LE RISQUE REQUIN 2020

retour à risque requins 2013

 

Zinfos974.com - Lundi 6 Janvier 2020 - 16:19 - A la Une .. - Six requins prélevés depuis le début de l'année

Six requins ont été prélevés depuis le début de l'année dans le cadre du "Programme Réunionnais de Pêche de Prévention".
À Saint-Pierre, un requin-tigre de 3m40 le 2 janvier et un bouledogue de 3m le 5 janvier. À Saint-Paul, un requin tigre de 3 mètres le 3 janvier. Le même jour, à Saint-Leu, un requin-tigre de 2m60 a été pêché dans la soirée, suivi d'un autre du même gabarit dans la nuit. Enfin, le 6 janvier, c'est à l'Etang-Salé qu'un requin-tigre de 3m60 a été pêché.
À cela s'ajoutent plusieurs juvéniles pêchés par les pêcheurs traditionnels.                          Nicolas Payet  

Zinfos974.com - A la Une .. - Vendredi 17 Janvier 2020 - 08:48 - Un requin de plus de 4m capturé au large de St-Gilles

Un squale a été prélevé jeudi soir vers 23h au large de St-Gilles à proximité du port. Il s’agit d’un requin-tigre, une femelle de 4m15.
Un spécimen d’une taille impressionnante mais se situant néanmoins dans la moyenne. Le requin-tigre mesure en général 3 à 4m et peut atteindre plus de 5m pour les plus grands spécimens.
Des opérations de pêche ont également été menées mercredi entre l’Etang Salé et St-Leu. Un requin bouledogue mâle d’1m60 a été capturé vers 23h.
Le 13 janvier à 7h35, un requin tigre femelle de 3m20 a été prélevé au large de Trois Bassins.                             Nicolas Payet

02 février 2020 - De Jérôme BELHUERNE - Maître de port principal / Harbor Master - Régie des Ports de Plaisance - N° portable 06.92.31.36.66 - jerome.belhuerne@tco.re

www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com - vendredi 07 février - Commercialisation interdite depuis 2015 - Une espèce de requin protégée vendue "par erreur" dans une poissonnerie de l'île

C'est un client qui donne l'alerte. Dans une poissonnerie de l'île , entre la daurade et le saumon traînait ce jeudi 6 février 2020 du requin dagsit, aussi appelé gris de récif. Une découverte étonnante alors que cette espèce est officiellement classée "protégée" depuis la parution d'un arrêté préfectoral datant de 2015. Il est normalement interdit de pêcher, stocker ou vendre ce requin. Le gérant de la poissonnerie reconnaît l'erreur tout en assurant ne pas avoir eu connaissance de cet arrêté préfectoral. Il affirme avoir immédiatement retiré le requin de ses étals.
Vendu 18,90 euros le kilo, la pièce de poisson avait de quoi surprendre dans cette poissonnerie : sur l'étiquette on pouvait lire en effet "requin daxit" (pour "dagsit"). Il s'agit de requin gris de récif, une espèce protégée depuis un arrêté préfectoral datant du 13 février 2015. Ce jour-là, un article 15 bis s'est ajouté à l'article déjà existant du 15 juillet 2008 qui réglemente l'exercice de la pêche maritime de loisir.
On y lit que "la pêche, la conservation à bord, le transbordement, le débarquement, le stockage et la vente de tout ou partie des espèces de requin" citées sont interdits. Parmi les 5 espèces nommées se trouve bel et bien le requin dagsit ou gris de récif.
Contacté, la poissonnerie nous affirme ne pas savoir que le requin dagsit était une espèce protégée. L'entreprise reconnaît que le requin se trouvait bien dans son étal : "pêché au large par (ses) soins". La poissonnerie ajoute : "ce sont des petits requins d'épave qu'il nous arrive de pêcher assez rarement".
La poissonnerie ajoute être "contre la pêche des tigres et des bouledogues" et "pêcher pour vivre", mais estime qu'une fois le requin gris de récif pêché, il vaut mieux le remonter que le relâcher blessé ou mort dans la mer : "ce n'est pas respectueux pour le poisson !"
Le commerce présente ses excuses, "désolé si cela a pu choquer", et assure que le requin en question a été immédiatement retiré de la vente.

www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com - samedi 08 février 2020 - Protection des usagers de la mer et respect de l'environnement - Une barrière magnétique pour repousser les requins testée à La Réunion

