiel, changer certaines habitudes”. Cette réouverture, même sous conditions, sonne comme un soulagement pour les commerçants et les habitués du site. L’impatience est grande. Ces derniers temps, les plagistes n’hésitaient plus à faire trempette au bord de l’eau, avec l’indulgence des MNS. “Il est temps que l’homme reprenne sa place dans le milieu, dans des conditions de sécurité maximales pour ce qui est de la baignade”, témoigne un autre sauveteur. L’arrêté municipal applicable à Boucan Canot ne concerne en effet que l’autorisation de baignade. Toutes les activités nautiques restent interdites, par arrêté préfectoral. En l’état, même les MNS les plus aguerris déconseillent aux riders de réinvestir le spot. “Après tout ce qui s’est passé, inutile de se précipiter et de prendre des risques inconsidérés”. D’autres ne l’entendent pas ainsi. Un collectif, qui revendique plus d’une centaine d’usagers, milite auprès de la mairie pour la suppression du poste de surveillance de Boucan, synonyme de baignade en toute liberté, à leurs risques et périls. Illusoire ?   V.B.

Zinfos974 - Jeudi 15 Décembre 2011 - L'étude du comportement des requins entre dans sa deuxième phase
C'est aujourd'hui que le projet CHARC entre dans sa deuxième phase. Même si les marquages se poursuivent normalement, les chercheurs doivent également plonger dans les données bibliographiques forcément riches d'enseignements sur le comportement des requins ces dernières décennies.

"Une étude bibliographique destinée à faire le point des connaissances sur les mesures de protection mises en oeuvre ailleurs dans le monde". La phase 2 du programme CHARC (Connaissance de l'écologie et de l'habitat de deux espèces de requins côtiers de la Réunion) se veut ambitieux. Les acteurs économiques du littoral Ouest et les pratiquants de sports nautiques n'en attendent pas moins.
"Le projet CHARC est divisé en trois phases" résume Marc Soria, chercheur à l'IRD, qui pilote l'opération de marquages des squales depuis le 18 octobre dernier, date du début de la première phase.
Au-delà des prises en mer, le programme était déjà présenté en octobre comme un travail à long terme décliné jusqu'en 2013.
La deuxième phase s'ouvre donc le 15 décembre. "Il s'agit pour nous de faire une étude bibliographique". Pêle-mêle, l'historique des attaques et leur "distribution spatio-temporelle" est privilégiée.
Cette deuxième phase annonce la couleur. "Cette étude bibliographique permettra d'évaluer la faisabilité de transposer à la Réunion les mesures de protection mises en œuvre ailleurs dans le monde". Les regards se tournent donc vers des "territoires ayant la culture du danger requin" comme le signalait l'apnéiste Frédéric Buyle. Hawaï, l'Australie ou l'Afrique du Sud font partie du lot.
Une étude bibliographique qui sera complétée par des rencontres d'acteurs locaux et internationaux. Parmi les pistes à étudier, les filets, les dispositifs ultra sons, les systèmes de répulsion électrique ou de protection individuelle, les rideaux de bulles, palangres de surface ou encore les prélèvements font partie de ce panel de solutions déjà testées dans d'autres pays confrontés au même danger.
A défaut de sorties en mer ces dernières semaines, Marc Soria s'attèle au bouclage financier des opérations. "Cette deuxième phase d'études est en partie avancée financièrement par la Région et l’État (via la DEAL), mais il s'agit aussi pour nous de solliciter des fonds européens et d'autres fonds au titre de la coopération régionale". En ayant toujours à l'esprit que l'impératif de résultats est très attendu des acteurs économiques et des surfeurs toujours sur la paille.    Ludovic Grondin

Clicanoo.re - publié le 17 décembre 2011 - Contre les requins, il faut “changer de mentalité”
Une consultation était organisée hier par la Commission de l’océan Indien, en marge de l’Assemblée générale de l’initiative régionale pour les récifs coralliens.