C'est un dispositif en place à La Réunion depuis janvier 2019 : la "SharkSafe Barrier" (SSB), sur laquelle le Centre sécurité requin mène actuellement une série de tests. Composée d'aimants, la technologie de la barrière fonctionne par ondes électromagnétiques pour repousser les squales sans les blesser. Le dispositif a fait ses preuves en Afrique du Sud contre les requins blancs, mais aussi contre les requins bouledogue aux Bahamas. C'est une chercheuse en biologie marine qui est à l'origine de la conception de cette barrière. Si cette technologie fait ses preuves à La Réunion, cela pourrait être une révolution face au risque requin. La scientifique explique tout dans une interview accordée à Imaz Press Réunion (Photos rb/www.ipreunion.com)
Protéger les baigneurs et protéger les requins. C'est le double effet recherché dans le projet de la Sharksafe Barrier ("shark" signifie "requin", et "safe" signifie "en sécurité"), une barrière à la fois physique et magnétique qui vise à isoler les squales des usagers de la mer. La chercheuse en biologie marine à l'origine du projet est la docteure Sara Andreotti, elle travaille essentiellement en Afrique du Sud.
La barrière est ainsi composée de quatre rangées de tuyaux noirs, espacés d’un mètre. Des aimants sont inclus dans la partie extérieure de la barrière, ce qui forme un champ magnétique visant à repousser les squales.
Des tests réussis à 100 %
L'aventure a commencé en Afrique du Sud, courant 2011. Une fois le matériel constitué, il a fallu le plonger dans la mer et tester à la fois son efficacité face aux squales et sa résistance dans l'eau. C'est d'abord sur les requins blancs que les équipes ont commencé leurs tests. De mai 2015 à août 2016 les expérimentations se sont renforcées.
Des appâts, thon ou sardine, ont été disposés dans les rangées internes de la Sharksafe Barrier, afin d'attirer les squales et observer leur réaction. En Afrique du Sud, 34 essais ont été enregistrés pour un total de 255 heures d'enregistrement, offrant un bon échantillon afin d'étudier l'attitude des requins blancs face à la barrière. C'est ensuite aux Bahamas que les équipes se sont rendues pour tester la barrière sur les requins bouledogue, l'espèce que nous retrouvons à La Réunion. La même technique fut utilisée.
Résultat, Sara Andreotti et ses collègues ont très vite observé l'efficacité du champ magnétique. "Tous les tests sont réussis. 84 requins blancs et 41 requins bouledogue ont été observés, aucun d'entre eux n'a passé la barrière" indique la chercheuse.
Magnétisme contre squales
Cela s'explique assez simplement, via ce que l'on appelle les "ampoules de Lorenzini", des organes sensoriels très spéciaux. "Ils ont une sensibilité très développée au niveau du nez, les ondes électromagnétiques les gênent énormément" indique Sara Andreotti.
L'utilisation d'ondes magnétiques pour faire fuir les requins n'est pas nouvelle. On la retrouve dans le "shark shield" (bouclier anti requin en français). Un système de câble faisant office d'antenne et installé sur les planches des surfeurs notamment. Celui-ci génère un champ magnétique sur 8 mètres de diamètre environ. Un dispositif qui n'est pas létal pour les requins, mais qui provoque des spasmes musculaires chez eux. Cela dit, ce mécanisme n'est pas suffisant et reste un investissement personnel pour les usagers de la mer.
"Eco-friendly"
Le respect de la biodiversité marine est au coeur du projet. Les éléments constituant la barrière, de couleur noire, visent à imiter une forêt d'algues pour s'inclure dans le paysage.
Seul le requin est gêné par les ondes électromagnétiques. "Les autres animaux marins peuvent traverser la barrière. C'est une technologie bien plus respectueuse de l'environnement, qui n'exclut que les squales des zones choisies. Les tuyaux aimantés ne blessent et ne tuent aucun animal" nous explique Sara Andreotti. Pour la chercheuse, le bénéfice est double : "les baigneurs seront protégés et la vie marine ne sera pas endommagée".
En tant que docteure en biologie marine et passionnée de requins, la chercheuse ne peut pas nier qu'elle est réticente face aux techniques visant à tuer les requins pour protéger les plages. "Mais je suis consciente que la crise requin est un sujet extrêmement sensible à La Réunion. Certains ont perdu des proches, attaqués par des requins, de nombreuses personnes ont souffert. En 8 ans, La Réunion a connu 24 attaques dont 11 mortelles... "Mais avec cette technique nous pourrions à la fois préserver les humains et les animaux."
Le Centre sécurité requin au coeur du projet
Depuis début 2019, le Centre sécurité requin (à l'époque encore appelé CRA, Centre de Ressources et d'Appui pour la réduction du risque requin) a accepté de tenter l'expérience à La Réunion. Deux zones sont concernées par ces tests, l'une à Saint-Paul, l'autre à l'Etang-Salé. Les expérimentations devraient durer environ 2 ans, soit jusqu'en 2021.
A Saint-Paul, l'objectif est surtout de tester la capacité "d'exclusion" de la SharkSafe barrier, comme l'explique le Centre sécurité requin (CSR), pour "confirmer les effets de répulsion du système sur les requins bouledogue et tigre dans les conditions locales".
Le dispositif consiste en un enclos fermé de 10 mètres sur 10 "composé de 3 rideaux successif". Tout comme les prototypes de Sara Andreotti, une première rangée est constituée de tubes aimantés et deux autres rangées non aimantées. "Les tubes sont implantés dans 6 m de profondeur" complète le CSR.
A l'Etang-Salé, c'est la robustesse de cette barrière qui est mise à l'épreuve, pour vérifier que la SharkSafe barrier résiste aux houles australes et cycloniques de La Réunion.
Une barrière magnétique bientôt à La Réunion ?
Après des mois de tests à La Réunion, aucune maintenance n'a été nécessaire sur les 200 unités composant les barrières, assure Sara Andreotti.
Une question cependant et pas des moindres, le coût du projet. "Le coût total va dépendre de la largeur de l'installation. Cela coûtera forcément plus cher que les filets actuels mais la SharkSafe barrier peut être installée plus en profondeur" nous explique la chercheuse.
Le financement du projet, s'il est retenu, devrait revenir aux communes, selon le CSR. Pour la partie allant au moins de Boucan Canot jusqu'aux Roches noires, il faudrait compter plusieurs centaines de milliers d'euros.
Un point est prévu ce lundi 10 février entre les équipes venues d'Afrique du Sud, Sara Andreotti comprise bien sûr, et les équipes du Centre sécurité requin pour échanger sur les tests menés à Saint-Paul et L'Etang-Salé. Ils discuteront donc de la possibilité ou non d'installer ce dispositif à La Réunion de façon durable.

www.ipreunion.com - 10 février 2020 - Hors des zones protégées - L'interdiction de baignade et d'activités nautiques est reconduite

Le préfet a reconduit l'arrêté interdisant la baignade et les activités nautiques hors du lagon et des espaces surveillés. Daté du 6 février 2020, l'arrêté d'interdiction couvre la période allant du 16 février 2020 15 février 2021. C'est en raison du risque requin que cette interdiction préfectorale est en vigueur (Photo rb/www.ipreunion.com)
L'interdiction concerne la bande des 300 mètres du littoral. Dans cette zone, "la baignade (y compris lorsqu'elle s'effectue à l'aide d'un équipement de type palmes, masque et tuba), les activités nautiques utilisant la force motrice des vagues (surf, bodyboard, bodysurf, longboard, paddleboard) sont interdites" note l'arrêté préfectoral.
Le préfet précise toutefois que ces activités ne peuvent se pratiquer que dans les zones suivantes : "les lagons, les espaces aménagés et surveillés hors lagons, les zones d'expérimentation opérationnelle (Zonex) dans lesquelles les activités ne pourront se pratiquer qu'en cas de conditions environnementales adaptées et à condition que soient mises en oeuvre des mesures d'informations explicites des usagers et que soient déployés des mesures de surveillance et d'alerte ainsi que des équipements spéciaux de réduction du risque requin, l'ensemble devant être formalisé dans un protocole annexé à un arrêté municipal".
Pour rappel
Le premier arrêté d'interdiction date du vendredi 26 juillet 2013, à la suite d'une série d'attaques mortelles de requins. Dans un premier temps, seuls la baignade, le surf et le bodyboard étaient interdits dans "la bande des 300 mètres du littoral de La Réunion, hors du lagon, des zones surveillées et des espaces aménagés".
Le 1er octobre 2013, cet arrêté était prolongé pour couvrir les mois allant du 15 février 2014 au 15 septembre 2014. L'interdiction était même étendue à toutes "les activités nautiques utilisant la force des vagues". Une troisième prolongation, avec les mêmes restrictions, était décidée par la préfecture pour la période allant du 15 septembre 2014 au jusqu'au 15 février 2015.
Depuis 2011, 24 attaques de requin se sont produites. Onze ont été mortelles Plus de la moitié concernent des surfeurs ou des bodyboardeurs. La dernière attaque a eu lieu le jeudi 9 mai 2019. Un surfeur expérimenté de 28 ans a eu la jambe arrachée par un suqale à Saint-Leu au niveau du spot de surf. Il n'avait pas survécu.

imaz press reunion - 20/02/2020 - Tribune libre de Jean-François Nativel - 9 années de crise requin, et 10ème arrêté "provisoire" d'interdiction

Il y a 9 ans jour pour jour, le 19 février 2011 débutait la crise requin, avec l'attaque sur Éric Dargent à Saint-Gilles-les-Bains. Un changement de localisation inédit, après 4 décennies de développement nautique sans heurts sur nos plages de sable blanc de l'ouest.
La gestion de ce problème grave par nos autorités a été depuis tellement mauvaise que la situation n'aura fait que s'aggraver, jusqu'à conduire au bilan catastrophique que l'on connaît aujourd'hui :
- 11 morts
- 5 mutilés graves
- Le 10ème arrêté d'interdiction de baignade successif vient d’être pris le 10 février 2020 par le préfet, une mesure inique, en vigueur depuis le 26 juillet 2013.
- près de 20 millions d'euros gaspillés dans des gadgets dérisoires, qui ne sont jamais la solution tant qu'on refusera le bon sens (pêche localisée/pression humaine là où il faut).
- au moins 100 millions d'euros de pertes touristiques, et au moins autant en tentatives vaines de rattrapage (image désastreuse "d'île à requins mangeurs d'hommes").
- un clivage ethnique plus que jamais décomplexé : "requin y mange rien que zoreil, en sort a zot"
- des conséquences sociales qui ont bouleversé la vie de milliers de personnes qui vivaient avec et parfois de l'océan.
- des autorités qui se félicitent de leur " gestion fine ", les yeux complètement bouchés par une idéologie qui donne plus d'importance à la vie d'un poisson qu'à celle d'un Réunionnais, et qui a conduit à banaliser la mort au titre d'une fatalité incompressible.
9 ans déjà, et encore un goût amer, un sentiment d'écrasant mépris de la part de "bobocrates" parisiens, totalement insensibles à notre île qui se meurt.

Quelques avancées peuvent être soulignées cependant :
- une pêche préventive désormais largement assumée par les autorités, même si elle reste impossible devant les plages populaires de façon permanente là où il faut, du fait des règles de la Réserve Marine
- une opposition d'organisations extrémistes de protection de la nature ridiculisées au point d’avoir déserté les débats publics locaux.
- des scientifiques/biologistes discrédités vis-à-vis de l'opinion et aussi des institutions, après avoir fait état de leur incapacité totale devant ce problème.
- une institution dédiée créée qui, après quelques espoirs, s’est malheureusement transformée en usine à gaz au service de l'acceptation d'une tragédie innommable, en symbole de l'impotence et du mépris de l’État envers les vies humaines.
- une longévité du combat pour l’océan et une galvanisation des acteurs, malgré un contexte extrêmement clivant, propre à ces débats sensibles où on ne compte plus les insultes, les menaces, voire les procès intentés à ceux qui tentent depuis 2011 de sauver l'accès à l'océan... pour une île.

Au final, nous demeurons face à un bilan largement négatif, surtout quand on sait que personne ne respecte l’interdiction, alors que le risque lui reste toujours aussi vif.
On a réussi à criminaliser l'amour de l'océan dans une île, et à stigmatiser ceux qui tentent de sauver un modèle économique basé sur l'attractivité touristique, pourtant présenté, encore récemment par le Président de la république comme la principale perspective d’avenir...
Notre plus grand regret c'est qu'il y ait toujours aussi peu de personnes prêtes à faire preuve d'engagement face à l'injustice, préférant préserver leur petit confort et leur image personnelle plutôt que de s'élever haut et fort face à l'inacceptable. Les Réunionnais sont fatigués par toutes ces années de combat sur la scène publique, et le seul prolongement logique doit se faire désormais sur le terrain politique!                           Jean-François Nativel, président d'Océan Prévention Réunion    

Zinfos974.com - Lundi 24 Février 2020 - 11:33 - A la Une ... - 3 requins-tigres pêchés ces 5 derniers jours

Un requin-tigre femelle de 2m a, hier à 22h41, été prélevé au large de l’Etang-Salé.
Dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, un requin-tigre femelle de 3m20 a également été pêché au large de St-Gilles les Bains.
Mercredi à 18h07, un requin-tigre femelle de 1m40 a été capturé au large de St-Pierre.
Selon le site info-requin, des engins de pêche sont en cours de déploiement au large de St-Leu au niveau de la pointe des Châteaux.               Nicolas Payet

www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com - jeudi 27 février 2020_ Une pratique légale mais "opaque" selon la préfecture - Échange : pêche de requins bouledogue contre bons d'achat