Sa chemise est frappée d’un discret logo de requin. Vincent Lucas, responsable de l’unité “recherche et développement” de l’Autorité de la pêche seychelloise, l’a-t-il fait exprès ? “Oui, c’est une chemise que j’ai achetée à Maurice”, sourit-il, en participant à la consultation sur le risque requins organisée hier par la Commission de l’océan Indien, dans un hôtel dionysien. “Vous savez, il y a beaucoup plus de gens qui meurent à cause des moustiques qu’à cause des requins”. Ce que confirme Eric Clua, vétérinaire et docteur en biologie, basé en Nouvelle-Calédonie, venu également à cette rencontre, elle-même organisée en marge de l’Assemblée générale de l’initiative régionale pour les récifs coralliens. “En moyenne, il y a environ cinq attaques mortelles de requin par an dans le monde ; vous avez beaucoup plus de risques de mourir d’un accident de voiture sur la quatre-voies !” Mais 2011 semble pourtant l’année d’émergence d’un nouveau “risque requin”, comme l’a très justement expliqué M. Lucas aux participants de cette rencontre. Deux hommes ont été tués en août 2011 aux Seychelles, alors que le dernier accident remontait à... 1963, soit 48 ans plus tôt. Si la première attaque de 2011 n’a aucunement perturbé le business touristique, le deuxième accident a au contraire causé une véritable panique, entraînant une chasse aux squales.
Pour M. Clua, “la priorité, ce n’est pas de mettre des filets ou de pêcher les requins, c’est de changer de mentalité”. Mais encore ? “C’est une bêtise de croire que les requins sont devenus fous. Ce qui a changé en 20 ans, c’est la fréquentation de la mer, multipliée par dix. Maintenant, il y a plein de gens qui pratiquent le kyte-surf ou qui s’éloignent en mer grâce au GPS. Cette fréquentation fait augmenter la probabilité de rencontrer des requins”.
Le vétérinaire, qui travaille dans toute la zone Pacifique, analyse : “Dans les sociétés blanches, l’attaque d’un requin est perçue comme un attentat. Alors que chez les Mélanésiens et les Polynésiens, le requin est un animal comme un scorpion ou un serpent, dans lequel s’incarne une personne”. Il y a donc un certain fatalisme des humains, conscients de faire partie d’un même écosystème. M. Clua y voit là un exemple à suivre : prendre ces risques avec sérénité, d’autant plus que l’Homme a besoin des requins qui entretiennent la biodiversité : “En mangeant les poissons, les requins les obligent à se reproduire”. V.H.

Le 23 décembre 2011 - Mail de Nicolas LE BIANIC - Directeur du CROSS Réunion
02 62 43 43 43 - nicolas.le-bianic@developpement-durable.gouv.fr
Vous trouverez en pièce jointe l'arrêté "marquage" en date du 18 novembre
Vous êtes informés que les opérations de marquage se dérouleront aujourd'hui Vendredi 23 Décembre à partir de 13h00 comme suit:
- Opération de marquage zone B (St Gilles).
- Mise à l'eau de palangres dérivantes à 1 ou 2 milles des côtes (sec Saint Paul).
Une diffusion VHF sera assurée par le CROSS le jour des opérations dans les conditions habituelles.  
 
Vous êtes informés que les opérations de marquage se dérouleront aujourd'hui jeudi 22 décembre à partir de 13h00 comme suit:
- Opération de marquage zone Roches Noires.
- Mise à l'eau de palangres dérivantes à 1 ou 2 milles des côtes (sec Saint Paul).

Vous êtes informés que les opérations de marquage se dérouleront demain mercredi 21 décembre à partir de 14h00 en secteur B - St Gilles.

Vous êtes informés que les opérations de marquage "de surface"se dérouleront aujourd'hui dimanche 18 décembre entre 10h30 et 12h comme suit:
- Opération de marquage zone Roches Noires.
Clicanoo.re - publié le 19 décembre 2011 - Un bouledogue marqué en apnée aux Roches Noires
L’équipe de Guy Gazzo est enfin parvenue hier matin à marquer un requin bouledogue en apnée face à la plage des Roches Noires. Une première pour le programme de la Fédération de plongée.

Frédéric Buyle et William Winram ne seront pas venus pour rien. C’est grâce à leurs enseignements que les apnéistes du programme de la Fédération de plongée sont parvenus hier à marquer leur premier requin. Guy Gazzo, ses deux fils et leur invité du jour Antonin Blason (Programme Charc - IRD) ont en effet trouvé vers 10h30 une femelle bouledogue à environ 400 mètres des Roches Noires, là où l’équipe avait déjà signalé la présence de squales à de nombreuses reprises. Partis du port de Saint-Gilles vers 9 heures, les plongeurs ont pris le soin de flécher un zourit et quelques poissons avant d’arriver sur zone. Des appâts descendus au bout d’une ligne qui ont aiguisé l’appétit de l’animal. “On a envoyé un zourit et une licorne au bout d’un crin. Puis, on a fait des appels avec une bouteille en plastique” raconte Guy Gazzo.