Depuis plusieurs mois, des photos de requins pêchés traditionnellement à La Réunion se multiplient sur la page Facebook d'Océan Prévention Réunion (OPR). L'association offre des bons d'achat à utiliser dans des magasins de pêche à ceux qui lui envoient les photos de leurs prises. La pêche des bouledogue reste une pratique légale puisqu'elle n'est pas faite dans un cadre commercial. C'est malgré tout une pratique opaque qui gagnerait à être davantage contrôlée, selon la préfecture qui ne s'inquiète pas pour l'instant outre mesure, les pêches de bouledogue restant marginales.
Pas plus tard que le 18 février 2020, l'association Océan Prévention Réunion poste une photo transmise par un pêcheur de Grande Anse. "Un triplé" comme le communique OPR "avec 2 mâles et une femelle respectivement de 7, 9 et 7,5 kg." Le pêcheur se verra remettre un bon d'achat à utiliser dans un magasin de pêche spécialisé, en récompense de sa prise.
Ces bons ne sont pas là pour inciter les pêcheurs à tuer du requin, affirme Jean-François Nativel, président de l'association OPR et également candidat aux élections municipales à Saint-Paul. "C'est un coup de pouce que je donne à ces gens qui contribuent à réduire le risque requin." Les bons s'élèvent à 30 euros par prise. "Bien sûr j'essaie d'avoir une preuve des photos que l'on m'envoie mais j'ai une grande confiance en ces pêcheurs" ajoute le président d'OPR. "On donne peu, mais si on pouvait on donnerait plus !"
Consommés mais pas commercialisés
Ces requins bouledogue finissent dans les assiettes des pêcheurs, qui ramènent les prises chez eux, selon OPR. Ils sont donc consommés dans un cercle privé, et pas commercialisés. Depuis 1999, il est en effet interdit de consommer la chair des requins bouledogue et tigre pour raisons sanitaires. Selon la préfecture, il existe un risque d'intoxication, la "ciguatera", liée à la consommation de poissons contaminés par des toxines.
Les services de l'Etat restent cependant sceptiques. "Qu'est-ce qui nous prouve qu'une partie de ces prises n'est pas vendue sous le manteau ? On ne peut en tout cas pas l'exclure" nous dit-on. La pratique reste donc légale mais pose question. "Le problème de cette pêche traditionnelle, c'est son opacité. Il n'y a aucune objection à avoir a priori, mais on ne sait pas exactement ce qui est pêché et où c'est pêché. Ces squales finissent-ils vraiment dans les assiettes des pêcheurs ? Et combien de prises accessoires à côté de ces requins ? Comment être sûr que ces requins ne sont pas pêchés dans les zones protégées ?" s'interroge la préfecture.
Jean-François Nativel assure être vigilant à ces questions. "Une fois j'ai bien vu que c'était un requin de récif que le pêcheur avait eu, je lui ai dit : attention ce n'est pas autorisé !" C'est justement ce qui fait peur à la préfecture : "Comment être certain qu'aucune espèce menacée n'est pêchée ? Les pêcheurs font-ils vraiment la différence entre toutes les espèces ?"
L'intérêt de pêcher du bouledogue pour en faire un kari est également discutable selon la préfecture qui estime que la chair d'un adulte est "peu goûteuse voire infecte, trop ammoniaquée" : "si on souhaite que cela soit mangeable, il faut que ce soit un juvénile et bien cuisiné, bien pimenté…"
Quelques échantillons envoyés à l'Université
Sur les annonces postées sur les réseaux sociaux on y voit à chaque fois la mention de cette phrase : "un échantillon de ce spécimen sera remis à l'Université de l'île de La Réunion dans le cadre de "EURRAICA", programme local de connaissance génétique sur les requins". Un partenariat dont est très fier le président d'OPR. "Cela fait déjà 4 ans qu'on collabore avec l'Université. Beaucoup de gens diabolisent la pêche du requin alors que c'est aussi une manière d'en savoir plus sur les bouledogue."
Collaboration que confirme Sébastien Jaquemet, enseignant-chercheur en biologie marine à la faculté de sciences de La Réunion. Obtenir des échantillons n'est cependant pas chose aisée et si la petite phrase portant sur les échantillons apparaît lors de chaque prise, leur envoi est loin d'être systématique. "Depuis 2014-2015, on a du recevoir peut-être 3 ou 4 échantillons issus de ces pêches" compte l'enseignant chercheur. "OPR communique énormément sur le sujet, mais dans les faits on ne reçoit pas grand-chose", ajoute-t-il, reconnaissant malgré tout dans la démarche du président de l'association un geste "sincère et volontaire".
La récupération d'échantillons peut être intéressante pour l'Université qui a cependant conscience de la polémique autour de la pêche au requin. "Puisqu'il est pêché de toute façon, nous on est OK pour profiter de l'opportunité" reconnaît Sébastien Jaquemet. Il arrive que son bras droit, le technicien de laboratoire Thomas Poirout, se rende directement sur place pour prélever sur les prises des pêcheurs. "Mais les gens restent méfiants, ils ont peur des répercussions, ou alors ne montrent pas beaucoup d'intérêt pour l'aspect recherche", explique Sébastien Jaquemet.
Le nombre de ces échantillons peine donc à s'envoler, également car pêcher du bouledogue n'est pas donné à tout le monde, comme le rappellent les services de l'Etat. "Déjà on en voit moins grâce au programme de prévention du Centre Sécurité Requin, et le bouledogue reste tapi dans les fonds marins, il est donc difficile de le pêcher."
Un complément au programme de pêche qui n'a rien d'officiel
Ce soutien d'OPR à la pêche traditionnelle des bouledogue, la préfecture le rappelle : "c'est une pure initiative OPR". L'association y voit un complément solide du programme officiel de pêche de l'Etat. Mais ce complément, lui, n'a rien d'officiel.
OPR de son côté estime agir là où le programme officiel est loin d'être suffisant. "Avec le programme de l'Etat on ne pêche 20 bouledogue par an !" déplore Jean-François Nativel. Mettant en avant son complément maison, il reconnaît cependant qu'il est difficile de motiver les pêcheurs à s'afficher : "j'ai eu 3 retours seulement en 2019 contre une dizaine en 2018. La pêche de requins a une image beaucoup trop négative !"
Les pêches de squales mises en avant sur la page d'OPR restent cependant marginales, comme le soulève la préfecture : "ce sont de petites quantités pour l'instant, on s'inquiéterait davantage si ces bons d'achat provoquaient un développement significatif de la pêche de bouledogue. Il y a beaucoup de communication à ce sujet mais peu d'impact sur la population de requins, ça reste anecdotique. Ça deviendrait un vrai sujet qu'il faudrait surveiller et contrôler par contre si le dispositif prenait de l'ampleur."
Vers une levée d'interdiction de commercialiser ?
Comme depuis le début de son combat, le président d'OPR souhaite briser le tabou et lever l'interdiction de commercialiser du bouledogue ou du tigre. "Il faut lutter contre la prolifération de ces requins. Regardez avant on se faisait lyncher, et tout le monde dit merci maintenant."
Un changement de mentalité lié notamment selon lui à la mort d'un pêcheur, tué par un squale le 30 janvier 2019. Âgé de 41 ans, ce pêcheur de bichique a été attaqué à Sainte-Rose au niveau de l'embouchure de la Rivière de l'Est. La jambe gauche arrachée, il n'a pas survécu.
Si le président d'OPR assure que "de toute façon la pêche au requin se fait qu'on le veule ou non", c'est bien sa commercialisation qui fait débat. "C'est aussi une façon de la part d'OPR de protester contre l'arrêté de 1999. C'est un acte militant, quelque part", estime la préfecture. Faute d'autorisation pour commercialiser le requin, les pêcheurs seraient démotivés à l'idée de chercher du bouledogue. C'est en tout cas l'argument retenu par OPR.
La préfecture estime encore aujourd'hui que le risque sanitaire lié à la ciguatera n'est pas totalement nul. Mais les services de l'Etat réfléchissent cependant sérieusement à revenir sur l'arrêté de 1999. "Il existe bien un programme de recherche, qui coûte 200.000 euros par an sur 4 ans, en vue peut-être un jour d'envisager la reprise de la commercialisation du requin." Un programme visant à étudier l'impact réel de la toxine tant décriée sur les squales réunionnais.
La reprise de la pêche, si elle se fait, pourrait provoquer une levée de boucliers de la part des associations écologistes. "On ne viserait pas non plus une pêche industrielle", assure la préfecture. "On ne pense pas non plus que sitôt l'arrêté levé, on aura tout d'un coup des centaines de pêcheurs qui prendront la mer. Il s'agirait de toute façon de faire ça intelligemment".        redac@ipreunion.com

www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com - 15/04/2020 - 11 squales prélevés depuis la mi-mars - Le programme de pêche se fait sur le "long terme" selon le CSR, pas de pause pendant le confinement

L'alerte a été donnée par plusieurs associations de protection animale : le programme de prélèvement du Centre Sécurité Requin (CSR) se poursuit malgré le confinement. Beaucoup se sont en effet interrogés sur la poursuite de la pêche aux bouledogue ou aux tigre, alors que seules les activités dites essentielles doivent se poursuivre depuis le 17 mars, premier jour de confinement national. Sollicité par Imaz Press, le Centre Sécurité Requin répond : le programme de prélèvement est un dispositif de long terme qui ne saurait donc pas supporter de "pause", par ailleurs les mois d'avril et de mai sont réputés pour être ceux où les attaques de squales augmentent. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
"Si des arguments archaïques et infondés de prévention et de sécurité sont avancés le reste de l'année pour justifier cette chasse aux sorcières, qu'en est-il aujourd'hui, en plein confinement et alors que l'accès aux plages est interdit? Comment expliquer le massacre d'un requin tigre la nuit dernière et d'un autre la semaine passée ?' écrivait la célèbre ONG Sea Shepherd sur sa page Facebook le 24 mars.
Pour sa part, Sophie Dugue, Réunionnaise administratice de la page "Contre la pêche", estimait que "le Centre Sécurité Requin continue son activité de pêche pour sécuriser les pratiques nautiques de citoyens confinés dans leur maison... Comment justifier la pêche de 11 requins du 16 au 31 mars ?" Un chiffre confirmé par le CSR : 11 squales ont bien été "prélevés" depuis le début du confinement.
Contacté par nos soins, le Centre Sécurité Requins apporte quelques éléments de réponse. "En raison de la crise sanitaire que nous traversons actuellement, le CSR continue d’assurer la continuité de sa mission de sécurité publique via le télétravail de ses agents, et ce depuis le début du confinement" indique tout d'abord le centre, rappelant la fermeture physique de ses services.
"Le programme réunionnais de pêche de prévention quant à lui, a également continué de fonctionner, afin de poursuivre l’effort de pêche préventive mis en place depuis mars 2018 pour réduire le risque requin à La Réunion." Plusieurs raisons invoquées. D'abord le fait que le programme de pêche "passe notamment par la pression de pêche exercée sur le long terme aux abords des zones d’activités humaines". Le dispositif, étalé sur la durée, ne permettrait donc pas de pause selon le centre.
Ensuite selon le CSR, "depuis 2011, les statistiques réalisées ont montré que c'est durant les mois d’avril et de mai, période d’intersaison avec le reroidissement de l’eau et l’arrivée des grosses houles produisant un phénomène accentué de turbidité de l’eau, que les attaques ont été le plus nombreuses". En guise de prévention, le centre estime donc judicieux de poursuivre le programme durant cette période. Par ailleurs, "des projets de sécurisation complémentaires au programme de pêche seront prochainement mis en place" informe le CSR.
Le centre rappelle cependant les règles actuelles :"il est demandé à tous les usagers de la mer, et plus particulièrement aux pratiquants des activités nautiques particulièrement exposées au risque requin (surfeurs, bodyboardeurs...) de respecter les mesures de confinement. Nous tenons à rappeler à tous que nous vivons un moment singulier où les actions de chacun comptent."

www.ipreunion.com - 22 squales prélevés depuis le 18 mars - La préfecture demande de la prudence face aux requins

Le préfet de La Réunion Jacques Billant appelle, ce vendredi 8 mai 2020, à la plus grande prudence face au risque des requins. Beaucoup de surfeurs sont en effet à l'eau, bafouant les consignes de confinement, or le risque d'attaque est décuplé avec le changement de saison. 22 requins ont été prélevés depuis le 18 mars 2020. Nous publions le communiqué de la préfecture ci-dessous.