                                                             “Moins d’appréhension”
“Le requin a tourné autour du zourit et on l’a fait remonté petit à petit. Il s’est stabilisé aux environs de 23 mètres de fond et je suis descendu”. L’apnéiste s’est approché à un mètre de l’animal (2,20 mètres pour environ 150kg) et lui a envoyé la flèche armée du tag dans l’aileron dorsal. “J’ai utilisé deux sandows et une flèche de 7,5mm en tirant à la verticale. La flèche est bien rentrée dans la dorsale, jusqu’à la butée. La balise acoustique s’est bien accroché” précise-t-il encore. Une vraie satisfaction pour le plongeur référent de ce programme de marquage qui ne crie pas pour autant à l’exploit. “J’ai toujours sur qu’on y arriverait. En fait ce n’est pas spécialement difficile, il faut seulement avoir tous les facteurs réunis. Une bonne météo, sans courant, la présence du requin et le matériel nécessaire”. Guy Gazzo reconnaît pour autant que la venue des deux spécialistes, belge et canadien, a fait progressé l’équipe. “Notamment en terme de confiance. Il y a beaucoup moins d’appréhension désormais. Il nous suffit de rester entre deux eaux, là où la flottabilité est bonne et de se laisser couler au dernier moment en anticipant la trajectoire des requins qui sont assez calmes”. Depuis le départ des deux spécialistes, l’équipe n’avait que peu plongé, faute de matériel. Les apnéistes ont du fabriquer eux mêmes les pièces manquantes et vont d’ailleurs devoir s’y remettre, s’ils ne veulent pas dépendre de délais de livraison incertains, qui plus est en période de fête. “C’est du boulot, admet Guy Gazzo mais il y a des gens ici qui peuvent le faire, qui ont les machines. Et s’il le faut, on le fera à la main. L’important c’est que les hommes soient prêts et que la météo soit bonne. Elle le sera bientôt et nous avons des sollicitations de nombreux apnéistes”. Les marquages devraient donc continuer dans les prochaines jours et les prochaines semaines .      R. Lt.
Zinfos974 - Lundi 26 Décembre 2011 - 07:28 - Le "guide de survie du surfeur à la Réunion" dans les surf shops de St-Gilles .
Ca y est, le "Guide de survie du surfeur à la Réunion" est disponible et gratuit dans les différents surf shops de la zone balnéaire saint-gilloise. Jusque-là, les compilations de données sur les attaques de requins à la Réunion restaient prisonnières des différents ouvrages de travaux universitaires. Le livret se veut grand public et pédagogique.
Une goutte d'eau dans l'océan diront certains. Une contribution constructive dans le monde tumultueux du surf local déchiré un peu plus depuis l'arrivée de l'organisation internationale Sea Shepherd à la Réunion, diront d'autres.
Le "Guide de survie du surfeur à la Réunion" a le mérite d'exister. Elément à souligner : il a été préparé par l'association Frères de la Côte, en place depuis tout de même dix ans et sur fonds propre de l'association.
                                      Les meilleures conditions avant de se mettre à l'eau
Quand son expérience de globe-trotter des spots de surf (Hawaï, Côte Ouest américaine,...) ne suffit plus, Christophe Matéi, président de l'association, décortique les données scientifiques à disposition. Quelques mémoires ou autres thèses et études d'organismes spécialisés ont par le passé abordé le phénomène des attaques de requins. Des données qu'il fallait forcément réviser à la lumière de la série d'attaques de 2011.
"Le livret sert de guide pour savoir quelles sont les meilleures conditions avant de se mettre à l'eau" explique Christophe Matéi. Le fascicule mêle aussi les avis de scientifiques comme Bernard Seret, biologiste marin : "On note depuis 25 ans un accident par an en moyenne, avec parfois des années noires. En 1992, il y a eu 4 accidents et 2 morts et cette année : 5 accidents et 2 morts. La problématique est donc récurrente. En réalité, il n’y a pas de changement de comportement des requins, a priori. Ils sont en maraude, à la recherche de nourriture. C’est le comportement humain qui a changé et modifié l’environnement marin".
L'ouvrage compile également les faits-divers en la matière. La plupart des attaques surviennent en fin d’après-midi, entre 16 et 20 heures comme en Australie où 50% des attaques ont eu lieu durant cette tranche horaire. La baisse de visibilité augmente aussi la confusion souvent évoquée des surfeurs ou des baigneurs avec les proies préférées des requins.
Quant aux jours de la semaine, les week-end connaissent des taux de fréquentation élevés et font l’objet en moyenne de 10 à 15% d’attaques supplémentaires suivant les régions et la période de l’année.
                                                  La distance de la côte
Selon les pays, cette distance de la côte varie de 20 à 100m. L’Afrique du Sud toute proche par exemple, a intégré le phénomène (228 attaques de 1828 à 1999). Chez nos voisins, 65% des attaques ont eu lieu à moins de 100 m du bord, alors qu’à la Réunion la distance moyenne est de 35 m. Cela explique pourquoi certaines victimes moyennement blessées ont pu rejoindre la berge par leurs propres moyens.
Enfin, parmi les conditions à risques, certaines espèces des zones tropicales et sub-tropicales comme le requin tigre ou le requin bouledogue semblent apprécier les eaux de faible salinité et chargées en particules organiques, des conditions que l’on rencontre après de fortes pluies.
La prochaine étape pour Frères de la Côte est de sortir courant 2012 une application smartphone qui interrogera le spot de surf sur lequel projette de se lancer à l'eau le pratiquant. Conditions météorologiques, distance de la dernière forte pluie, heure, attaques passées,… Bref, une compilation de données qui permettra de donner une note de sécurité au spot concerné.
Frères de la Côte a décidément l'intention d'opérer dans le pragmatisme pour sortir de cette spirale. "La communauté du surf perd son temps et finit par agacer l'opinion en demandant des solutions que ne prendront jamais les autorités, comme rouvrir la réserve marine ou fermer la ferme aquacole. A vouloir demander des solutions irréalistes, nous passons à côté de solutions beaucoup plus simples". Entre autres pistes, le président de l'association réitère sa demande de mise à disposition de poubelles à déchets de poissons, installées sur le port de Saint-Gilles. A défaut de changer les comportements de certains pêcheurs. Une fois dans l'eau, sans doute que la sécurisation des surfeurs passera par l'occupation de la colonne d'eau par des apnéistes et en surface par des zodiac. Une solution qui aura le mérite de faire travailler de concert tous les acteurs du monde marin.
Le guide "papier" de survie du surfeur réunionnais quant à lui, est en libre accès dans les surf shops de la zone balnéaire et également téléchargeable sur frères de la côte.     Ludovic Grondin
Zinfos974 - Mardi 27 Décembre 2011 - La sécurisation des surfeurs par des apnéistes a commencé .
    La solidarité comme maître-mot d'une remise à l'eau plus sécurisée. Les surfeurs de l'île se donnent la main dans la pratique de leur passion. Objectif de la manœuvre : sécuriser la zone de surf par la présence, sous l'eau, de plongeurs en apnée.