En dépit de cette période particulière de confinement, certains pratiquants de surf et de bodyboard continuent à pratiquer sur les côtes Ouest et Sud de l’Île. Au-delà du contexte de pandémie et du caractère irresponsable de ces actes individuels alors que toutes activités nautiques sont interdites dans le confinement, le préfet de La Réunion appelle à la plus grande vigilance les usagers illégaux de la mer particulièrement exposées au risque requin.
Le changement de saison est facteur de risque élevé d’attaque de requin
Depuis 2011, les statistiques réalisées ont montré qu’aux mois d’avril et de mai, période d’intersaison avec le refroidissement de l’eau et l’arrivée des grosses houles produisant un phénomène accentué de turbidité de l’eau, les attaques ont été nombreuses.
Pour rappel, sur la même période en 2019, deux attaques mortelles ont eu lieu, l’une à la pointe au sel qui a coûté la vie à Adrien Dubosc (29 avril 2017) et, plus récemment, celle survenue sur la Gauche de Saint-Leu qui a entraîné le décès de Kim Mahbouli (9 mai 2019).
Au regard des études et statistiques croisées, il est aujourd’hui admis à La Réunion que le risque d’interaction ou d’attaque de requin est :
· Maximal lors du refroidissement hivernal en avril et mai.
· 2 fois plus important l’après-midi que le matin.
· Maximal après 16h et jusqu’au coucher du soleil (trois attaques sur quatre).
· Plus important lorsque l’eau est turbide.
A noter également que les premiers fronts froids de la saison et les trains de houle qui les accompagnent, empêchent les déploiements normaux des engins de pêche aux abords des zones d’activités humaines sur les côtes de l’Ouest et du Sud de l’île.
La sortie et l’entrée des bateaux dans les ports et abris-côtiers sont particulièrement dangereuses, ce qui ne permet pas d’assurer la sécurité des pêcheurs.
Le programme réunionnais de pêche de prévention, toujours actif pendant la période de confinement, se poursuit normalement tant que les conditions météorologiques le permettent (22 requins ciblés dont un tigre de 4,20 mètres, potentiellement dangereux et non menacés d’extinction ont été prélevés depuis le 18 mars 2020).
En ce moment singulier où les actions de chacun comptent, le préfet de la Réunion appelle à la responsabilité des pratiquants d’activités nautiq
ues.  

www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com - - 02/06/2020 - Malgré un maintien du programme de pêche pendant le confinement - Requins : moins d'observations et moins de prélèvements cette année.

Avec l'hiver austral et la sortie du confinement, des interrogations se posent quant à la présence des requins au large des côtes réunionnaises. Le Centre sécurité requin (CSR) a poursuivi son programme de prélèvement malgré le confinement, affirmant que le programme de pêche se fait sur le "long terme" et qu'aucune pause n'était donc envisageable pendant le confinement. Des lecteurs d'Imaz Press nous ont fait part de la possibilité d'enregistrer davantage d'observations ces derniers temps avec une détection accrue des requins bouledogue. Contacté, le CSR nous informe au contraire que seules 3 observations ont été faites, contre 8 l'année dernière, ce qui signifie donc une diminution des observations sur la même période entre 2019 et 2020.
Alors que la météo hivernale, la récente houle et l'absence d'usagers de la mer pendant deux mois pourrait laisser penser que les requins gagnent du terrain, il n'en est rien. Concernant les observations, depuis le début du confinement le 17 mars 2020, seulement trois observations nous ont été remontées sur la période de mars à mai 2020" nous indique le Centre sécurité requin (CSR) :
• Le samedi 29 mars à 9h à Saint-Pierre une observation d’un requin juvénile gris de 80cm qui chassait des mulets à 2m du bord. Information fiabilisée par les agents du Centre auprès de l’observateur et mise en ligne sur l’application Dorsal.
• Le lundi 13 avril 2020 à 17h20 dans le port de Saint-Leu, un promeneur observe un saut vertical d’un petit requin bouledogue (1m) à 10m de distance des pontons. Comme pour l’observation précédente, les agents du centre ont procédé à la fiabilisation de l’information remontée auprès du promeneur. L’information validée, elle a été publiée sur l’application Dorsal les jours suivants.
• Une dernière observation à l’Étang-Salé n’a pu être fiabilisée auprès de l’informateur.
Comme on le voit ci-dessus, les requins observés sont des juvéniles. Et ce faible chiffre est bien en-dessous des observations faites l'année dernière. "En comparaison sur la période mars à mai 2019, nous avons eu 8 observations, donc le Centre sécurité requin a enregistré une diminutions des observations sur la même période entre 2019 et 2020."
- Pas plus de prélèvements que d'habitude -
Idem pour les prélèvements : "il n’y a pas d’augmentation" nous garantit le CSR. "Pendant la période de confinement 22 requins ciblés, potentiellement dangereux et non menacés d’extinction ont été prélevés. À titre de comparaison, au début de l’année 2020, sur une période de durée comparable, ce sont 27 requins ciblés qui avaient été capturés. Les captures suivent un rythme irrégulier, avec des périodes de plus fortes captures et des périodes plus calmes." Là aussi, le chiffre indiqué est inférieur aux prélèvements de l'année 2019.
Si aucun usager de la mer ne se trouvait dans l'eau pendant deux mois consécutifs, cela n'a pas occasionné pour autant un retour en nombre des squales, assure le CSR. "Il est possible que, à l’instar de ce qui a été observé dans d’autres régions du monde, le confinement ait provoqué un rapprochement de la faune marine sauvage des zones côtières, mais cela n’a pas été observé de manière flagrante dans les captures du programme."
- Vigilance maintenue avec le déconfinement -
Pour autant, le déconfinement en vigueur depuis le 11 mai signifie retour des baigneurs et des usagers de la mer dans l'océan Indien. Le déconfinement lui-même ne change rien au rythme du programme de pêche, indique le CSR, "seule la météo défavorable a un impact sur le déploiement des bateaux".
Mais retourner au milieu des vagues ne veut pas dire baisser la garde. Le CSR rappelle que le risque d'interdaction et/ou d'attaque est "maximal lors du refroidissement hivernal en avril et mai, 2 fois plus important l’après-midi que le matin, maximal après 16h et jusqu’au coucher du soleil (trois attaques sur quatre) et plus important lorsque l’eau est turbide".

Zinfos974.com - Jeudi 18 juin - A la Une .. Filets anti-requins : Saint-Paul pourrait être amenée à indemniser 350.000 euros à Seanergy

Le contentieux entre Seanergy, l'entreprise spécialisée dans les travaux maritimes et la mairie de Saint-Paul se joue désormais devant les tribunaux. La commune de l'ouest pourrait devoir passer à la caisse si l'avis du rapporteur public venait à être suivi par le juge administratif dans quelques semaines. La note a toutefois été divisée par deux au regard des prétentions de Seanergy.
La société Seanergy réclame à la mairie de Saint-Paul des indemnités à hauteur de 715.000 euros devant le tribunal administratif. Mais selon le rapporteur public ce jeudi, elle ne devrait être indemnisée "que" de 353.000 euros.
Seanergy, responsable de la réparation et maintenance des filets anti-requins des plages de Boucan Canot et des Roches Noires, de 2015 à 2017, reproche à la mairie une rupture de leur contrat prématurément ; justifiant des indemnités à la fois pour le travail non réalisé et l’atteinte à son image. En effet, les tensions auraient commencé alors que la mairie avait maintenu le pouvoir de décision sur le retrait ou non des filets lors de périodes de houle dans le but d’éviter leur endommagement. La société reproche à la mairie, et plus précisément l’adjoint au maire Patrick Florès, de ne pas avoir suffisamment retiré les filets aux moments de houles et de l’avoir ensuite accusée d’être à l’origine des filets endommagés. "Il s'agissait d'un réel dénigrement de l'entreprise, affirme l'avocat de Seanergy, Me Éric Dugoujon, avec un élu qui s'impliquait personnellement. C'était difficile pour à assumer pour la société car il disait presque que c'était de escrocs".

Le contrat avec Seanergy devait prendre fin en septembre 2016, mais avait finalement été reconduit par la mairie après une attaque de requin dans le périmètre des filets survenue le 27 août 2016. Mais les différends n’ont pu être résolus malgré des échanges de courriers et une tentative de médiation. En août 2017, la mairie prévient de la fin du contrat prévue en décembre 2017 pour Boucan et avril 2018 pour Roches Noires.
Le contrat étant renouvelable chaque année pour une durée d’un an, pendant 4 ans, Seanergy demande donc des indemnités pour l’augmentation du marché de maintenance de 20% à cause d’une surface de filets plus importante, le solde du marché, le paiement des bons d’intervention journalière (quand le travail dépassait 5 jours), la création d’une plateforme numérique et l’atteinte à l’image de la société. Le tout s’élevant à un montant de 714.989 euros.
Selon le rapporteur public qui a rendu son avis devant le tribunal administratif ce jeudi, seuls l’augmentation du marché de maintenance, le solde du marché et la création de la plateforme numérique peuvent être retenus ; les bons d’intervention n’ayant par été correctement justifiés et l’atteinte à l’image de Seanergy n'étant que minime. Il estime donc les indemnités à 353.000 euros.
Le tribunal administratif devrait rendre sa décision d’ici un mois.

Zinfos974.com - Mardi 7 Juillet 2020 à 17:25 - A la Une . - Équipements de protection individuels : Un pas de plus vers la levée de l'interdiction du surf ?

Une expérimentation menée par le Centre Sécurité Requin en Nouvelle-Calédonie tend à démontrer l'effet répulsif des équipements de protection individuels sur les requins-bouledogue. Une protection toutefois limitée, qui doit être couplée avec d'autres dispositifs pour espérer, à terme, une reprise du surf dans des conditions plus sereines.

Les équipements de protection individuels sont-ils efficaces pour réduire le risque d’une attaque de requin ? C’est la question à laquelle ont tenté de répondre les membres du Centre Sécurité Requin (CSR), dont une équipe est partie réaliser une expérimentation en Nouvelle-Calédonie en septembre dernier.
Les résultats préliminaires ont été présentés ce mardi lors d'une conférence de presse donnée en présence du sous-préfet, Olivier Tainturier. "[Ils] sont très prometteurs et ouvrent de belles perspectives", commente, optimiste, le représentant de l'État. "On espère grâce à ça le retour du surf à La Réunion".
Cette expérimentation menée sur des requins-bouledogue dans leur habitat naturel par un organisme indépendant "est une première mondiale", se félicitent les membres du CSR. Elle a été réalisée sur 18 jours successifs dans le port de Nouville, où la présence de ce type de squales est régulière (plus de 30 ont été repérés par les caméras). Avant ce test (mené en collaboration avec la Nouvelle-Calédonie et l'Australie), des études avaient déjà été réalisées par une équipe australienne sur le grand requin blanc.

Un effet de dissuasion mesuré
Les modèles de protection présents sur le marché se répartissent en deux catégories : ceux qui se fixent à la planche, et ceux qui s’accrochent à la cheville. Le principe est le même : repousser l’animal à l’aide d’impulsions électriques. "Les prix varient entre 500 et 600 euros", souligne Christophe Mulquin, chargé de mission au CSR
Pourtant, d'après les résultats de l'expérimentation, tous ne se valent pas. La hiérarchie entre les modèles, déjà mise en avant par les études passées, se confirme. "Le shark Shield est le plus efficace", constate Mickaël Hoarau, directeur des opérations - ce modèle ne serait pourtant pas le plus utilisé sur notre île, les surfeurs locaux lui préférant le "no-shark" ou le "Rpela".

Le "Shark Shield" (système à fixer sur la planche) atteint en effet les 44,6% de succès (on parle de succès lorsque l’animal ne touche ni la planche ni l’appât positionné pour l’expérimentation, pendant 15 minutes). Viennent ensuite le "Mini surf" (24,7%) et le "Rpela" (19,4%). Le "No shark" (bracelet à accrocher à la cheville) enregistre quant à lui seulement 10,7% de succès, suivi du "E-shark Force", 4,1%.
Autre marqueur d'efficacité relevé : un nombre de passages et de réactions plus important qu'en présence d'une planche non-équipée, ce qui démontrerait la gêne subie par l'animal. À noter tout de même, l'effet de répulsion n'irait que jusqu'à 0,5 mètre voire 1 mètre de distance de la source.

Loin du risque zéro
En résumé, l’effet de dissuasion reste limité, vu l'important taux d'échec, mais bel et bien présent. D’autant plus que l’étude a été menée dans un endroit où les requins, nombreux, ont été appâtés avec une sardine, mais aussi par des stimuli olfactifs et acoustiques.
Problème : l’expérimentation a aussi permis de mettre en évidence un phénomène d’"habituation". En effet, sur les tests réalisés avec le "Shark Field", le taux de succès chute brutalement à partir du 9ème jour, passant de 67% pour la première période à 3% seulement pour la seconde. Un important taux d'échec "lié à seulement trois ou quatre individus, qui semblent dominants et ont évincé les autres", est-il noté. De gros spécimens qui ont finalement choisi de manger la sardine quitte à prendre un coup de jus.
Ainsi, le dispositif utilisé seul est loin de permettre la pratique sereine du surf. "Aucun des appareils testés ne permet de garantir un risque nul", résume Mickaël Hoarau. Ils sont un moyen de protection supplémentaire."Les actions de pêche conservent tout leur sens", estime d’ailleurs le sous-préfet pour qui les EPI (équipements de protection individuels) sont la "dernière barrière". De bonnes conditions météo restent quoi qu’il en soit primordiales, et l’entretien du matériel de protection doit être minutieux, car la rouille pourrait le rendre totalement inutile. C'est donc un travail de sensibilisation que les acteurs entendent mener en parallèle.