    Des apnéistes, des zodiacs ou des jet-ski en surface comme ici à la folette du Port, la panoplie de sécurisation est large
Des apnéistes, des zodiacs ou des jet-ski en surface comme ici à la folette du Port, la panoplie de sécurisation est large
A défaut de solution miracle, l'entraide devra jouer et perdurer entre les pratiquants de surf et bodyboard de la Réunion. Depuis une semaine environ, les premiers relais ont vu le jour sur les spots de l'île.
    "Les sorties se font au moins en binôme", assurent des surfeurs impatients de regagner la vague avec un peu plus de sérénité. "Pendant qu'un des deux surfe, l'autre surveille, en masque tubas pour occuper la colonne d'eau juste au large de la zone pratiquée". L'objectif : dissuader la présence de requins plus à même de charger sur des surfeurs isolés sur leur planche.
    Cet échange de bon procédé avait déjà été émis il y a quelques mois, au plus fort du paroxysme qui mènera quelques surfeurs à agir frontalement vis-à-vis des autorités. On le sait encore plus désormais, que les attendus des recherches menées par l'autorité préfectorale ne seront exploitables que dans des mois. Autant dire qu'il est urgent pour les surfeurs de se prendre résolument en main. D'autant plus que les dernières réjouissances de réouverture de plage à Boucan ne concernent que les... baigneurs.
    Dans ce retour à l'eau en bonne surveillance, sans doute que la confirmation venue de la bouche du champion d'apnée, Frédéric Buyle, a conforté les acteurs locaux. Juste avant son départ début décembre, l'apnéiste avait en effet invité les apnéistes à se relayer pour occuper "la colonne d'eau en amont des spots de surf".
    Les voeux pieux deviennent donc réalité et concernent déjà les jeunes du Pôle Espoir de la ligue de surf dont les sorties en mer sont notamment "couvertes" par différentes associations dont Prévention Requin Réunion (PRR).
    La sortie prévue ce matin, a pour l'anecdote, réservé une autre surprise de taille aux membres de l'association qui ont dû intervenir sur un bateau en panne à l'entrée de port de Sant-Pierre. "Il a fallu plonger pour enlever la corde lancé d'un autre bateau et qui s'est mêlée dans l'hélice du bateau en panne".     Ludovic Grondin                           
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