Bientôt une ZONEX à Saint-Leu
Pour aller plus loin, une expérimentation en pleine mer se tiendra dans les prochains mois, à Saint-Leu. Les protocoles sont encore en cours de rédaction. Il s’agira d’une ZONEX (zone expérimentale) avec des dispositifs nautiques, permettant la pratique du surf sans pour autant lever l’arrêté préfectoral d’interdiction, en vigueur depuis 2013.
"L'idée est de faire évoluer la ZONEX avec des outils de réduction de moins en moins contraignants financièrement", note Willy Cail, le directeur du centre. Le recours à un site internet permettant d'évaluer l'état du spot à l'aide d'une flamme colorée est avancé."À terme, en couplant les dispositifs et en respectant les conditions minimales de sécurité, l'idée est de permettre la pratique du surf libre", annonce le sous-préfet, pour qui les garanties seront un jour suffisantes pour lever l'arrêté d'interdiction.
"Les EPI sont amenés à évoluer" fait en outre remarquer le représentant de l'État, qui espère d'ailleurs voir émerger une fabrication locale d'équipements de protection individuels. Histoire que La Réunion dispose d'"EPI péi".                 Marine Abat

www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com - 07/07/2020 - D'ici septembre à octobre - Saint-Leu : une zone de surf expérimentale autorisée prochainement

Lors d'une conférence de presse ce mardi 7 juillet 2020, le Centre Sécurité Requin a présenté son projet d'établir une zone de surf sécurisée à Saint-Leu d'ici septembre à octobre 2020. Il sera possible de surfer dans cette zone expérimentale, la gauche de Saint-Leu, mais uniquement sous certaines conditions. L'une d'elles est le port d'un équipement de protection individuel : un répulsif à impulsion électrique pour prévenir les attaques de requins. Des cinq modèles testés en Nouvelle-Calédonie, au mois de septembre dernier, l'un d'entre eux, le Shark Shield, s'est avéré particulièrement concluant. (Photo rb/www.ipreunion.com)
La première de ces conditions, présentées par le Centre Sécurité Requin ce mardi 7 juillet 2020, sera le port d’un équipement de protection individuel répulsif à impulsion électrique. Il permettra aux adeptes de la glisse d’aller au-devant d’attaques de requins bouledogues, responsables de la majorités des accident au large de La Réunion.
Tout au long du mois de septembre dernier, des essais avaient été menés dans les baies Nord du port de plaisance de Nouméa (Nouvelle-Calédonie) pour déterminer l’efficacité de ces équipements.
Des cinq modèles testés, le Shark Shield s’est avéré le meilleur, repoussant le requin une fois sur deux. Un pas en avant pour une sécurité accrue des surfeurs.
D’ici à la mise en place de la zone expérimentale, d’autres conditions seront également définies et imposées aux surfeurs voulant aller à l’eau. À terme, si des résultats positifs ressortaient de la zone expérimentale, la fin de l’arrêté préfectoral interdisant les activités nautiques pourrait être envisagée.           www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

www.ipreunion.com - 10/07/2020 _ Le programme de pêche est interrompu depuis le 29 juin

Avec le passage ces derniers jours de plusieurs épisodes de fortes houles, le programme réunionnais de pêche de prévention (PR2P) est interrompu depuis le 29 juin sur la majeure partie des zones habituellement couvertes. Le Centre Sécurité Requin recommande la plus grande vigilance à tous les usagers de la mer, et plus particulièrement aux pratiquants des activités nautiques particulièrement exposées au risque requin. Nous publions le communiqué ci-dessous. (Photo rb/www.ipreunion.com)
Ces épisodes de forte houle ne permettent pas aux bateaux de sortir, ni d’entrer des ports et abris côtiers du littoral en toute sécurité, ni de poser les engins de pêche.
De plus, la période d’hiver austral où la température de l’eau de mer est plus fraîche et qui génère des fronts de houle australe recherchés par les pratiquants d’activités nautiques est également propice à une plus grande fréquentation des côtes par les requins bouledogue.
Le Centre Sécurité Requin tient à rappeler que cette houle générée ainsi que le non-déploiement de la pêche de prévention constituent un facteur majeur d’augmentation du risque requin et demande à tous les usagers de la mer d’être extrêmement prudents dans leurs activités en mer.
Par Zinfos974 - Publié le Samedi 11 Juillet 2020 à 08:58 - A la Une . - Danger : Risque requin maximal -

Le Centre Sécurité Requin (CSR) annonce un risque requin fort à maximal en raison de l’épisode de fortes houles et appelle à la plus grande prudence pour les usagers de la mer. Les conditions maritimes empêchant les bateaux de sortir en mer, la pêche de prévention n’est pas activée.

Le communiqué du Centre Sécurité Requin :
"Avec le passage ces derniers jours de plusieurs épisodes de fortes houles, le programme réunionnais de pêche de prévention (PR2P) est interrompu depuis le 29 juin sur la majeure partie des zones habituellement couvertes. Le Centre Sécurité Requin recommande la plus grande vigilance à tous les usagers de la mer, et plus particulièrement aux pratiquants des activités nautiques particulièrement exposées au risque requin (surfeurs, bodyboardeurs…).
En effet, ces épisodes de forte houle ne permettent pas aux bateaux de sortir, ni d’entrer des ports et abris côtiers du littoral en toute sécurité, ni de poser les engins de pêche.
De plus, la période d’hiver austral où la température de l’eau de mer est plus fraîche et qui génère des fronts de houle australe recherchés par les pratiquants d’activités nautiques est également propice à une plus grande fréquentation des côtes par les requins-bouledogue.
Le Centre Sécurité Requin tient à rappeler que cette houle générée ainsi que le non-déploiement de la pêche de prévention constituent un facteur majeur d’augmentation du risque requin et demande à tous les usagers de la mer d’être extrêmement prudents dans leurs activités en mer."        Facebook

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